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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Adaptation à demi camouflée, pour cause
de droits, du roman Dracula de Bram Stocker, Nosferatu,
Eine Symphonie des Grauens représente la première
incursion du personnage vampirique au cinéma (personnage qui
connaîtra une carrière particulièrement fameuse,
on le sait, chez Tod Browning, Terrence Fisher ou encore Francis Ford
Coppola). L’intrigue reste la même que dans l’oeuvre littéraire, seuls les noms des personnages et les lieux ont été modifiés : en 1838, Hutter se voit contraint de quitter momentanément sa jeune épouse Ellen, lorsque son employeur Knock l’envoie conclure une transaction immobilière chez le comte Orlok, en Transylvanie ; après avoir confié sa femme éplorée à un couple d’amis, Hutter entreprend un périlleux voyage dans les Carpates ; mais lorsqu’il se rend compte de la véritable nature de son hôte, le mal étend déjà son emprise sur Ellen et Knock, qui guettent la venue du puissant vampire. Alors que l’expressionnisme est marqué par la stylisation des décors, et que Murnau lui-même emploie des décors factices extrêmement travaillés dans Her Tartüff (1925), Faust (1926) et Sunrise (L’Aurore, 1927), par exemple, le tournage en milieu naturel a été privilégié pour Nosferatu. Les extérieurs ont en effet été filmés en grande partie dans le nord de l’Allemagne, sur les bords de la mer Baltique, et en Tchécoslovaquie. Mais l’utilisation de paysages réels n’atténue en rien la capacité du cinéaste à organiser la matière comme il le souhaite, car “s’il tourne dans de petites villes médiévales, sur les bords du Rhin ou près de la Baltique, ce n’est que pour retrouver dans les façades étranges ou les contrées désertes le sens du bizarre, l’aspect sinistre des choses, un univers de solitude et de désolation”, ainsi que l’écrivait Mitry dans son Histoire du Cinéma. Devant la caméra de Murnau, les toits aigus d’entrepôts abandonnés, les crêtes acérées de montagnes désertiques, les ogives et portes pointues d’un château médiéval se dressent tous comme d’imposantes canines tranchantes. C’est en outre sur ces décors dépouillés que se meuvent et se découpent les ombres, surtout celle, autonome et terrifiante, du comte Orlok. Véritable double du vampire, preuve effrayante de son ubiquité, elle se déploie sur les murs pâles de la chambre d’Ellen, puis sur sa robe de nuit blanche, où une main aux doigts effilés se referme comme un étau sur le coeur fragile. Le montage parallèle traduit bien également le dédoublement du vampire, qui manipule à distance ses malheureuses proies : Ellen victime de crises de somnambulisme ou Knock pris de folie furieuse. Du reste, Murnau mise moins sur les effets spéciaux que sur la présence inquiétante du vampire et sa lente mais implacable avancée. Ainsi, le jeu d’acteur de Max Shrek, qui incarne le comte Orlok-Nosferatu, se concentre-t-il sur une relative rigidité des mouvements et des expressions du visage, où seuls les yeux exorbités agitent leurs pupilles reptiliennes. Les angles de vues et la composition des plans renforcent en plus ce pouvoir horrifique : apparaissant en contre-plongée sur le pont du navire, Nosferatu domine et menace ; franchissant l’encadrement d’une porte gothique, il semble émerger d’un sombre cercueil. Lotte H. Eisner notait bien, finalement, dans L’Ecran Démoniaque : “Jamais plus un expressionnisme aussi parfait ne sera atteint, et sa stylisation n’a été obtenue sans le secours du moindre artifice.” Stéphane Tralongo |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| FILMOGRAPHIE DE MURNAU | ||||
| Tabou
(1931)
City Girl, Our Daily Bread (1929) L'Aurore (1927) Faust (1926) Herr Tartüff (1926) Le Dernier des hommes (1924) Les Finances du grand duc (1924) Nosferatu (1922) La Terre qui flambe (1922) Fantôme (1922) La Decouverte d'un secret (1921) Promenade dans la nuit (1920) Satanas (1919)
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