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LE CINÉMA DE MAI 68 /
4DVD
Volume
1 - UNE HISTOIRE |
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- 17
films de la période mai-juin 68
- 1967/68
- France - durée: 9h
- Sortie
à la Vente en DVD le 7 octobre 2008
Éditions
Montparnasse
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| SYNOPSIS |
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40
ans après « les évènements » qui
ont bouleversé la société française et
ses mœurs, ces quelques 10 heures de programme permettent d'aborder
l'évènement à travers les films tournés
non pas « sur » mais « en » mai-juin 68. Engagés,
insurgés et surtout solidaires : en 68 des cinéastes
tournent au cœur des luttes, de l’intérieur même
des événements. Mai 68 est non seulement leur sujet
mais plus encore leur projet : celui d’un cinéma collectif,
partie prenante de l’Histoire.
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| POINT
DE VUE |
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«
On demandait à Me-Ti : « comment pouvez-vous demander
que l’on soit en même temps objectif et de parti pris ?
»
Me-Ti répondit : « Quand le parti est objectivement
dans le vrai, il n’existe aucune différence entre objectivité
et parti pris »
(Bertholt Brecht, cité au début des
Deux marseillaises)
Mai 68 : la formidable flambée
révolutionnaire qui touche la France embrase de la même
manière le cinéma qui se met au diapason des évènements.
Depuis l’arrêt du festival de Cannes et la création
des Etats généraux du cinéma, les cinéastes
s’insurgent et affichent leur solidarité avec les étudiants
et ouvriers.
Difficile de s’y retrouver dans cette nébuleuse de films
militants qui fleurissent au cours de ce joli mois de mai. C’est
en effet le moment où le « je » de l’auteur
tend à disparaître dans le « nous » du collectif,
où le prestige du metteur en scène cède la place
à un anonymat de rigueur. C’est l’époque où
Chris Marker aide et participe à la création des groupes
Medvedkine de Sochaux et Besançon, où Godard se fond
dans le collectif Dziga Vertov et où Garrel tourne au sein de
la constellation Zanzibar.
Depuis quelques temps, des travaux universitaires(1)
tentent de faire la lumière sur ce foisonnement d’œuvres
nées dans le sillage de Mai 68 et le coffret DVD que nous proposent
aujourd’hui les éditions Montparnasse permet de saisir
la richesse de cette geste cinématographique spontanée
unique dans l’histoire du cinéma.
Parce qu’il a servi de point de départ au beau documentaire
d’Hervé Le Roux Reprise, le court-métrage
tourné par des étudiants de l’IDHEC
La reprise du travail aux usines Wonder est sans doute
le plus célèbre de ces films militants présentés
aujourd’hui. L’image célèbre et assez bouleversante
de cette jeune femme qui crie la misère de sa condition («
on est dégueulasses jusque là. On est toutes noires.
») et qui refuse de remettre « les pieds dans cette
taule » est sans doute la plus représentative de ce
qu’a pu être le cinéma engagé de cette époque.
Plus que de « cinéastes », il s’agit avant
tout d’œuvres « d’opérateurs » (au
sens Louis Lumière du terme(2)) désireux
d’être au cœur de l’évènement.
Même si certains groupes viseront un cinéma plus «
didactique » (nous le verrons avec les films tournés par
le « Groupe Cinéma Ligne rouge »), la plupart des
œuvres tournées dans la foulée de Mai 68 cherchent
avant tout à saisir les évènements sur le vif,
à être au bon endroit au bon moment pour témoigner
de l’Histoire en train de se faire. D’où l’inestimable
valeur documentaire et historique de ces bandes tournées avec
des moyens de fortune.
Puisque la présentation des films du coffret nous y invite, procédons
de manière chronologique.
Prémices.
Réalisé en 1967, Le premier mai à Saint-Nazaire
n’a rien d’un film « militant ». Tourné
par Marcel Trillat et Hubert Knapp dans le cadre du magazine télévisé
Cinq colonnes à la Une, le film sera néanmoins
jugé « subversif » et interdit d’antenne. Que
nous montre-t-on ? Des témoignages d’ouvriers des Chantiers
de l’Atlantique et de Sud-Aviation sortant d’une grève
de deux mois et le début d’une remise en question des mots
d’ordre du capitalisme : « Produit, consomme et tais-toi
». Si le reportage a pu être jugé « dangereux
» au point d’être censuré, c’est sans
doute parce que les réalisateurs montrent l’incroyable
solidarité dont fit preuve la population locale à l’égard
des grévistes. Davantage que pour des revendications partielles
et corporatistes, les ouvriers se sont battus pour leur dignité
et ont su fédérer autour d’eux une véritable
unité locale. Le film a quelque chose de très émouvant
lorsqu’il montre les aides qu’ont pu apporter aux grévistes
les pécheurs et les commerçants de Saint-Nazaire : au-delà
des intérêts individuels, il offre l’image d’une
véritable action collective capable de faire trembler le vieux
monde sur ses bases.
Depuis le milieu des années 60, la contestation étudiante
gronde un peu partout en Europe et dans le monde (notamment lorsqu’il
s’agit de s’opposer à la politique américaine
au Vietnam). A Berlin-ouest, la fédération des étudiants
socialistes du SDS (Sozialisticher Deutscher Studenbund) accueille en
février 68 les délégations d’une quinzaine
de pays européens pour un « Congrès international
de solidarité avec la révolution vietnamienne ».
C’est à cette occasion que le collectif ARC
(Atelier de Recherche Cinématographique) va faire ses premières
armes. Association informelle, l’ARC naît de l’association
de deux groupes cinématographiques : d’un côté,
des anciens élèves de l’IDHEC ayant décidé
dès 1963 de tourner collectivement des films politiques et sociaux,
de l’autre, un groupe évoluant dans le cadre libertaire
de la clinique psychiatrique de La Borde dirigée par Jean Oury
et Félix Guattari (et où s’illustrera par la suite
Fernand Deligny).
La fusion a lieu en 1967 et l’ARC projette de tourner des films
« d’actualités révolutionnaires sans mots
d’ordre ni motifs d’adhésion » (Sébastien
Layerle). En février 68, le groupe se rend à Berlin et
ramène deux films dont ce Berlin 68
proposé dans le coffret. Tourné durant la préparation
d’une manifestation pourtant interdite par le bourgmestre de la
ville, Berlin 68 témoigne parfaitement de l’effervescence
de cette rébellion étudiante en train de naître
(quelques mois plus tôt est sorti le brûlot situationniste
De la misère en milieu étudiant) et de cette volonté
d’en découdre avec le capitalisme. Le film recueille le
témoignage de Rudy Dutschke, le leader du SDS, qui expose ici
le désir de toute une génération d’explorer
une troisième voie entre l’impérialisme occidental
et les dictatures bureaucratiques orientales.
Dans sa lancée, le collectif ARC sera présent lors des
premières grèves dans l’industrie, comme on peut
le voir dans Nantes Sud-Aviation. Le 14 mai,
les ouvriers occupent leur usine (dont, rappelons-le, Maurice Papon
était le PDG !) et séquestrent le directeur. Le film est
intéressant parce qu’il montre d’une part la formidable
détermination ouvrière (« plutôt crever
que céder »), nous offre quelques plans impressionnants
d’immenses manifestations et les divergences qui naissent d’emblée
au niveau de syndicats peu enclins à soutenir la base dans son
projet de grève générale.
Même constat dans Cléon, reportage
sur l’occupation des usines Renault à Cléon tourné
dans le cadre du SLON (Service de lancement des œuvres nouvelles)
: d’une part, la volonté révolutionnaire très
nette des ouvriers, d’autre part, des organisations syndicales
dépassées par leur base et qui tentent de récupérer
le mouvement (en tentant de l’isoler, par exemple, des étudiants).
L’explosion.
Pour simplifier les choses, disons que les films tournés au cours
du mois de mai 68 peuvent être regroupés en deux catégories
: d’une part, ceux qui vont s’intéresser au mouvement
étudiant et filmer les rues de Paris ; de l’autre, ceux
qui se rangent du côté des ouvriers et vont rendre compte
des mouvements de grèves et d’occupations.
Ce n’est qu’un début, Le joli mois de
Mai, CA 13, comité d’action du treizième, Mikono
et Le Droit à la parole sont des productions
de l’ARC témoignant de façon extraordinaire du mouvement
côté étudiant. Comme je le disais plus haut, il
s’agit là de films d’opérateurs sachant être
au bon endroit au bon moment. Des films comme Ce n’est
qu’un début ou Le joli mois de
mai, tournés au cœur des barricades et des
combats de rues, sont de véritables reportages de « guerre
» qui frappent par leur proximité avec les évènements.
L’impression de vivre l’Histoire en direct, d’être
au cœur des évènements est saisissante. Un commentaire
off, parfois totalement dépassionné dans le ton, montre
le farouche parti pris des réalisateurs : « Ce n’est
qu’un début. Dans la nuit du vendredi 10 mai, des dizaines
de barricades vont s’élever dans les rues de Paris. Elles
ébranleront le pays. La classe ouvrière prend le relais
tendu. Nos enragés ont fait des petits. La rage est une maladie
contagieuse en France. »
A l’écart des manifestations, des pavés, des barricades
et des voitures en flammes, des films comme CA 13
ou Le droit à la parole tentent de
faire le point sur les suites à donner au mouvement. CA 13
nous plonge dans le quotidien des militants du « comité
d’action du treizième arrondissement » et dans leurs
entreprises de soutien aux travailleurs en grève. Nous assistons
à des réunions où sont discutés les moyens
d’aider les mouvements de lutte puis nous voyons ces jeunes gens
se rendre auprès des grévistes de la RATP ou de l’usine
Citroën pour appuyer en nombre leurs mouvements (une fois de plus,
malgré les mots d’ordre réformistes des syndicats)
et tenter de coordonner les actions.
Une des beautés de ce « cinéma direct », c’est
de montrer la formidable libération de la parole que permit 68.
Après dix années vécues sous la chape de plomb
du gaullisme, les langues se délient et chacun peut enfin s’exprimer.
Un titre comme Le droit à la parole est significatif
de cette libération. Le film tente de créer des passerelles
entre les revendications ouvrières et le mouvement étudiant.
Comme à la Sorbonne, le film montre que les usines sont devenues
à ce moment de formidables « places publiques » où
chacun peut prendre la parole. Le film pointe également la duplicité
de syndicats tentant par tous les moyens de briser la chaîne de
solidarité entre les ouvriers et les étudiants venus aider
ces derniers à occuper les usines.
Mikono de Jean-Michel Humeau détonne
un peu dans le lot. Les images documentaires du mouvement sont détournées
pour railler un brigadier Mikono fictif dont le narrateur retrace l’histoire
avec humour. À travers cette expérience, il s’agit
de dénoncer la répression policière mise en place
par le gouvernement gaulliste. Sans être inoubliable, c’est
assez efficace.
Les opérateurs militants vont tenter de rendre compte également
de la situation dans les usines. Fernand Moszkowicz filme le mouvement
des cheminots (Avec les cheminots du dépôt SNCF de Paris
Sud-ouest) tandis qu’Edouard Hayem, dans le cadre des Etats Généraux
du cinéma, se rend à Nanterre pour filmer la grève
de l’usine Citroën.
Personnellement, j’estime que Citroën-Nanterre
est peut-être le film le plus fort de tout le coffret. Sans doute
parce qu’au-delà de son discours politique, de son parti
pris militant ; le film dresse un tableau assez impressionnant et effrayant
de l’univers de l’usine et des conditions de vie des ouvriers.
Lorsque le cinéaste fait de longs travellings sur les chaînes
de montage momentanément désaffectées, je n’ai
pas pu m’empêcher de penser au Nuit et brouillard
d’Alain Resnais et aux analyses qui dressent un parallèle
entre l’organisation des camps de concentration et celle de l’usine
(voire de l’entreprise : Cf. La question humaine de Nicolas
Klotz). Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de comparer l’incomparable
et de mettre dans le même sac le sort de juifs exterminés
pendant la seconde guerre mondiale et celui d’ouvriers exploités
; mais de percevoir des similitudes en terme organisationnel. Le film
montre de manière frappante, par exemple, que les immigrés
de différentes nationalités sont placés dans l’usine
de telle sorte qu’ils ne puissent pas comprendre leurs propres
voisins. C’est exactement le même processus que décrit
David Rousset dans l’expérience concentrationnaire : dans
les camps, les nazis cherchaient la division en mêlant des prisonniers
de toutes nationalités, en faisant se côtoyer les prisonniers
politiques et les droits communs…
Le film évoque également avec une rare acuité les
conditions de vie des immigrés. Déjà, dans La
glu (court-métrage présent dans le coffret),
Hayem filmait le morne quotidien d’un travailleur immigré
entre misère matérielle, misère sexuelle (on le
voyait déambuler du côté des peep-shows de Pigalle)
et horizons bouchés. Ici, il replonge dans ce quotidien désespérant
et filme les bidonvilles de Nanterre où cette main-d’œuvre
à bon marché a été entassée.
À travers ce document, le cinéaste va à l’encontre
de cette idée que Mai 68 fut une révolte de petits-bourgeois
nantis et qu’elle ne fut qu’une « récréation
» dans une époque de croissance où l’on «
s’ennuyait ».
La misère était bien là : Citroën-Nanterre
en rend compte avec une force incroyable. De la même manière,
la jeune ouvrière de la Reprise du travail aux usines Wonder
traduit également par son cri de révolte le désespoir
de sa condition d’exploitée.
Vers un cinéma didactique ?
Tous ces films que je viens de décrire sont, certes, des œuvres
militantes mais elles tirent leur force, à mon sens, de leur
vérité documentaire. Les commentaires off, les cartons
à l’écran, les slogans filmés sont finalement
presque moins « parlants » que les images.
A l’époque sont aussi tournés de véritables
films « militants » voire de propagande (le PC et les syndicats
tourneront en ce sens leurs propres films mais ils nous sont épargnés
ici). Le groupe Cinéma Ligne Rouge (dont fait partie Jean-Pierre
Thorn) s’inscrit dans ce mouvement de films très politisés
(le groupe est issu de l’implosion de l’UJC (ml) : Union
des jeunesses communistes (marxistes-léninistes)). Deux films
du groupe sont proposés ici : Oser lutter, oser vaincre
(long-métrage sur la grève chez Renault à Flins)
et Ecoute Joseph, nous sommes tous solidaires
sur le mouvement paysan dans l’ouest de la France.
La partie documentaire des films ne disparaît pas (au contraire,
ces films sont aussi de formidables témoignages historiques)
mais le montage laisse transparaître une forte volonté
didactique : cartons, citations (de Mao et Lénine dans Oser
lutter, oser vaincre), dénonciations (de la duplicité
des syndicats : très belle scène où les ouvriers
« débordent » les syndicats en entonnant l’internationale
pendant qu’un leader entame un discours « révisionniste
»). Les mots ont ici presque autant d’importance que les
images même si celles-ci nous renvoient d’une certaine manière
à l’imaginaire du western (à propos d’oser
lutter, oser vaincre, Patrick Leboutte parle d’un «
Fort Alamo en version maoïste ») pour nous narrer
le combat d’un « fort » (l’usine occupée
par les ouvriers), assiégé par les policiers gaullistes
mais aidé par le renfort des étudiants (c’est lors
de cette lutte que le lycéen Gilles Tautin sera assassiné
par les CRS).
Ecoute Joseph, nous sommes tous solidaires témoigne
à la fois d’une dimension très méconnue du
mouvement de 68 (les revendications paysannes) tout en tentant de dégager
la nécessité d’un front commun ouvriers/paysans.
La révolte des paysans laissant percevoir davantage de revendications
corporatistes que de velléités révolutionnaires,
le film cherche à conscientiser ces paysans en leur prouvant
que leur condition ne s’améliorera pas en bloquant les
prix des produits mais en détruisant le capitalisme qui les opprime.
Pas certain que le message ait été perçu !
La liquidation du mouvement.
Les deux marseillaises de Jean-Louis Comolli
et André S.Labarthe est le récit détaillé
des élections législatives de Juin 68 à Asnières
dont le corps électoral est considéré comme suffisamment
typique pour servir de miroir représentatif au vote national.
En lice pour le parlement : Albin Chalandon, représentant de
l’UDR (union pour la défense de la République) gaulliste,
Claude Denis, membre du PCF et l’acteur Roger Hanin qui représente
la FGDS (fédération de la gauche démocrate et socialiste).
Mis à part le montage d’une séquence d’Alphaville
de Godard sur un discours de Chalandon où celui-ci joue sur le
sentiment de peur qu’ont pu causer les évènements
sur la petite bourgeoisie française, les deux marseillaises est
un document aux allures « neutres », qui se contente d’enregistrer
le déroulement de la campagne électorale (discours, meetings,
scrutins…).
Pourtant, c’est un formidable document sur la France de l’époque
et sur la manière dont le mouvement a été liquidé.
D’une part, par les gaullistes qui ont su jouer sur les craintes
sécuritaires des français, de l’autre, en montrant
la manière éhontée dont la bureaucratie des partis
dits « de gauche » ont dévoyé l’élan
révolutionnaire mis en branle. Il faut voir Claude Denis, tout
sourire, s’entretenant avec des lycéens en exaltant le
rôle du PC pendant le mois de mai alors que le parti n’a
cessé de condamner le mouvement puis de prendre le train en marche
pour mieux le diviser (à ce titre, le discours du journaleux
de l’humanité est particulièrement répugnant
puisqu’il colporte une fois de plus la légende d’éléments
provocateurs « gauchistes » alors que les films dont je
viens de parler montrent tous la détermination des ouvriers à
aller plus loin que les revendications partielles des syndicats et les
minables accords de Grenelle !). Quant à Hanin, il est politiquement
insignifiant (il sera d’ailleurs balayé au premier tour).
La fin du film montre la victoire des gaullistes tandis que les militants
de gauche, déçus, entonnent à leur tour (le poing
levé) la marseillaise que venaient de chanter les vainqueurs
(cette fameuse deuxième marseillaise qui explique le titre).
Cette fois, c’est chose faite : l’ordre a vaincu…
Vincent Roussel
Notes:
(1) A lire : Caméra en lutte en Mai 68 : « par ailleurs
le cinéma est une arme… » de Sébastien
Layerle (Nouveau monde éditions. 2008).
(2) Serge Daney établissait un joli parallèle entre La
sortie des usines Lumière marquant la naissance du cinéma
et cette « rentrée » à l’usine qui,
à défaut de marquer sa « naissance » , offre
l’exemple le plus emblématique du cinéma militant.
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LIRE AUSSI

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| FICHE
TECHNIQUE |
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- LES
FILMS
DVD1:
1967/1968. Le vent se lève
- « Le premier mai à
Saint-Nazaire », un film de Marcel Trillat
et Hubert Knapp. 1967, 20 mn.
Ce film a été tourné lors de la grande grève
des mensuels, qui dura 62 jours. Ce document a été censuré
à l’époque, et donc non diffusé sur l’ORTF.
- « Berlin 68-Rudi Dutschke
», un film de l’ARC sous la direction
de Michel Andrieu et Jacques Kébadian. 1968, 41 min. Ce film
est un portrait de Rudi Dutschke, grande figure du mouvement étudiant
Ouest-allemand durant mai 68, et qui sera victime d’un attentat
le 11 avril, juste après le tournage du film.
- « La glu »,
un film d’Edouard Hayem. 1968, 19 min.
Ce film rare est d’une force cinématographique puissante
et intacte. « La Glu » suit le parcours désenchanté
d’un homme las de la vie. Du bidonville de Nanterre aux spectacles
de foire, du chantier boueux à Pigalle et ses peep-show, de
la classe d’alphabétisation au zinc poisseux du bistrot,
le regard de cet homme muet se pose sur l’absurdité de
la vie des travailleurs immigrés, partagée entre misère,
exploitation et divertissements de bas étage.
Les premières usines occupées
- « Cléon »
d’ Alain Laguarda. 1968, 27 min.
L’usine Cléon de Renault première usine à
se mettre en grève en Mai 68. L'occupation de l'usine, les
espoirs et les contradictions.
- « Nantes Sud Aviation »,
un film de l'ARC, Pierre-William Glenn et Michel Andrieu. 1968,
30 min.
Le 14 mai, la compagnie Nantes Sud aviation rejoint le mouvement de
mai 68 : Michel Andrieu filme.
DVD 2 - Mai 68 à Paris. L'explosion
- « Ce n'est qu'un début
», un film de l'ARC, réalisé
par Michel Andrieu. 1968, 10 min.
- « Le joli mois de mai »,
un film de l’ARC. 1968, N&B, 33’.
Les manifestations de 68 à travers l'Europe. Regard sur quelques
événements précis qui ont particulièrement
marqué Mai 68.
- « Mikono »,
un film de l’ARC réalisé par Jean-Michel Humeau,
1968, N&B, 11’.
Portrait imaginaire d'un CRS, le brigadier Mikono. Les images des
affrontements du quartier Latin en mai 1968 et le commentaire qui
tourne en dérision les forces de l'ordre font de ce film une
réussite de subversion et d'ironie.
- « Le cheminot »,
un film de Fernand Moszkowicz. 1968. 20' N&B.
En mai 1968, un cheminot visite la Sorbonne occupée. La caméra
le suit et filme ses discussions avec les étudiants dans la
cour de la Sorbonne. Ce film, qui illustre le rapprochement de la
classe ouvrière et du milieu universitaire prôné
en 68, est aussi le portrait d'un homme pour qui la révolte
étudiante provoque l'étonnement et l'espoir.
- « CA13, Comité d’action
du treizième ». ARC. 1968, 40'.N&B.
Ce documentaire suit le comité d’action du 13e arrondissement
de Paris, qui lutte auprès de l’usine Citroën et
du dépôt de la RATP.
- « Le Droit à la parole
». ARC (sous la direction de Michel Andrieu
et Jacques Kébadian). 1968. 52’08. N&B.
Le film retrace quelques-unes des manifestions de ce processus de
prise de parole qu’a été Mai 68 :la rue comme
lieu de dialogue, les murs comme espaces d’expression, les tentatives
de dépassement des divisions sociales quotidiennes… Un
portrait des rapports entre étudiants et ouvriers, avec des
images de grévistes prenant la parole dans des usines et des
universités.
DVD 3 - Du côté des ouvriers.
- « Oser lutter, oser vaincre
». Groupe Ligne rouge (Jean-Pierre Thorn).
1968, 88’21. N&B.
Mai 68 à l’usine Renault de Flins, la base déborde
le syndicat et occupe l’usine sans attendre les mots d’ordre.
Cela ne va pas sans mal : les formulations de revendications, les
tentatives pour étendre la grève aux autres entreprises
de la région, la popularisation du mouvement dans la région,
ne vont pas sans heurts avec les permanents syndicaux venus contrôler
la grève. Le patronat, de son coté, ne reste pas inactif
et tente diverses manoeuvres pour briser la grève : organisation
d’un vote à bulletin secret (il sera boycotté
par les grévistes) puis intervention de la police pour évacuer
l’usine occupé. Cette tentative sera de nouveau mise
en échec par les travailleurs, soutenus par les étudiants
venus de Paris. La répression policière sera brutale
: un lycéen, Gilles Tautin, y trouvera la mort. Un vote à
bulletin secret, organisé par les syndicats, décidera
la reprise du travail, ouvrant un vif débat entre représentant
de la CGT et un groupe de travailleurs.
-
« Citroën-Nanterre »,
un film de Guy Devart et Edouard Hayem, 1968, 63’. N&B.
Le 20 mai 1968, les ouvriers de l’usine Citroën de Nanterre
cessent le travail. Le site emploie quatre mille salariés
dont 65 % de travailleurs immigrés. Il n’a pas connu
pareille mobilisation depuis vingt ans. Les grévistes osent
enfin prendre la parole
DVD
4
– Du côté des paysans /
Juin 1968 ou le Retour à l'ordre
- « La Reprise du travail
aux usines Wonder ». Pierre Bonneau et
Jacques Willemont. 1968, 9’. N&B.
Au début c'est une photo, une photo dans une revue de cinéma...
Une jeune femme brune, révoltée, qui crie. Nous sommes
en juin 68, c'est la reprise du travail aux usines Wonder, après
la grève de mai.
Deux étudiants de l'IDHEC filment la scène. On y voit
des ouvrières de Wonder à Saint- Ouen qui reprennent
le travail après trois semaines de grève. Et cette
jeune femme qui reste là et qui crie de nouveau. Elle crie
qu'elle ne retournera pas au travail, qu'elle ne veut pas plus retrouver
la saleté, les cadences, la « méprise »
de cette « taule ».
Ce fameux film de 10 minutes tourné par les étudiants
de l'IDHEC en juin 68 a tout de suite été considéré
comme LE film des évènements et comme l'une des réalisations
majeures du cinéma direct.
- «Les Deux marseillaises».
Jean-Louis Comolli et André S.Labarthe. 1968,1h53. N&B.
À l’occasion de la campagne électorale pour
les élections législatives de juin 1968 à Asnières,
ce documentaire filme au jour le jour les élections marquées
par les événements de Mai 68. Elections municipales
vues à travers les trois principaux candidats : Albin Chalendon
(UDR), Claude Denis (PC), Roger Hanin (FGDS).
Caractéristiques
techniques des DVD
4 DVD 9 - Zone 2 - PAL - Format 4/3 - Mono - Noir & Blanc
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| Quelques
mots de Patrick Leboutte, directeur de la collection |
|
La quinzaine de films qu’offre de découvrir ce coffret
témoigne d’une intense activité cinématographique
en mai 68, indissociable des événements. Rarement vus
depuis et parfois inédits, ils sont comme autant de chapitres
d’un journal collectif, celui d’une génération
de techniciens et de cinéastes français souvent jeunes
et impatients, à qui le geste documentaire permit d’abord
d’être acteurs de l’Histoire. S’ils s’improvisèrent
volontiers journalistes, tenant en direct la chronique minutieuse
des occupations d’usines et des protestations de masse, ce fut
toujours avec la conscience d’en être eux-mêmes
partie prenante, refusant toute neutralité, filmant de l’intérieur,
posant micros et caméras du côté des ouvriers,
des étudiants, des paysans, des insurgés, comme une
manière de choisir leur camp, ce dont attestent les noms mêmes
qu’ils se donnèrent – « Groupe Ligne rouge
», « Atelier de Recherche Cinématographique »
et, plus tard, « Cinélutte » –, disant clairement
leur projet comme la provenance de leurs grilles de lecture.
Cinéma militant, partisan, dira-t-on. Pourquoi pas ? Comme
tout film qui ne se cache pas, sans s’exhiber pour autant, et
s’engage au tournage à se laisser travailler sous nos
yeux par sa matière. Car si politiquement, les équipes
de l’ARC et de Ligne Rouge, notamment, militèrent à
découvert - ce que confirment panneaux intercalaires, inscriptions
et cartons régulièrement assénés -, ils
ne le firent pas seulement pour la cause, évidemment celle
du peuple qui constituait alors leur principal horizon, mais autant
sinon plus par amour du cinéma, poétiquement, en contrebande,
fut-ce au prix d’une infidélité provisoire aux
slogans.
Ainsi Lénine, le Che ou le grand Timonier ne rôdent-ils
jamais seuls dans ces films singulièrement peuplés,
y côtoyant sans cesse Howard Hawks et John Ford, Henry Fonda
et John Wayne, les grands films soviétiques et le néoréalisme.
La Glu ? Du De Sica revisité ! CA 13 ? Du Pierre Perrault parisien
! Oser lutter, oser vaincre ? Un Fort Alamo en version maoïste,
autrement dit plus cinématographique. L’attente de l’attaque
imminente de Renault-Flins par les forces de l’ordre, présentée
du point de vue des assiégés, devrait un jour figurer
dans toutes les bonnes anthologies. Le cinéma de mai 68 manifestait
aussi pour la défense du cinéma. Sa beauté tient
entièrement dans cette fragilité pas forcément
assumée, dans cet écart permanent entre programme politique
au sens strict et projet cinématographique pour le moins débridé,
entre rigidité des mots d’ordre et souplesse documentaire.
Tiraillés entre désir et idéologie, et parfois
malgré eux, les cinéastes de mai ont filmé une
autre manière de sortir de son lit, du pied gauche, au mépris
des règles et des fonctions assignées, dans la certitude
que chaque jour, chaque plan, ne sont qu’un début, comme
une affaire à suivre, comme une histoire à vivre, parce
que celles-ci, pensaient-ils, ne peuvent connaître de fin. A
nous de voir."
Patrick Leboutte
(extrait
du dossier de presse)
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| Chronologie
des évènements de Mai 68 |
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- Janvier 68
8 - Inauguration de la piscine du campus de Nanterre par François
Missoffe, ministre de la jeunesse et des sports. Il est pris à
partie par des étudiants.
26 - Violents incidents à Caen entre les grévistes de
la SAVIEM et les forces de l'ordre. Bagarre à Nanterre.
- Février
7 - Heurts violents à l'occasion d'une contre-manifestation
organisée par les Comités Vietnam.
24 - Déclaration politique et sociale commune PCF - FGDS
- Mars
20 - Attaque du siège parisien de l'American Express.
22 - Incidents à Nanterre. Occupation de la tour administrative.
Création par les anarchistes du Mouvement du 22 mars.
28 - Suspension des cours à Nanterre jusqu'au 1er avril.
- Avril
25 - Le député communiste Pierre Juquin est expulsé
du campus de Nanterre par les gauchistes prochinois.
28 - Un commando prochinois dévaste une exposition de soutien
au Sud-Vietnam.
- Mai
1er - Défilé CGT, PC, PSU (République - Bastille).
Naissance de La cause du peuple.
2 - Début du voyage de Georges Pompidou en Iran et en Afghanistan.
Incidents à Nanterre où les cours sont suspendus.
3 - Meeting dans la cour de la Sorbonne. Editorial de Georges Marchais
dans l'Humanité qui y fustige "l'anarchiste allemand Cohn-Bendit"
et raille les "révolutionnaires [... ] fils de grands
bourgeois [... ] qui rapidement mettront en veilleuse leur flamme
révolutionnaire pour aller diriger l'entreprise de papa et
y exploiter les travailleurs". Evacuation par la police requise
par le Recteur Roche. Manifestation au Quartier latin, incidents,
près de six cents interpellations.
4 - Condamnation de personnes appréhendées la veille.
Appel à la grève illimitée de L'UNEF et du SNEsup.
Suspension des cours à la Sorbonne.
5 - Condamnation de quatre manifestants du 3 mai à la prison
ferme.
6 - Comparution de Daniel Cohn-Bendit et d'étudiants nanterrois
devant la commission disciplinaire. Manifestations, puis premières
barricades et violents affrontements avec la police, plus de quatre
cents arrestations.
7 - Manifestation de Denfert-Rochereau à l'Etoile.
8 - Discours d'Alain Peyrefitte à l'Assemblée nationale.
9 - Les leaders étudiants annoncent leur intention d'occuper
la Sorbonne dès le départ des forces de l'ordre. En
réponse, Alain Peyreffite déclare que la Sorbonne restera
fermée jusqu'au retour au calme.
10 - Nuit d'émeutes au Quartier latin où soixante barricades
se dressent. Intervention de la police à partir de deux heures
du matin.
11 - La CGT, la CFDT et la FEN appellent à la grève
générale pour le 13 mai. Retour de Georges Pompidou
d'Afghanistan qui annonce la réouverture de la Sorbonne pour
le 13 mai.
13 - La Cour d'appel met en liberté provisoire les condamnés
du 5 mai. La Sorbonne est réouverte et aussitôt occupée.
Manifestation syndicale de la gare de l'Est à Denfert-Rochereau.
Les étudiants continuent jusqu'au Champs-de-Mars.
14 - Départ du Général de Gaulle pour la Roumanie.
Dépôt d'une motion de censure à l'Assemblée
nationale par le PCF et la FGDS.
15 - Occupation de l'Odéon et de l'usine Renault à Cléon.
16 - Le mouvement de grève s'étend dans les entreprises.
17 - Rencontre Mitterrand - Waldeck-Rochet. Grève à
l'ORTF.
18 - Retour du Général de Gaulle. Grève générale,
la paralysie économique gagne l'ensemble du pays.
22 - La motion de censure déposée par la gauche est
rejetée, elle ne recueille que 233 voix. Daniel Cohn-Bendit
est interdit de séjour. Création du Comité national
de défense de la République (CDR). Les syndicats se
déclarent prêts à négocier avec le gouvernement.
Attaque du local national conjoint des CDR et du Service d'action
civique rue de Solférino par des manifestants.
24 - Nouvelle nuit des barricades. Le Général de Gaulle
annonce un référendum sur la participation (entreprises,
universités) pour le mois de juin. La Bourse est incendiée.
Un commissaire de police est tué à Lyon par un camion
lancé par les manifestants.
25 - Début des négociations rue de Grenelle.
26 - Le Général de Gaulle donne son accord à
Jacques Foccart pour l'organisation d'une grande manifestation pour
le vendredi 31 mai (elle aura finalement lieu le 30).
27 - Accord sur le protocole de Grenelle entre les syndicats, le patronat
et le gouvernement (augmentation du SMIG et des salaires, réduction
des horaires, abaissement de l'âge de la retraite). Meeting
de Charléty organisé par l'UNEF, le PSU et la CFDT.
28 - Conférence de presse de François Mitterrand qui
annonce sa candidature à la présidence de la République
en cas de vacance du pouvoir.
29 - Le conseil des ministres est ajourné. Le Général
de Gaulle quitte l'Elysée à 11 h 15 et n'arrive à
Colombey-les-deux-Eglises, via Baden-Baden où il a rencontré
le Général Massu, qu'à 18h30. Pierre Mendès
France se déclare prêt à former un "gouvernement
de gestion".
30 - À 16h30 le Général de Gaulle annonce la
dissolution de l'Assemblée nationale. Une manifestation de
soutien au chef de l'Etat réunit un million de personnes.
31 - Remaniement ministériel. Manifestations de soutien au
Général de Gaulle en province.
-
Juin
1er - Manifestation parisienne de l’UNEF, au slogan «
Élections, trahison ». Le ministère de l’Éducation
nationale annonce des modalités aménagées pour
le baccalauréat.
1er au 3 juin - Réapprovisionnement des villes en essence durant
le week-end de la Pentecôte.
4 - Négociations au ministère de l’Éducation
nationale, qui se terminent le lendemain à l’aube.
5 - Début de la reprise du travail à EDF-GDF, dans les
mines, la sidérurgie et les employés d’État.
6 - Reprise à la RATP, à la SNCF, et dans la fonction
publique. La FEN appelle à la reprise du travail. Le SNES,
après consultation des sections d’établissements,
décide de poursuivre la grève.
7 - Évacuation par la force de l’usine Renault de Flins
par les CRS, de violents affrontements ont lieu. Reprise du travail
aux PTT.
10
- Nouveaux affrontements avec la police. À Flins, mort du lycéen
Gilles Tautin, noyé dans la Seine après avoir été
poussé par des CRS. Ouverture de la campagne électorale.
Le SGEN-CDFT appelle à la reprise du travail pour le mercredi
12. Le SNES appelle à la reconversion du mouvement.
11 - Affrontements avec la police devant les usines Peugeot à
Sochaux (Doubs) : deux ouvriers meurent, dont Jean Beylot tué
par balle. Appel de la CGT à un arrêt de travail pour
le 12 juin. Réoccupation de l’usine Renault à
Flins par les grévistes. Violentes manifestations à
Paris (au départ de la gare de l’Est), et dans plusieurs
grandes villes de province.
12 - Reprise des cours dans les lycées. Interdiction de toute
manifestation sur la voie publique pendant la durée des élections.
Dissolution de plusieurs mouvements d’extrême-gauche,
dont certains sous différentes appellations : la Jeunesse communiste
révolutionnaire (JCR), Voix ouvrière, les groupes «
Révoltes », la Fédération des étudiants
révolutionnaires (FER), le Comité de liaison des étudiants
révolutionnaires (CLER), l’Union des jeunesses communistes
marxistes-léninistes (UJCml), le Parti communiste internationaliste
(PCI), le Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF),
la Fédération de la jeunesse révolutionnaire,
l’Organisation communiste internationaliste (OCI), le Mouvement
du 22 mars.
14 - À Paris, évacuation du théâtre de
l’Odéon par la police. Après trois semaines de
grève et d’occupation, les employés de l’usine
de piles Wonder à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) votent la
reprise du travail [on peut revoir le court film amateur tourné
à cette occasion, devant les portes de l’usine, dans
le documentaire d’Hervé Le Roux Reprise, sorti en 1996].
Reprise du travail dans d’autres entreprises.
16 - À Paris, évacuation de la Sorbonne par la police.
18 - Reprise du travail dans plusieurs secteurs de l’automobile
(dont les usines Renault), et de la métallurgie. Organisation
d’une table ronde au ministère de l’Éducation
nationale sur les modalités des examens.
23 - Premier tour des élections législatives.
24 juin - Reprise du travail aux usines Citroën.
27 juin - Reprise du travail à l’ORTF. À Paris,
évacuation de l’École des Beaux-Arts par la police.
30 juin - Second tour des élections législatives : 22
millions de votants, pour 78% de participation. C’est un raz
de marée gaulliste ; l’UDR et les RI regroupent 43,6%
des voix ; le Centre démocratique : 10,3% ; le PCF : 20% ;
la FGDS : 16,5% ; le PSU : 3,9%.
31 juin - Épuration à l’ORTF : 102 journalistes
sont mutés ou licenciés sous couvert d’une «
réorganisation » de la société.
- Juillet
3 au 9 - Assises nationales des universités à Grenoble.
10 - Arrestation et emprisonnement de militants d’extrême-gauche,
dont Alain Krivine, jusqu’à l’automne.
5 - À Paris, évacuation par la police de la faculté
de médecine.
13 - Maurice Couve de Murville succède à Georges Pompidou
au poste de premier ministre.
(extrait
du dossier de presse)
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