)))  NOSFERATU
        
 de Friedrich W. MURNAU                 

 

  • Fantastique, muet - 1922 - Allemagne - durée: 1h50 (+102' de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 24 Octobre 2007
    Editions MK2
  • Prix de vente indicatif : 23€

SYNOPSIS

À Brême en 1838, Thomas Hutter, un jeune clerc d'agent immobilier ayant fait un heureux mariage avec Ellen, doit partir en Transylvanie afin de vendre une propriété au dénommé Comte Orlok qui désire avoir une résidence dans la ville. Après un périple sur une terre d'ombres, le jeune homme est accueilli au sein d'un sinistre château par le Comte. Durant la transaction, Orlok aperçoit une image d'Ellen qui le fascine et décide d'acquérir une résidence proche de celle du couple. Hutter, hôte du Comte ne tardera pas à découvrir la véritable nature de celui-ci. Alors Nosferatu cheminera vers sa nouvelle propriété, épandant la mort et la désolation par la peste sur son sillage...

 
POINT DE VUE
Adaptation à demi camouflée, pour cause de droits, du roman Dracula de Bram Stocker, Nosferatu, Eine Symphonie des Grauens représente la première incursion du personnage vampirique au cinéma (personnage qui connaîtra une carrière particulièrement fameuse, on le sait, chez Tod Browning, Terrence Fisher ou encore Francis Ford Coppola).


L’intrigue reste la même que dans l’oeuvre littéraire, seuls les noms des personnages et les lieux ont été modifiés : en 1838, Hutter se voit contraint de quitter momentanément sa jeune épouse Ellen, lorsque son employeur Knock l’envoie conclure une transaction immobilière chez le comte Orlok, en Transylvanie ; après avoir confié sa femme éplorée à un couple d’amis, Hutter entreprend un périlleux voyage dans les Carpates ; mais lorsqu’il se rend compte de la véritable nature de son hôte, le mal étend déjà son emprise sur Ellen et Knock, qui guettent la venue du puissant vampire.


Alors que l’expressionnisme est marqué par la stylisation des décors, et que Murnau lui-même emploie des décors factices extrêmement travaillés dans Her Tartüff (1925), Faust (1926) et Sunrise (L’Aurore, 1927), par exemple, le tournage en milieu naturel a été privilégié pour Nosferatu. Les extérieurs ont en effet été filmés en grande partie dans le nord de l’Allemagne, sur les bords de la mer Baltique, et en Tchécoslovaquie. Mais l’utilisation de paysages réels n’atténue en rien la capacité du cinéaste à organiser la matière comme il le souhaite, car “s’il tourne dans de petites villes médiévales, sur les bords du Rhin ou près de la Baltique, ce n’est que pour retrouver dans les façades étranges ou les contrées désertes le sens du bizarre, l’aspect sinistre des choses, un univers de solitude et de désolation”, ainsi que l’écrivait Mitry dans son Histoire du Cinéma.


Devant la caméra de Murnau, les toits aigus d’entrepôts abandonnés, les crêtes acérées de montagnes désertiques, les ogives et portes pointues d’un château médiéval se dressent tous comme d’imposantes canines tranchantes. C’est en outre sur ces décors dépouillés que se meuvent et se découpent les ombres, surtout celle, autonome et terrifiante, du comte Orlok. Véritable double du vampire, preuve effrayante de son ubiquité, elle se déploie sur les murs pâles de la chambre d’Ellen, puis sur sa robe de nuit blanche, où une main aux doigts effilés se referme comme un étau sur le coeur fragile. Le montage parallèle traduit bien également le dédoublement du vampire, qui manipule à distance ses malheureuses proies : Ellen victime de crises de somnambulisme ou Knock pris de folie furieuse.


Du reste, Murnau mise moins sur les effets spéciaux que sur la présence inquiétante du vampire et sa lente mais implacable avancée. Ainsi, le jeu d’acteur de Max Shrek, qui incarne le comte Orlok-Nosferatu, se concentre-t-il sur une relative rigidité des mouvements et des expressions du visage, où seuls les yeux exorbités agitent leurs pupilles reptiliennes. Les angles de vues et la composition des plans renforcent en plus ce pouvoir horrifique : apparaissant en contre-plongée sur le pont du navire, Nosferatu domine et menace ; franchissant l’encadrement d’une porte gothique, il semble émerger d’un sombre cercueil. Lotte H. Eisner notait bien, finalement, dans L’Ecran Démoniaque : “Jamais plus un expressionnisme aussi parfait ne sera atteint, et sa stylisation n’a été obtenue sans le secours du moindre artifice.


Stéphane Tralongo







   
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Réalisation
    : Friedrich W. Murnau
    Scénario :Henrik Galeen
    Directeur Photographie : Günter Krampf, Fritz Arno Wagner
    Compositeur : Hans Erdmann
    Chef Décorateur : Albin Grau

    Avec:
    Comte Orlock/Nosferatu : Max Schreck
    Hutter : Gustav Von Wangenheim
    Knock : Alexander Granach
    Ellen : Greta Schroeder
    Harding : Georg H. Schnell
    Sa Soeur : Ruth Landshoff
    Professeur Bulwer : John Gottowt
    Docteur Sievers : Gustav Botz
    Maat : Wolfgang Heinz
    Wirt : Guido Herzfeld
    Matrose : Albert Venohr

    Editeur DVD
    : MK2 Editions


  •  LE DVD

    DVD 9 - PAL - Zone 2 - noir & blanc
    - tous publics
    Image & Son :
    Ecran: 4/3
    Format : 1:33
    Son: Musique en Mono

    Sous-titres:
    Intertitres sous-titrés en français
  • BONUS  (102')

    * Le langage de l’ombre (documentaire 40’)
    * Murnau, ses débuts et Nosferatu
    (52’) : Documentaire de Luciano Berriata
    * La collection Murnau
    (10’)

FILMOGRAPHIE DE MURNAU
Tabou (1931)
City Girl, Our Daily Bread (1929)
L'Aurore (1927)
Faust (1926)
Herr Tartüff (1926)
Le Dernier des hommes (1924)
Les Finances du grand duc (1924)
Nosferatu (1922)
La Terre qui flambe (1922)
Fantôme (1922)
La Decouverte d'un secret (1921)
Promenade dans la nuit (1920)
Satanas (1919)

 
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