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DIEU
SEUL ME VOIT
(Versailles-Chantiers)
LIBERTÉ-OLÉRON
de
Bruno PODALYDÈS
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- COFFRET
DOUBLE DVD
- Comédie
- 1998 et 2001 - France
- Sortie
à la Vente en DVD le 9 novembre 2006
Éditions
des Cahiers du cinéma
-
Prix de vente conseillé : 29,90 €
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POINT
DE VUE |
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Les
Cahiers du cinéma poursuivent leur collection "2 films
de". Après Claire Denis, Arnaud Desplechin, Philippe Garrel
ou encore Jean-Luc Godard, deux films de Bruno Podalydès nous
sont cette fois-ci proposés : Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers)
et Liberté-Oléron.
Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers) est le deuxième
volet d'un diptyque entamé 6 ans plus tôt par le moyen-métrage
Versailles-Rive Gauche (1992).
Bruno Podalydès met toujours en scène son frère
Denis, avec qui il a cosigné le scénario, cette fois-ci
dans le rôle d'Albert Jeanjean, héros lunaire et indécis.
Jeune versaillais d'une trentaine d'années, preneur de son
dans une équipe de JRI, il ne se sépare jamais de ses
deux amis d'enfance, Otto (Jean-Noël Brouté) et François
(Michel Vuillermoz, hilarant). Introspectif et dans le doute permanent,
trois femmes vont le révéler à lui-même...
Dans Liberté-Oléron, Denis Podalydès
est Jacques Monod, père d'une famille de quatre enfants et
marié à Albertine (Guilaine Londez). Comme chaque été,
l'île d'Oléron est le lieu de villégiature de
la petite famille. Las de gonfler chaque jour les bouées de
ses enfants ainsi que sa caravelle, il se met en tête d'acquérir
un voilier et de devenir un marin accompli... Ce qui commence comme
un gentille comédie familiale vire progressivement au cauchemar...
Dans Dieu seul me voit, Bruno Podalydès nous entraîne
avec bonheur dans l'intimité d'Albert avec une omnipotence
presque divine et nous savourons avec délice cette situation...
Position du spectateur soulignée dès l'ouverture du
film avec cette plongée "venue du ciel" puis ce mouvement
de caméra se concentrant progressivement sur le personnage
d'Albert. Nous le découvrons ainsi dès les premières
images dans les rues de Versailles, auprès d'une femme cherchant
son chemin, dans une tentative avortée d'explication et d'orientation.
Il faut dire qu'il est lui-même perdu dans cette ville et nous
le voyons tourner en rond et chercher son chemin dans tous les sens
du terme, mais le cherche-t-il vraiment ?
Dans Liberté-Oléron c'est d'intimité
familiale dont il s'agit. Mais cette intimité collective est
doublée d'une couche de faux-semblant et de non-dits (lorsqu'ils
se disputent, les parents parlent un anglais pour le moins hésitant
pour éviter que les enfants ne comprennent l'objet de leur
désaccord). Le vernis s'écaille lorsqu'on passe à
l'intimité individuelle du père avec notamment la tenue
d'un journal de bord, les marmonnements parfois inintelligibles, les
"je me fais chier" au fond de sa caravelle gonflable...
Dans les deux cas, Podalydès filme une tempête sous un
crâne et nous propose deux "comédies de caractère"
attachantes, à la fois drôles et acides.
Bruno Podalydès se plait à placer ses héros dans
des situations du quotidien toutes plus banales les unes que les autres,
puis d'introduire dans celles-ci un petit grain de sable qui mettra
ses personnages dans une situation de malaise qui ne cesse de s'amplifier
pour atteindre le véritable malaise physique.
Le grain de sable est, dans Dieu seul me voit, l'indécision,
le manque de confiance en soi, la peur de prendre une véritable
décision et de s'engager (sentimentalement notamment), l'angoisse
de ne pas avoir un avis tranché sur une question (politique
ou culturelle).
Le nom même d'Albert - Jeanjean- est comme une hésitation,
un bégaiement. Face à cela, le malaise se traduit physiquement
par des nausées (au restaurant avec Anna, Jeanne Balibar),
des pertes de connaissance (don du sang avec Sophie, Isabelle Candelier)
ou encore des chutes (hors-champs, dans l'escalier, lors du premier
rendez-vous avec Sophie). Ce déséquilibre corporel et
mental permanent est angoissant pour Albert qui se cherche une "véritable"
personnalité, forte et tranchée mais paradoxalement,
ce n'est pas forcément pour lui déplaire...
Il se complaît assez facilement dans cette situation en se placant
lui-même au sens propre dans des positions inconfortables. "La
remise en question" est même devenue une sorte de devise.
Le déséquilibre se traduit également par un mouvement
permanent, Albert étant assez rarement immobile, même
dans une situation de réflexion et d'hésitation. Avec
Albert, nous n'avons pas affaire à un processus simpliste du
type réflexion-action mais plutôt à un système
de réflexion-réflexion contenant l'action. Celle-ci
peut éventuellement venir après coup, mais plutôt
comme quelque chose d'involontaire et de non voulu, comme si Albert
préférait se laisser porter par le vent et par les caprices
de son destin quitte à se retrouver dans des situations inextricables.
Ce décalage, cette absurdité, cette gestuelle au sein
du quotidien n'est pas sans rappeler un certain Monsieur Hulot.
C'est justement la gestuelle du personnage fétiche de Jacques
Tati (cf Les Vacances de M. Hulot) qui nous vient à
l'esprit lorsque l'on voit Jacques gonfler les bouées de ses
enfants dans les premiers plans de Liberté-Oléron.
Mais Jacques Monod se révèle rapidement moins attachant
que Hulot et c'est l'achat du bateau Zigomar, rebaptisé Liberté-Oléron
- paradoxe lorsque Jacques se révélera sous un jour
tyrannique, établissant auprès de ses enfants un véritable
programme d'entraînement au maniement de la voile - qui constitue
le fameux grain de sable. Jacques est obsédé par un
idéal de liberté et de bien être qu'il n'arrivera
pas à atteindre. Il est l'antithèse du personnage d'Albert
dans le sens où il fait preuve d'une confiance excessive et
d'une autorité déplacée. Mais les deux films
et les deux personnages se rejoignent sur la question de l'équilibre
ou plutôt du déséquilibre : l'équilibre
physique rendu difficile par la maîtrise approximative du bateau
rejoint l'obsession de Jaques pour l'équilibre familial. Les
deux se téléscopent pour finalement aboutir au naufrage
total, celui du bateau et celui du cercle familial.
Dans Dieu seul me voit, ce sont les femmes qui vont accompagner
Albert dans son introspection. Il est en effet un homme qui aime les
femmes et Bruno Podalydès les filme d'une manière proche
de celle de François Truffaut. Leurs jambes, pour reprendre
les mots de Bertrand Morane, héros de L'Homme qui aimait
les femmes, sont des "compas qui arpentent en tous sens
le globe terrestre, lui donnant son équilibre et son harmonie".
Albert trouvera-t-il enfin son équilibre et une harmonie grâce
à l'une de ces femmes ? Il a également un côté
très Doinel dans les moyens détournés employés
pour aborder les femmes ainsi que dans une certaine maladresse. Cette
attitude charmante à être à côté
de la plaque le rend finalement presque irrésistible auprès
d'elles.
Trois femmes tombent donc sous son charme : Sophie, jolie infirmière
toulousaine (Isabelle Candelier), Corinne (Cécile Bouillot),
"policière" excentrique et cruelle et Anna (Jeanne
Balibar), réalisatrice de documentaire, belle, vénéneuse,
sensuelle et "dangereuse"? Trois histoires qui vont permettre
à Albert de se réveler à lui-même mais
surtout à nous, les spectateurs, au regard extérieur
toujours présent... Albert se trouve face à une nouvelle
trinité, non pas religieuse mais plutôt propre à
sa destinée. Encore une fois, il hésite et se pose la
question face au carrefour partant du bassin de Neptune : quel chemin
choisir ?
Les relations avec les trois femmes, jusque là mises en parallèle,
se recoupent lors d'une manifestation politique en face du Château
de Versailles. Elles sont toutes les trois mises en présence
dans ce cadre qu'Albert ne comprend pas. Face à un rassemblement
destiné à changer le cours du destin de chacun, en allant
contre quelque chose, quitte à en venir aux mains et à
la violence, il perd une nouvelle fois ses moyens, reste dans son
indécision, ne choisit pas et finalement se retrouve seul.
Anna est celle qui découvrira le mieux Albert et comprendra
son déséquilibre. Elle l'entraîne sur un chemin
qu'il ne maîtrise pas et ils vont pousser ensemble l'expérience
jusqu'au bout et franchir le cap de la nausée pour aller au-delà
de l'angoisse... Elle "veut un homme qui (lui) montre qu'il (la)
veut, qu'il produise un acte moteur, pas un abandon". Mais, en
même temps, elle accepte les contradictions d'Albert ("Nos
actes nous conduisent rarement là ou nous voulions aller").
Mais elle tient à assumer avec lui ces contradictions pour
aller vers le changement, une nouvelle assurance, une stabilité...
tout en gardant une âme d'enfant.
Dans Liberté-Oléron, la femme et les enfants
de Jacques subissent les volontés tyranniques du père.
Albertine est à la fois proche et coupée de son mari.
Les centres d'intérêts sont clairement cloisonnés
et on la sent attirée par le mystérieux marin paysagiste.
Le climax du film, le naufrage du Liberté-Oléron lors
de l'expédition sur l'île d'Aix est rempli de violence
physique, comme dans la manifestation de Dieu seul me voit,
mais c'est ici une violence plus intime et donc plus inquiétante
qui nous renvoie à nos propres angoisses familiales. Bruno
Podalydès se fait alors moins léger et une véritable
part d'ombre se dégage de son personnage. Contrairement à
Albert, Jacques se renferme sur lui-même après cette
expérience traumatisante et il se contente, contraint et forcé,
de sa caravelle gonflable. Quant à Albertine, elle recompose
avec soin le vernis familial. Mais personne n'est dupe...
Stéphane Bedin
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DU MÊME AUTEUR
VOIR AUSSI

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DIEU
SEUL ME VOIT |
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| SYNOPSIS |
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| Albert,
Versaillais et preneur de son, est un éternel indécis
souffrant d’un doute chronique. À Toulouse, il rencontre
une infirmière, Sophie. De retour à Paris, une jeune policière,
Corinne, tombe à son tour sous son charme. Vient enfin Anna,
la plus fascinante d’entre toutes, une réalisatrice qui
vient de terminer un documentaire. Les trois femmes vont chacune plonger
Albert dans une nuit de questions pour le rapprocher de lui-même.. |
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| FICHE
TECHNIQUE |
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- LE
FILM
1998 - France - 2h
Réalisation : Bruno Podalydès
Scénaristes : Denis
Podalydès
Producteur: Pascal Caucheteux
Photographie: Pierre Stoeber
Montage: Marie-France Cuénot, Suzanne Koch, Joële
Van Effenterre
Distribution:
Why not Distribution
Avec:
Denis
Podalydès (Albert)
Jeanne Balibar (Anna)
Isabelle Candelier (Sophie)
Cécile Bouillot (Corinne)
Jean-Noël Broute (Otto)
Michel Vuillermoz (François)
Mouss (Cruquet)
Philippe Uchan (Patrick)
Daniel Ceccaldi (le président du bureau de vote)
Maurice Baquet (monsieur Crémieux)
Pierre Diot (Denis Boulet)
Mathieu Amalric (Atchoum)
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| LIBERTÉ
OLÉRON
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| SYNOPSIS |
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| Jacques,
38 ans, part en vacances avec sa femme et ses quatre enfants. Direction
l’Île d’Oléron. L’ennui guettant, il
décide de casser sa tirelire pour s’offrir un voilier d’occasion
douteux, Zigomar, qu’il décide de rebaptiser Liberté
Oléron. L’objectif est d’atteindre l’Île
d’Aix, distante de 5 kilomètres : mais Jacques n’a
aucune expérience en voile, et ses élans de tyran vont
bientôt transformer les tranquilles vacances estivales en cauchemar..
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| FICHE
TECHNIQUE |
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- LE
FILM
France - 1h47 - sortie en salles le 20 juin 2001
Réalisation:
Bruno Podalydès
Scénaristes : Bruno Podalydès, Denis Podalydès
Compositeur : René-Marc Bini
Chef opérateur : Yorgos Arvanitis
Chefs monteurs : Hervé de Luze, Sabine Mamou
Son : Laurent Poirier, Cyril Holtz
Décorateur : Eric Barboza
Costumes : Dorothée Guiraud
Interprètes : Denis Podalydès, Guilaine Londez,
Arnaud Jalbert, Ange Ruzé, Lou-Nil Font, Jean Podalydès,
Patrick Pineau, Eric Elmosnino, Bruno Podalydès, Marie Diot
Distributeur : U.F.D.
Producteurs : Why Not Productions (France), Films Alain Sarde
(Les) (France), France 2 Cinéma (France)
- BONUS
Un diaporama, sorte de carnet de tournage de Dieu seul
me voit, nous est proposé, accompagné des commentaires
écrits de Bruno Podalydès. Plutôt plaisant,
cet album-souvenir, nous donne quelques clés sur le film.
Par exemple, un animal était attribué à chacune
des trois femmes pendant le tournage : la souris pour Sophie, le
serpent pour Anna et le rapace pour Corinne... À chacun d'interpréter
comme il l'entend...
Deux articles, toujours intéressants, extraits des Cahiers
du cinéma de mai-juin 1998 reviennent sur le travail
en commun des deux frères Podalydès. SB
Partie Rom :
*Trois filles en balance par Jean-Marc Lalanne (Cahiers du
cinéma n°524, mai
1998)
*Éloge du comique de sédimentation, entretien
avec Bruno et Denis Podalydès par
Jean-Marc Lalanne (Cahiers du cinéma n°525, juin 1998)
*50 photos de tournage commentées par Bruno Podalydès


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- LES
DVD
PAL
-Zone 2 - Couleurs
Image & Son :
Ecran:
16/9 compatible 4/3
Son: Dolby Digital
Langue: français
Sous-titres: anglais
Durée des films: 2h + 1h47
- Dans
la même collection
Sobibor, 14 octobre 1943, 16 h & Un vivant qui passe
de Claude Lanzmann
Sauvage innocence & La Naissance de l’amour de
Philippe Garrel
Nord & N’oublie pas que tu vas mourir de Xavier
Beauvois
La Vie des morts & La Sentinelle d’Arnaud Desplechin
Poor Cow (Pas de larmes pour Joy/La Reine des pomme) & Family
Life de Ken Loach
Le Ballon blanc & Sang et or de Jafar Panahi
Le vent de la nuit & Elle a passé tant d’heures
sous les sunlights… de Philippe Garrel Prénom
Carmen et Hélas pour moi de Jean-Luc Godard
S’en fout la mort & Nénette et Boni de Claire
Denis
Passion & Nouvelle Vague de Jean-Luc Godard
Golden Eighties & Toute une nuit de Chantal Akerman
Le Septième Ciel & Marianne de Benoît Jacquot
J’entends
plus la guitare & Les baisers de secours
de Philippe Garrel
Comment
je me suis disputé... (ma vie sexuelle) & Esther Kahn
de Arnaud Desplechin
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| PARCOURS
DES FRÈRES PODALYDÈS |
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B
r u n o P O D A L Y D È S
Né en 1961 à Versailles, Bruno Podalydès est
indissociable de son frère Denis puisque dès leur plus
tendre enfance, la fratrie se jette à corps perdu dans les
plus invraisemblables projets “audio-visuels” qui soient.
Pièces de théâtre dans le salon, écriture
de bandes dessinées dans la chambre, ils ont tout juste 10
ans lorsqu'ils se mettent en scène dans une pièce intitulée
"Pignouf au royaume de Banga". Fanatique de Tintin, Bruno
continue sur sa lancée, toujours avec son frère, en
créant "Radio Poupoune" au lycée, laquelle
circule uniquement sur cassette, puis en s'adonnant aux joies du diaporama,
toujours pour ses proches amis. Mais c'est l'heure des études
sérieuses, et tandis que Denis part étudier l'art dramatique,
Bruno passe une maîtrise d'audiovisuel à Paris VIII (il
écrit notamment un mémoire sur les images de synthèse).
En 1986, Bruno Podalydès réalise son premier film, Albert
Capon mécanicien, premier d'une série de courts
qui tourne finalement... court. Dèjà en première
ligne, son frère Denis tient le rôle principal. Alors
qu'il est appelé sous les drapeaux, Bruno intègre, sur
un coup de piston, la section "cinéma des armées",
où il exerce ses talents de metteur en scène au service
de documentaires vantant les mérites de l'armée française.
En sortant, il continue sur sa lancée en réalisant plusieurs
films institutionnels, avant de réaliser son premier court
métrage en 1992, Versailles Rive-Gauche. Tourné
dans son propre appartement versaillais, cet hommage aux Marx Brothers,
véritable manifeste de mécanique comique narrant la
délicate rencontre entre un séducteur maladroit et une
jolie ingénue, est projeté au Festival de Cannes, où
il rencontre un accueil triomphal. Suit une sortie en salle, laquelle
fera hurler de rire plusieurs centaines de milliers de spectateurs,
fait rare pour un court d'une trentaine de minutes.
Alors que l'on attend de pied ferme son premier film, c'est encore
avec un moyen métrage que Podalydès revient au cinéma,
deux ans plus tard. Dans Voilà, on retrouve le frère
Denis, seul avec son bébé pendant un pique-nique plein
d'inattendu. Le film sort également en salle, mais le succès
est moindre. Il faudra attendre 1997 et Dieu seul me voit
pour découvrir le premier long métrage de Bruno Podalydès.
Encore un film à multiples entrées (et qui se déroule
également à Versailles) dans lequel se croisent notamment
un homme indécis (Denis Podalydès, comme toujours) et
trois jolies femmes qui vont chambouler sa vie (dont la toujours pétillante
Isabelle Candelier).
Le
film suivant, Liberté-Oléron, prend à
nouveau pour héros le frère Denis, cette fois dans la
peau d'un père de famille trop ambitieux pour ses maigres ressources
financières. Une comédie maritime douce-amère
qui joue encore beaucoup sur les contrastes et sur une écriture
millimétrée. Tandis qu'il abandonne à contre-cœur
l'idée d'un Tintin au cinéma, Bruno Podalydès
trouve avec le personnage de Joseph Rouletabille le pendant idéal
au personnage de Hergé, et en confie le rôle à...
son frère. Son troisième film, Le mystère
de la chambre jaune, est très fidèle au roman de
Gaston Leroux.
D
e n i s P O D A L Y D È S
On le savait déjà, mais il est toujours bon de repréciser
les choses : Denis Podalydès n'est autre que le frère
cadet de Bruno Podalydès, réalisateur bien connu. Né
le 22 avril 1963 à Versailles, Denis suit son frangin Bruno dans
ses premiers délires d'enfance à base de spectacles de
marionnettes. A 10 ans, ils se mettent tous deux en scène dans
un show intitulé "Pignouf au royaume de Banga", puis,
au lycée, créent leur propre radio, Radio Poupoune, uniquement
dispo en cassette pour les copains ! Il s'amusent aussi à créer
des diaporamas aux titres aussi évocateurs que "Les potes
à Lydès" ou "Aix-Femmes"... Mais alors
que, à l'âge des choix de vie, Bruno s'oriente vers la
mise en scène, Denis lui, poursuit plutôt dans la veine
dramatique : en 1984, il suit la classe libre du Cours Florent, puis
entre au conservatoire dans la foulée, où il suit les
enseignements de Viviane Theophilides, de Michel Bouquet et de Jean-Pierre
Vincent.
Pendant les dix années qui suivront, Denis Podalydès se
dévouera énormément à la scène classique
en jouant notamment dans "Sophonisbe" de Corneille (mise en
scène Brigitte Jaques), "L'épreuve" et "Les
sincères" de Marivaux (mise en scène Jean-Pierre
Miquel), ou encore "La veuve" de Corneille, "Le misanthrope"
de Molière, "Bérénice" de Racine ou "Les
fausses confidences" de Marivaux, autant de pièces mises
en scène par Christian Rist. C'est à partir de 1990 que
le comédien se tourne vers le cinéma. Outre un petit rôle
dans Mayrig, saga familiale signée Henri Verneuil, il
se fait connaître en jouant le prétendant maladroit et
fou de Tintin dans la comédie Versailles-Rive Gauche,
réalisée par son frère et dont il devient l'interprète
fétiche. Un an plus tard, il sera le papa gâteau de son
moyen métrage Voilà, puis décrochera la
vedette de Dieu seul me voit, qui en fait une vedette. Mais
Denis Podalydès, outre les films de son frère, commence
vaillamment à imposer sa silhouette de tendre avorton et d'amoureux
timide dans les films des autres. Il alterne comédies et drames,
généralement dans des rôles secondaires, comme dans
Jeanne et le garçon formidable, où il compose
un mari idéal, adepte sans honte de la société
de consommation. Compressé sous les habits de l'écrivain
Sainte-Beuve dans Les enfants du siècle, il est un scénariste
galérien dans Les frèrès Sœur, dont
il partage la vedette avec José Garcia, puis redevient scénariste
en manque d'inspiration dans le prologue d'A l'attaque ! Inspecteur
taciturne dans Mortel transfert, gueule cassée de la
Grande Guerre dans La chambre des officiers, prétendant
veule à une chaire universitaire dans Candidature, scénariste
(encore !) Jean Aurenche dans la saga de Bertrand Tavernier, Laissez-passer,
père indigne et névrosé dans Liberté-Oléron
(de son frère) puis père indigne, névrosé,
et fauché dans le récent Embrassez qui vous voudrez, Denis
Podalydès compose avec la plus grande aisance tout un répertoire
de personnages un peu gauches, un peu veules, un peu lâches, mais
toujours emprunts d'humanité et de tendresse, à l'image
de son personnage de rescapé des camps vivant sur le souvenir
de sa femme dans Un monde presque paisible de Michel Deville.
Et c'est encore le cas aujourd'hui avec Une affaire qui roule,
où, de conseiller en management, il plaque tout pour devenir
écrivain. Un premier rôle pour un acteur qui a accumulé
les seconds, mais qui trouve toujours le haut de l'affiche sous la caméra
de son frère. C'est le cas actuellement puisque l'inséparable
duo tourne une version contemporaine du Mystère de la chambre
jaune, d'après le célèbre roman de Maurice
Leblanc.
'(Sources: cinemapassion.com)
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