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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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La
jaquette du DVD signe « Le film le plus extrême de Miike
», il aurait pu rajouter « … Mais pas le plus réussi
» ! La passion de Miike pour le cinéma ne fait aucun doute. Véritable boulimique (il peut lui arriver de tourner jusqu’à 8 films par an !), son goût pour l’anticonformisme et l’extrême, l’emmène à expérimenter toute sorte de mise en scène, toute sorte de cinéma et facilite donc l’émergence du bon (voir très bon) comme du pire (voir catastrophique). Après des débuts à l'Academy of Broadcasting and Film de Yokohama sous la tutelle des grands réalisateurs, comme Shoi Imamura ou Hideo Onchi, Miike se lance dans la réalisation en 1991 avec Hit and Run. C’est avec les Affranchis de Shinkuju en 1995, un policier noir et violent, que Miike devient une révélation au Japon. Il pose ses bases, un monde violent et ultra référentiel, mais son univers graphique va rentrer dans une expérimentation en perpétuel mouvement. Il passe d'une réalisation moins soutenue en 1997 avec Chiens enragés, à un magnifique film poétique sur la Chine en 1998 avec The bird people in China, probablement le meilleur film de Miike (et soit dit en passant, le plus éloigné de son univers habituel : calme, poétique, paysages somptueux, allégés de tout effets spéciaux). Suivra sa trilogie mafieuse Dead or alive (1999 – 2002) qui sera l’un de ses plus gros succès au Japon. Mais pour ses fans absolus, Takashi Miike est surtout un réalisateur de films extrêmes dans leur violence, à l’image de Audition en 1999 et bien sur Ichi the Killer en 2001. Ichi the killer (Koroshiya 1) est l’adaptation du manga déjanté et ultra populaire de Hideo Yamamoto. On le sait, les réalisateurs nippons aiment les mangas, car ils sont une passerelle entre l’orient et l’occident et véhiculent une grande partie de la culture japonaise. Plus cyniquement, il permet aussi au réalisateur de toucher un public très large qui y voue un véritable culte. Alors, avant Park-chan-wook et son adaptation d’Old boy, Takashi Miike s’attaque au célèbre tueur habillé de cuir noir avec son imposant chiffre 1 jaune dans le dos. Après un début tonitruant, amplifié par des mouvements de caméra hystériques et renforcé par une musique syncopée, le film nous plonge dans l’univers violent des Yakuza des bas-fonds de Shinjuku, où le gang Anjo est confronté à la disparition de leur Boss. Le probable responsable, un tueur fou et sanguinaire nommé Ichi. Kakihara, le second du Gang va alors tout faire pour le retrouver. Les scènes de tortures et de massacres vont s’enchaîner sans aucune retenue : crochets dans le dos, huile bouillante, jambes, tétons et visages découpés… Avec d’un coté Kakihara, véritable masochiste, cherchant tel un besoin primaire la violence physique et de l’autre Ichi, tueur manipulé et sadique, cherchant une certaine culpabilité désirée. Quelle est donc l’intention véritable de Miike, en filmant des scènes d’une violence ahurissante ? Certains diront pour provoquer, pour réaliser un objet cinématographique exutoire et irregardable. D’autres en quête de sensations fortes se régaleront de ces critiques en levant la bannière du second degré et d’une liberté artistique assumée. Enfin, certains dépasseront la complaisance visuelle, pour y voir une histoire d’amour et arriver à cette conclusion très Freudienne : qu’il n’y a pas d’amour sans violence. De ce point de vue là, la sincérité de Miike ne fait aucun doute et c’est ce qui engendre sûrement les critiques à son égard, son manque de détachement par rapport au thème du film, lui-même étant un amoureux de la violence… Mais qui finalement apporte cette même sincérité. Il serait donc réducteur de taxer Miike de provocateur sans fond. Le personnage d’Ichi véhicule une souffrance intérieure qui dissimule un caractère sadique. Ichi tue car il n’aime pas ça et le plaisir procuré par la pratique de la violence finit toujours par prendre le dessus. Il y a donc une véritable réflexion sur la violence et les motivations de celle-ci. Mais il est aussi légitime que la violence visuelle prenne le pas sur la complexité des personnages. Miike le sait très bien et s’amuse donc à distiller un humour cynique qui désamorce la violence de certaines scènes, rendant le film plus acceptable. C’est encore plus vrai dans son précédent film Visitor Q, sorte de Grande bouffe nipponne, tournée en DV sur 5 jours, où encore une fois Takashi Miike explore les plus bas instincts de l'être humain. Mais dans Ichi the killer, le problème n’est ni la violence graphique, ni la compréhension du propos. Le problème est que le film est mal réalisé dans son ensemble. De part sa longueur, le film manque de structure et de cohérence. Certaines scènes s’enchaînent comme des clips tortueux sans apporter un véritable soutien à l’histoire et en deviennent donc lassantes. Les effets spéciaux même s’ils sont innovants sont assez grossiers. Et le jeu de certains acteurs plombe complètement le film. Mention spéciale tout de même à Shinya Tsukamoto (réalisateur de Tokyo Fist, Bullet Ballet et surtout de l’ovni Tetsuo) qui se révèle un acteur surprenant en mentor et manipulateur d’Ichi. Ichi the killer reste un film à voir pour comprendre l’univers de Miike (ne serait ce que pour l’expérience cinématographique) mais il est essentiel d’en voir d’autre pour apprécier son travail. Dans ce registre, Audition est bien plus percutant, où les scènes de tortures n’ont pas besoin d’humour car l’effroi des situations suffit à nous toucher. En 2006 Miike, récidive avec Imprint dernier épisode de la série Américaine Masters of horror censuré (car jugé trop violent), où l’on retrouve des inserts de scènes de torture (aiguilles plantés dans la chair et autres chatouillis corporels). Malheureusement le film tombe complètement à plat et le jeu de Billy Drago (Les Incorruptibles, Mysterious skin) est insupportable de cabotinage. On voit également Miike faire un caméo dans l’insipide Hostel d’Eli Roth, où il joue un personnage venant assouvir ses pulsions en Europe de l’Est en torturant de jeunes innocents. Monsieur Miike, vous êtes incorrigible ! Julien Bourières |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| NOTES | ||||
| Adaptation live du manga (inédit en France) de Hideo Yamamoto ("Homunculus") qui failli être interdite lors de sa sortie et uniquement exploitée dans sa version censurée dans de nombreux pays, "Ichi the Killer" a atteint un statut culte auprès d'un large public mondial au fil des années. | ||||
| FILMOGRAPHIE DE TAKASHI MIIKE | ||||
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Né
le 24 Août 1960 à Yao, Osaka, Honshu, Japon 2004 Zebraman 3... Extremes ( court-métrage 'La Boîte') Izo 2003 La Mort en ligne The Man in white Gozu 2002 Dead or alive III final 2001 Ichi the killer La Mélodie du malheur 2000 La Cité des âmes perdues Dead or alive II Visitor Q 1999 Audition Dead or alive 1996 Graine de Yakuza
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