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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | |||||
| Réalisé
en 1958, mais sorti seulement en 1961, Paris nous appartient
est le premier long métrage de Jacques Rivette. Un premier long
qui est peut-être le moins connu de tous les premiers opus des
« jeunes turcs ». Sorti après Le beau serge, Les 400 coups et À bout de souffle, Paris nous appartient, contrairement aux trois premiers films cités, n’a obtenu aucun succès en salle. Il faut dire qu’il n’est sorti que grâce aux succès des premiers films de Chabrol, de Truffaut et de Godard, et que ce film méconnu n’a ni la grâce, ni la force des films ultérieurs de Rivette, même s’il cherchait comme les autres, à transformer en profondeur les rouages du cinéma traditionnel. Alors que Rivette est encore critique aux cahiers du cinéma lorsqu’il réalise Paris nous appartient, tout son cinéma est déjà dans ce film. Sa manière si particulière d’appréhender l’espace, les lieux, le temps. Bien replacé dans son contexte (le film a été tourné en 58, à la fin d’une décennie où – disons le – il n’y a eu que 3 ou 4 bons films français par an), ce film de près de 2 heures 30 peut même paraître tout autant impressionnant que le premier Godard, que le premier Rohmer, que le premier Resnais, ou que le premier Truffaut. Modernisme des postures et du phrasé des acteurs. Décors réels – les chambres de bonnes, si chères à la Nouvelle Vague, les terrasses de cafés –. Intrigues d’un genre nouveau loin de tout classicisme (ici quelques intrigues amoureuses se mêlent à une intrigue principale délibérément obscure). Découpage ultramoderne avec des scènes qui n’hésitent pas à traîner en longueur. Tout concourt à composer un univers qui tranche radicalement avec la production courante de l’époque et qui est alors totalement inédit pour le spectateur. Mais l’intrigue, délibérément confuse et totalement sans intérêt (n’hésitons pas à dire qu’on finit par ne plus rien comprendre à rien dans cette histoire abracadabrante de complot et de fin du monde), ne parvient pas ici à trouver un substitut. Le film ne possède pas le côté ludique d’Out 1 ou du Pont du Nord, n’a pas la plastique de La religieuse ou La Belle Noiseuse, et n’a pas la force dramatique de l’Amour Fou. Ce n’est donc pas cette manière nouvelle de raconter une histoire au cinéma (ou de ne pas en raconter, justement) qui retient le plus l’intention ici. Paris nous appartient pourrait être la devise de la Nouvelle Vague, tant celle-ci s’est laissée séduire par le fait de filmer la capitale et par la possibilité d’utiliser ses rues et son âme comme le plus merveilleux palliatif au studio. C’est sous cet angle-là certainement qu’il faut voir ce film aujourd’hui, en ne perdant pas de vue l’idée que la Nouvelle Vague c’est avant tout l’histoire d’une bande de jeunes cinéastes qui s’est laissé envoûter par sa ville. Julien Pichené |
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| FICHE TECHNIQUE | |||||
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| NOTES DE PRODUCTION | |||||
| À l’instar de Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Eric Rohmer et François Truffaut, Jacques Rivette fut d’abord critique aux Cahiers du cinéma dont il est le rédacteur en chef de juin 1963 à avril 1965. Assistant stagiaire auprès de Jean Renoir et Jacques Becker, il réalise en 1956 un court métrage de trente minutes, tourné dans l’appartement de Claude Chabrol, Le Coup du berger. «L'exemple du Coup du berger me décida à tourner Les Mistons, dira Truffaut, puis Claude Chabrol à tenter l'aventure du grand film avec Le Beau Serge. (...) C'était parti ». En 1958, il est donc, avec Claude Chabrol, l’un des premiers à se lancer dans la production d’un long métrage. Mais c’est seulement après le succès commercial des 400 coupsde François Truffaut (1959), d’Hiroshima mon amourde Resnais (1959) et A bout de soufflede Jean-Luc Godard (1960) que le premier film de Rivette, Paris nous appartientvoit le jour. «Dès juillet 1958, le problème de J. Rivette fut de chercher tous les dimanches un peu d'argent pour reprendre le travail le lundi. Et quel travail! Un film fleuve comprenant trente personnages, trente lieux de tournage, des scènes de nuit, d'aube, tout cela sans secrétariat, sans régie, sans voiture, sans "frais divers" et en période de vacances! » explique Truffaut. Paris nous appartient ne sort dans les salles qu'en 1961. |
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![]() Suzanne Schiffman, Jacques Rivette et l'interprète Giani Esposito sur le tournage de Paris nous appartient °°°°° |
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