)))  LE VOYEUR
        
de Michael POWELL                  

 

  • DOUBLE DVD
  • Thriller psychologique - 1960 - Grande-Bretagne - durée: 1h49 (+1h28) de bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 6 décembre 2006
    Édition Institut Lumière
  • Prix de vente conseillé : 24,99€

SYNOPSIS

Mark Lewis est caméraman. Garçon normal en apparence, il cache derrière son objectif le traumatisme d'une enfance au service des expérimentations de son père, un savant qui filmait ses réactions de terreur. Adulte, Mark ne se sépare plus de sa caméra et filme la mort en direct..

POINT DE VUE

Disponible uniquement dans le deuxième coffret Powell et Pressburger édité par l’Institut Lumière, Peeping Tom (Le Voyeur, 1960) fait l’objet de la même mise en valeur que les autres titres de la collection. Le film marque cependant une rupture avec le reste de l’œuvre des deux cinéastes, d’abord parce qu’il a été réalisé sans l’aide de Pressburger, mais surtout parce que son sujet subversif et son amoralité ont coûté cher à Powell.

En 1957, la collaboration de longue date entre Emeric Pressburger et Michael Powell prend fin avec une dernière œuvre commune, I’ll Met By Moonlight. Powell s’attèle alors seul à un nouveau film, Luna de miel (1959). En parallèle, le producteur Danny Angel lui suggère de rencontrer un personnage énigmatique, cryptographe pendant la guerre: Leo Marks. Powell confie dans ses mémoires : « Je ne le savais pas, mais ceci allait changer ma vie et ma carrière ». Marks lui propose une histoire d’espionnage, mais le cinéaste a déjà réalisé plusieurs films de guerre. Les deux hommes parlent ensuite de psychanalyse et s’accordent d’écrire un scénario sur Freud, mais John Huston les devance et ils doivent trouver un troisième sujet. Lors d’une autre rencontre, Marks lance enfin : «Monsieur Powell, que diriez-vous de faire un film sur un jeune homme qui tue les femmes qu’il filme avec sa caméra?». Il emploie également le terme «scoptophilie». Powell acquiesce et avance l’expression «Peeping Tom», qui signifie « voyeur ».

En quelques semaines, une version complète du scénario de Marks voit le jour et peut circuler dans le milieu. Il s’agit d’une histoire très sombre, où un jeune opérateur solitaire filme et tue des femmes, à l’aide d’une caméra équipée d’un couteau et d’un miroir déformant. Dans la lignée du M de Fritz Lang (M le maudit, 1931), Powell ne souhaite pas condamner son personnage, mais le montrer à la fois dans sa souffrance et dans sa folie. Une explication psychanalytique de son comportement meurtrier est néanmoins avancée, avec les expériences traumatisantes subies pendant son enfance. Le voyeur hérite du nom de Mark Lewis, en référence à Leo Marks qui se trouve être lui-même scoptophile.

Après avoir proposé le rôle de Mark à Laurence Harvey, qui a cédé à l’appel d’Hollywood comme Deborah Kerr quelques années plus tôt, Powell choisit le protagoniste de Sissi, Karl-Heinz Böhm (anglicisé en Carl Boehm), pour incarner le voyeur. Le réalisateur a le sentiment que Böhm remplira à merveille ses fonctions, avec son léger accent allemand et sa physionomie séduisante. Il engage aussi une jeune comédienne de théâtre prometteuse, Anna Massey, pour jouer Helen, la voisine de Mark. Nat Cohen, producteur du film, émet alors de sérieux doutes quant à ce duo improbable, mais Powell a le dernier mot. Pour compléter son casting, il confie surtout le rôle d’une victime à Moira Shearer (The Red Shoes, 1948 ; The Tales of Hoffmann, 1951), qu’il est très fier d’avoir convaincue. Il se réserve le personnage du père de Mark et emploie son propre fils, Columba Powell, pour jouer Mark enfant. Quant aux décors, beaucoup de séquences sont tournées chez Powell au 8, Melbury Road à Londres et au numéro 5 lui faisant face. Le réalisateur s’investit ainsi personnellement dans le film, entraînant avec lui sa propre famille.

À sa sortie en Grande-Bretagne, le film fait scandale et se voit retiré de l’affiche au bout d’une semaine. Les critiques s’en prennent violemment à l’œuvre et à son réalisateur, dénonçant des débordements sadiques et sexuels intolérables. Si certains n’oublient pas A Matter of Life and Death (Une question de vie ou de mort, 1946) et Black Narcissus (Le Narcisse noir, 1947), d’autres se souviennent de l’intrigue bizarre de A Canterbury Tale (1944), où des jeunes femmes reçoivent de la colle dans les cheveux, et tous condamnent ce nouveau film malsain et amoral. Bien entendu, cet échec n’est pas sans conséquence sur la carrière de Powell et la brise même complètement. Il faut attendre la redécouverte du film par des cinéastes comme Martin Scorsese pour que l’œuvre soit reconsidérée à sa juste valeur. Ainsi, elle devient plus tard une véritable référence pour de nombreux réalisateurs, tels que Brian de Palma (ou Garspar Noé, voir en bonus).

Désormais estampillé film «culte», Peeping Tom fait toujours forte impression, à la fois pour son propos dérangeant et sa maîtrise technique. Dès la séquence inaugurale, Powell ne donne pas au spectateur le recul de cadrages et d’un montage conventionnels, mais montre le crime d’une prostituée à travers l’objectif de la caméra de Mark. C’est-à-dire que l’on investit le regard de l’assassin lui-même et que l’on a l’impression de participer au meurtre. De plus, le comportement de Mark amène un double choc visuel : non seulement l’on assiste au déshabillage d’une prostituée, mais l’on devient complice de son impitoyable exécution. Les images où se mélangent la nudité et la violence, observées du point de vue du tueur, provoquent ainsi un certain malaise chez le spectateur. On retrouve la filiation directe de ce point de vue chez Brian de Palma. Loin de faire descendre la tension installée par cette première séquence, Powell enchaîne sur le travail secondaire de Mark comme photographe de vues érotiques. Chez le libraire d’abord, il critique la société puritaine britannique, en introduisant un vieil homme à l’allure respectable, venu acheter des photographies de nus. L’entrée d’une petite fille interrompt un instant sa négociation, puis il reprend et sort bien vite, sa précieuse acquisition sous le bras. Dans le studio à l’étage, Mark effectue ensuite les clichés de deux jeunes femmes en sous-vêtements. C’est d’ailleurs l’une d’elles que l’on entrevoit complètement nue un peu plus loin. Plus tard, deux autres séquences au moins ajoutent à la crudité du film : le deuxième meurtre de Mark d’abord, celui de la jeune doublure Vivian, interprétée par Moira Shearer, constitue une nouvelle montée d’angoisse impressionnante ; le suicide de Mark ensuite, montré de front et en intégralité, conclut le film sur une note de désespoir et de pessimisme.

Mais comme on l’a souligné, Powell décrit le comportement de son personnage autant dans la violence de l’acte criminel que dans le tourment de la solitude et du manque d’affection. Effectivement, conscient de l’horreur de ses agissements, Mark a moins le profil d’un aliéné que celui d’une victime d’expériences sordides. Aussi la naissance d’une relation amoureuse entre Mark et sa locataire Helen met-elle à jour toute sa souffrance. Face à la jeune femme, il n’apparaît désormais plus comme le bourreau confiant et inflexible, mais comme un homme fragile tentant de résister à ses démons. Helen fait ressortir le caractère doux et aimable de Mark, la détresse aussi de ne pouvoir échapper à la malédiction qui l’accable. Et lorsqu’elle brandit la caméra avec l’objectif tourné vers elle, il détourne vivement l’appareil en s’exclamant « Non, pas vous ! Elle ne vous verra jamais ! ». Puis, quand il la surprend dans son appartement en train de visionner ses films, il combat ses pulsions et lui ordonne de ne pas se montrer effrayée. Enfin, quand bien même il explique le fonctionnement de son engin de mort, pointant le poignard contre la gorge d’Helen et dressant le miroir déformant, il parvient à dévier l’arme et à abandonner la jeune femme. Finalement, grâce à cette intrigue amoureuse en parallèle, Powell réussit à rendre le meurtrier humain et attachant, allant plus loin encore que Fritz Lang avec M.

En conclusion, le travail de l’Institut Lumière sur cette édition, notamment avec les interventions de Bertrand Tavernier, de Gaspar Noé, et le documentaire Une psychose toute britannique, recontextualise bien l’œuvre et met en relief sa valeur et son impact. Après déjà sept films, il ne reste plus qu’à attendre avec confiance les prochaines livraisons de l’Institut Lumière.

Stéphane Tralongo

 







 










 


   
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Titre original
    : Peeping Tom
    Réalisation
    : Michael Powell
    Scénario: Leo Marks
    Directeur de la photographie: Otto Heller
    Compositeur: Brian Easdale

    Interprétation :
    Carl Boehm .... Mark Lewis
    Moira Shearer .... Vivian
    Anna Massey .... Helen Stephens
    Maxine Audley .... Mrs. Stephens
    Brenda Bruce .... Dora
    Esmond Knight .... Arthur Baden
    Martin Miller .... Dr. Rosan
    Michael Goodliffe .... Don Jarvis
    Jack Watson .... Chief Insp. Gregg
    Shirley Anne Field .... Diane Ashley

    & Michael Powell qui fait un caméo, dans le rôle du père de Mark et apparaissant dans le petit film familial que Mark Lewis montre à la jeune fille.


  •  LE DVD

    2 DVD 9 - PAL - Zone 2 - couleurs - simple couche
    Copie remasterisée et restaurée par StudioCanal en 2005
    Image & Son :
    Ecran: 16/9
    Format : 1:66
    Son: Mono

    Langue:
    Anglais
    Sous-titres: Français
    (optionnels)

  • BONUS  (1h28)

    LIVRET DE 48 PAGES
    Supplément remarquable de cette édition, le livret luxueux d’une cinquantaine de pages accompagne parfaitement la découverte (ou redécouverte) du film. Il est assorti de nombreuses photographies (photogrammes, photographies du tournage, affiche, etc.) et présenté dans une mise en page soignée. ST
    +

    DVD1 (6')
    * Présentation du film par Bertrand Tavernier

    Texte écrit par Natacha Thiéry, auteur d'une thèse de doctorat soutenue en 2003 à l'Université Paris III : “Photogénie du désir. Les films de Michael Powell et Emeric Pressburger : 1945-1950”, avec la collaboration de Bertrand Tavernier qui en assure la lecture. Natacha Thiéry est maître de conférences en Esthétique du cinéma à l'université de Metz. L'enregistrement a été réalisé en juillet 2006 à Paris, rue de Lyon.
    Durée : 6 mn, VO FRANÇAISE ET VOST ANGLAIS.
    Production : Sorties d'Usine Prod. © Institut Lumière, 2006.

    En introduction au film, Bertrand Tavernier lit une courte mais fort intéressante présentation rédigée par Natacha Thiéry (auteur d’une thèse de doctorat sur les films de Powell et Pressburger) et mise en images avec des photogrammes, des photographies du tournage et de nombreux autres documents ; elle se compose en cinq parties : «Psychanalyse », « Carl Boehm », « I am an eye », « Romantisme sulfureux » et «Reconnaissance tardive ». ST

    _______________________________

    * Bandes-annonces
    Présentation en version originale sous-titrée en français des bandes-annonces d'époque des titres édités dans la Collection Institut Lumière : Le Narcisse noir (1947), Les Chaussons rouges (1948), 49e parallèle (1941) et Le Voyeur (1960). Avec deux bandes-annonces 2007 réalisées par Sortie d'Usine Prod. et présentées en version originale sous-titrée en français : Je sais où je vais (1945) et A Canterbury Tale (1944).

    DVD2 (82')
    * Les audaces d'un aventurier par Bertrand Tavernier
    Entretien avec Bertrand Tavernier, réalisé en juillet 2006 à Paris, rue de Lyon. Le cinéaste décrit le travail de Michael Powell et les différents événements qui ont émaillé la réalisation puis la sortie du film.
    DURÉE : 6 MN, VO FRANÇAISE ET VOST ANGLAIS.
    Production : Sorties d'Usine Prod. © Institut Lumière, 2006.

    On retrouve Bertrand Tavernier dans une appréciation plus personnelle que dans la présentation et qui fait ressortir les grands défis du film. Il aborde en premier la genèse de l’œuvre, avec la rencontre entre Powell et Leo Marks. Puis il évoque l’influence de M de Fritz Lang (1931) et la volonté de Powell de ne pas juger le personnage du meurtrier, comme le réalisateur allemand. Il revient aussi sur l’échec du film et établit un parallèle avec Le Corbeau de Henri-Georges Clouzot (1943). ST

    _______________________________

    * Souvenirs de Michael (Episode 7) par Thelma Schoonmaker-Powell
    Cet entretien inédit, dont on trouve le complément dans les bonus des autres films de Michael Powell édités en DVD par l'Institut Lumière, a été tourné en France, en mai 2005. Thelma Schoonmaker, veuve du cinéaste, relate ses souvenirs personnels et cinématographiques. Elle évoque le rôle qu'a pu jouer Michael Powell dans son existence. Elle décrit un homme passionné par le cinéma et la vie.
    DURÉE : 9 MN, VO ANGLAISE ET VOST FRANÇAIS.
    Production : Sorties d'Usine Prod. © Institut Lumière, 2006.

    Dans cet extrait de l’entretien avec Thelma Schoonmaker-Powell, dont on trouve les précédents épisodes sur les différents films de la collection Institut Lumière, la veuve du cinéaste éclaire certains aspects du film. Elle explique d’abord que Powell et Pressburger ont toujours fait preuve d’audace dans leurs choix artistiques, au risque de désappointer le public et la critique. Mais elle montre bien ensuite le caractère optimiste de Powell, qui ne s’est pas appitoyé sur son sort lors de l’échec de Peeping Tom. ST

    _______________________________

    * A Very British Psycho/Une psychose toute britannique par Chris Rodley
    Dans ce documentaire, le réalisateur Chris Rodley, essaie de découvrir qui se cache derrière la personnalité complexe et énigmatique de Leo Marks, scénariste du Voyeur. Il livre en transparence une analyse du film et de la controverse qu'il suscita à sa sortie. Avec les témoignages de Leo Marks, Karl-Heinz Böhm, Pamela Green, Anna Massey.
    DURÉE : 51 MN, VO ANGLAISE ET VOST FRANÇAIS.
    Production : © Antelope Production, 1997.

    Ce documentaire réalisé par Christopher Rodley pour Channel Four fait intervenir, presque quarante années après la sortie du film, les différents protagonistes tels qu’Anna Massey, Karl-Heinz Böhm, Pamela Green et Columba Powell. On trouve même des extraits d’anciens entretiens avec Michael Powell. Des critiques contemporains reviennent également sur le rejet du film par leurs prédécesseurs. Surtout, le documentaire a le mérite d’élucider quelque peu le mystère qui entoure le scénariste Leo Marks ; l’homme témoigne ainsi de ses rapports avec Powell et de son activité au sein de l’organisation secrète SOE (Special Operations Executive). ST

    _______________________________

    * Mon film culte par Gaspar Noé
    Gaspar Noé est le réalisateur de Seul contre tous et Irréversible. Avec Les Yeux sans visage de Georges Franju, 2001 : l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick et Videodrome de David Cronenberg, Le Voyeur est son film de chevet.
    DURÉE : 14 MN, VO FRANÇAISE ET VOST ANGLAIS.
    Production : Sorties d'Usine Prod. © Institut Lumière, 2006.

    Le réalisateur Gaspar Noé (Seul contre tous, 1998) parle de Peeping Tom comme de l’un de ses films préférés. Il reconnaît en premier l’influence de l’œuvre sur le cinéma italien de Dario Argento et Mario Bava, ainsi que sur celui de Brian De Palma. Il évoque ensuite la violence des images et fait référence aux Yeux sans visage de Georges Franju (1960) et à Videodrome de David Cronenberg (1983). ST ST

    * L'Affiche du Voyeur par Gaspar Noé
    DURÉE : 2 MN, VO FRANÇAIS ET VOST ANGLAIS.
    Production : Sorties d'Usine Prod. © Institut Lumière, 2006
    Ce second supplément faisant intervenir Gaspar Noé présente brièvement quelques unes des affiches de Peeping Tom. Le cinéaste avoue collectionner lui-même les affiches de ses films fétiches. ST
FILMO MICHAEL POWELL (1905-1990) & EMERIC PRESSBURGER (1902-1988)

Cette filmographie a été établie par Ian Christie du British Film Institute (Londres).
------------------------------------------------------------------------
LES FILMS ÉCRITS, PRODUITS ET RÉALISÉS
PAR MICHAEL POWELL & EMERIC PRESSBURGER

1942
Un de nos avions n’est pas rentré (One of Our Aircraft Is Missing)
1943
P.H. contre gestapo (The Silver Fleet)
Colonel Blimp (The Life and Death of Colonel Blimp)
The Volunteer
1944
A Canterbury Tale
1945
Je sais où je vais (I Know Where I’m Going)
1946
Une question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death)
1947
Le Narcisse noir (Black Narcissus)
The End of the River
1948
Les Chaussons rouges (The Red Shoes)
1949
The Small Back Room
1950
La Renarde (Gone to Earth)
The Elusive Pimpernel
1951
Les Contes d’Hoffmann (The Tales of Hoffmann)
1955
Oh ! Rosalinda (Oh Rosalinda ! !)
1956
La Bataille du Rio de la Plata (The Battle of the River Plate)
Intelligence service (Ill Met By Moonlight)
1966
They’re a Weird Mob
1972
The Boy Who Turned Yellow
------------------------------------------------------------------------
LES FILMS RÉALISÉS PAR MICHAEL POWELL
D’APRES UN SCENARIO D’EMERIC PRESSBURGER

1939
L’Espion noir (The Spy in Black)
1940
Espionne à bord (Contraband)
1941
49ème parallèle (49th Parallel)
------------------------------------------------------------------------
LES FILMS RÉALISÉS PAR MICHAEL POWELL
SANS EMERIC PRESSBURGER

1931
Two Crowded Hours
My Friend the King
Rynox
The Rasp
The Star Reporter
1932
Hotel Splendide
C.O.D.
His Lordship
Born Lucky
1933
Perfect Understanding
The Fire Raisers
1934
The Night of the Party
Red Ensign
Something Always Happens
The Girl in the Crowd
The Love Test
1935
Lazybones
The Phantom Light
The Price of a Song
Someday
1936
Her Last Affaire
The Brown Wallet
Crown vs. Stevens
The Man Behind the Mask
1937
A l’angle du monde (the Edge of the World)
1939
Le Lion a des ailes (The Lion Has Wings)
1940
Le Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad)
1941
An Airman’s Letter to His Mother
1955
The Sorcerer’s Apprentice
1959
Lune de miel (Luna de Miel)
1960
Le Voyeur (Peeping Tom)
1961
The Queen’s Guards
1963
Never Turn Your Back on a Friend (Espionage series)
1964
A Free Agent (Espionage series)
Bluebeard’s Castle
1965
The Sworn Twelve (Téléfilm pour The Defenders series)
A 39846 (Téléfilm pour The Nurses series)
1967
Sebastian
1969
Age of Consent
1978
Return to the Edge of the World
1983
Pavlova - A Woman for All Time


(Pressburger & Powell)

L I R E   É G A L E M E N T   D E S  M Ê M E S   A U T E U R S
 

      
                                                           °°°°°