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SYNOPSIS | ||||
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| POINT DE VUE |
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Saturday
Night and Sunday Morning appartient au courant britannique des
années 60 nommé «Free
Cinéma» qui est comparé à la nouvelle
vague française. Ce mouvement s’en distingue cependant
par un plus grand engagement sur le fond (social, politique) que sur
la recherche formelle et narrative comme pour les premiers films de
Jean-Luc Godard. Le dénominateur commun avec la nouvelle vague
est l’affranchissement des contraintes cinématographiques
ayant court à l’époque. Le mouvement a eu des défenseurs
illustres comme le réalisateur/ critique Jonas Mekas, figure
du mouvement underground américain, qui l’évoque
en ces termes : « Bien que parfois encore trop liés
au théâtre et non totalement exempts de clichés,
les films du free cinema ont conduit au rajeunissement du cinéma
commercial britannique et creusé "un large fossé
entre l'ancien et le nouveau". » Un goût de miel (A Taste of Honey) de Lindsay Anderson, Les Chemins de la haute ville (Room at the Top) de Jack Clayton, La Solitude du coureur de fond (The Loneliness of the Long Distance Runner) de Tony Richardson sont autant d’œuvres fortes qui ont marqué le mouvement (appelé aussi réalisme social) au même titre que Samedi soir et dimanche matin (Saturday Night and Sunday Morning) de Karel Reisz. Dans ce film à la photographie noir et blanc magnifique et un style de mise en scène parfois proche du documentaire, Reisz dresse, avec une véracité poignante, le portrait de la classe ouvrière britannique d’une époque révolue. En focalisant sa caméra sur le personnage principal interprété par Albert Finney (Voyage à deux, Wolfen, Big Fish) ici dans son premier rôle marquant, le réalisateur nous invite à suivre le quotidien d’un jeune ouvrier rebelle qui ne vit que pour profiter de son temps libre le week-end, traînant le samedi soir dans les Pubs (où il va finalement rencontrer l’amour) et passant le dimanche matin dans le lit de la femme d’un de ses collèges de travail avec laquelle il entretien une relation. Au moment où il rencontre une autre jeune femme qui lui fait oublier cette relation adultérine, cette dernière lui revient au visage comme un uppercut quand il apprend que la femme mariée est enceinte de lui. Le mari ne tarde pas à découvrir la vérité et se venge en lui infligeant une sévère correction. Dans le film de Reisz, comme dans le roman de Alan Sillitoe dont il est l’adaptation, le jeune ouvrier ambitionne de sortir de sa condition, contrairement aux autres personnages qui sont résignés à subir cette mécanique capitaliste qui broie et emprisonne l’être humain dans une routine implacable. À l’image de la description cruelle de la vie des parents du jeune ouvrier, ceux-ci n’ayant comme unique moyen d’évasion que la télévision, qui pour le personnage de Finney, représente tout sauf la vie. Ce que montre magnifiquement le réalisateur avec son film, c’est cet enfermement que ressent le personnage et le sentiment qu’une autre vie, celle qu’il désire pour lui et pour celle qu’il aime, n’est pas (et ne sera jamais ?) pour lui. Une scène emblématique illustre magnifiquement ce propos : le jeune homme et sa petite amie sont assis sur une colline qui surplombe un luxueux lotissement nouvellement construit tel deux étrangers se tenant à la frontière d’un autre monde. Image tragique d’un rêve à la fois proche et inaccessible. En conclusion, s’il y a un cinéaste à rapprocher de Karel Reisz, c’est John Ford avec notamment The Quiet Man (l’homme tranquille). Même sobriété et rigueur ici de la mise en scène dans la description des pubs, des usines et des ruelles pauvres d’angleterre. Un style d’approche réaliste qui a fait école par la suite chez des cinéastes aussi importants que Ken Loach ou Mike Leigh dont le cinéma est construit sur l’héritage de cette nouvelle vague britannique, c’est dire l’importance d’un film comme Samedi soir et dimanche matin. Thierry Carteret |
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| FICHE TECHNIQUE | |||||
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