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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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FROM INDIA WITH LOVE Sublime exotisme de bazar et leçon de maîtrise du langage cinématographique, ce Narcisse noir n’en finit pas de fasciner les cinéphiles du monde entier. Le temps passant, une étrange aporie s’est même constituée au coeur de ce film. Aporie qui ne cesse d’éprouver les limites esthétiques du projet tel qu’il a pu être à l’époque réalisé (ce que l’artistique véhicule volontairement, et ce qu’il produit malgré lui en vieillissant). En effet, comment Powell et Pressburger s’y sont pris pour reconstituer ce petit coin de l’Inde dans leurs studios anglais ? Mais surtout : Comment un tel soucis maniaque du détail ainsi qu’un regard parfois paresseux sur la civilisation indienne parviennent à fusionner pour engendrer un univers aussi singulier ? En poussant cette singularité à son paroxysme, nous pourrions dire que Le narcisse noir raconte l’histoire d’un groupe de personnages tri-dimensionnels, humains (trop humains), profonds, pénétrables, enfermés dans un tragique et hermétique univers de cartes postales. La fausse profondeur des décors appuie ainsi un projet de mise en scène plus qu’ambitieux : figurer le Vertige Des Sens. Expurger les passions sur la scène. Théâtre à l’ancienne donc, mais avec des moyens cinématographiques sans cesse renouvelés (et dieu sait à quel point depuis Les chaussons rouges le duo Powell/Pressburger est capable de crever les fonds de scène). LA MONTAGNE SACRÉE Non seulement lieu de confluence de toutes les forces passionnelles, lieu d’explosion des frustrations repoussées sous la soutane, le sommet de cette montagne est aussi le lieu de rencontre du grandiloquent et du dérisoire. Incarnation de cette figure : Monsieur Dean, colon anglais cible de tout les désirs féminins et de toutes les folies, mais aussi ridicule petit homme trimballant son grand corps et son cynisme à dos de poney. Luttes mesquines de pouvoir entre les sœurs, amours désuets fantasmés, tout concorde à replacer les banals enjeux humains au cœur d’une nature souveraine. À la surface, jamais très loin des enjeux philosophiques du cinéma d’un Terrence Malick (mais plongés dans une forme radicalement autre), Le narcisse noir rappelle à quel point la nature travaille autour de nous, mais surtout en nous. 47, ANNÉE ÉROTIQUE Pulsions affectives destructrices, forces de la nature déchaînées, Le narcisse noir serait ainsi ce mélodrame d’un genre nouveau puisque teinté d’un érotisme aussi puissant que discret (puisque très porté sur les jeux de regards). Les nonnes ne pouvant pas être moralement à l’époque sexualisées à l’écran, l’érotisme est ainsi reporté sur le personnage de la jeune indienne vagabonde pour quelques scènes de séduction par la gestuelle (à la destination du jeune prince indien) aussi furtives que d’une déconcertante pure beauté. Aux nonnes de se contenter du désir sous la forme du fantasme et du souvenir de l’être autrefois aimé. Pourtant, l’objectif ne trompe pas, il s’agit bien au fond de ramener à la surface le background existentiel refoulé, de confronter les sœurs à la femme vivant en elles sous l’uniforme. Cette dualité finit par prendre la forme d’une lutte entre deux sœurs : la malade et fiévreuse Sœur Ruth, figure de l’excès, et Sœur Clodagh, figure de l’ordre en apparence, mais profondément partagée en substance. Chez Powell comme chez Kazan, l’excès de vie finit toujours par prendre le dessus sur la léthargie liée à toute organisation sociale. Chez Powell comme chez Kazan, les personnages ont toujours quelque chose à nous apprendre sur nous-mêmes. Ah bon ? Et c’est "ça" ta conclusion ? Bahhh tout compte fait, ma conclusion ce n’est jamais que tout un tas de nouvelles questions : - Qu’est-ce que ce film a à m’apprendre sur moi-même ? - Qu’est-ce que je fais devant cet écran d’ordinateur au lieu de tout simplement vivre mon excès de vie ? - Et si ce Narcisse noir était l’un des 10 films que j’emmènerais sur une île déserte ? Fabien Thévenot |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| FILMO MICHAEL POWELL (1905-1990) & EMERIC PRESSBURGER (1902-1988) | ||||
| Cette filmographie a été établie par Ian Christie du British Film Institute (Londres). ------------------------------------------------------------------------ LES FILMS ÉCRITS, PRODUITS ET RÉALISÉS PAR MICHAEL POWELL & EMERIC PRESSBURGER 1942 Un de nos avions n’est pas rentré (One of Our Aircraft Is Missing) 1943 P.H. contre gestapo (The Silver Fleet) Colonel Blimp (The Life and Death of Colonel Blimp) The Volunteer 1944 A Canterbury Tale 1945 Je sais où je vais (I Know Where I’m Going) 1946 Une question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death) 1947 Le Narcisse noir (Black Narcissus) The End of the River 1948 Les Chaussons rouges (The Red Shoes) 1949 The Small Back Room 1950 La Renarde (Gone to Earth) The Elusive Pimpernel 1951 Les Contes d’Hoffmann (The Tales of Hoffmann) 1955 Oh ! Rosalinda (Oh Rosalinda ! !) 1956 La Bataille du Rio de la Plata (The Battle of the River Plate) Intelligence service (Ill Met By Moonlight) 1966 They’re a Weird Mob 1972 The Boy Who Turned Yellow ------------------------------------------------------------------------ LES FILMS RÉALISÉS PAR MICHAEL POWELL D’APRES UN SCENARIO D’EMERIC PRESSBURGER 1939 L’Espion noir (The Spy in Black) 1940 Espionne à bord (Contraband) 1941 49ème parallèle (49th Parallel) ------------------------------------------------------------------------ LES FILMS RÉALISÉS PAR MICHAEL POWELL SANS EMERIC PRESSBURGER 1931 Two Crowded Hours My Friend the King Rynox The Rasp The Star Reporter 1932 Hotel Splendide C.O.D. His Lordship Born Lucky 1933 Perfect Understanding The Fire Raisers 1934 The Night of the Party Red Ensign Something Always Happens The Girl in the Crowd The Love Test 1935 Lazybones The Phantom Light The Price of a Song Someday 1936 Her Last Affaire The Brown Wallet Crown vs. Stevens The Man Behind the Mask 1937 A l’angle du monde (the Edge of the World) 1939 Le Lion a des ailes (The Lion Has Wings) 1940 Le Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad) 1941 An Airman’s Letter to His Mother 1955 The Sorcerer’s Apprentice 1959 Lune de miel (Luna de Miel) 1960 Le Voyeur (Peeping Tom) 1961 The Queen’s Guards 1963 Never Turn Your Back on a Friend (Espionage series) 1964 A Free Agent (Espionage series) Bluebeard’s Castle 1965 The Sworn Twelve (Téléfilm pour The Defenders series) A 39846 (Téléfilm pour The Nurses series) 1967 Sebastian 1969 Age of Consent 1978 Return to the Edge of the World 1983 Pavlova - A Woman for All Time ![]() (Pressburger & Powell) |
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