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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | |||||
| Avant
de mettre en scène son deuxième film, La Septième
victime, Mark Robson hantait déjà les studios de la
RKO depuis quelques années à divers postes artistiques –
entre autres celui d’assistant-monteur sur deux chefs d’œuvre
incontestables : Citizen Kane et La Splendeur des Amberson
d’Orson Welles, ainsi que celui de monteur en chef dans le registre
plus décrié du fantastique grâce aux productions de
Val Lewton désormais cultes telles que Vaudou, L’Homme-léopard
et surtout La
Féline. Il n’y avait sans doute pas meilleure école
que les studios de la R.K.O., qui avaient produit ces films, pour apprendre
l’art du montage à l’orée des années
quarante, entre Welles qui refaisait ses films sur la table de montage
en triturant dramaturgiquement la narration classique et les séries
B fantastiques et atmosphériques pensées par Val Lewton,
dans lesquelles les réalisateurs devaient faire naître la
peur en faisant oublier les restrictions économiques afférentes
au genre. Des traces évidentes de ces deux inspirations divergentes transparaissent dans La Septième victime et c’est d’ailleurs là son intérêt majeur et son originalité, déjà à l’époque. Au début du film, nous baignons dans le film noir classique : Jacqueline, une femme d’affaires, disparaît subitement en laissant derrière elle sans nouvelles une jeune sœur, Mary qui réside dans un pensionnat catholique sordide perdu dans la campagne. L’administration n’hésite pas à l’expulser dès qu’un semestre de cours n’est plus versé. Mary décide alors de partir pour New York afin de retrouver la piste de sa sœur -seule famille vivante au monde et tombe sur une secte démoniaque, les palladistes, qui pour des raisons troubles pourchassent Jacqueline. Mais quelle est leur visée globale ? L’ordre institué du monde est-il en péril ? Le film refuse de nous le dévoiler et oublie même cette piste ! Car nous sommes bien loin de vouloir convoquer ici un cousinage avec Rosemary’s Baby réalisé 25 ans plus tard par Roman Polanski, comme le suggère Serge Bromberg qui introduit chacun des films de la série RKO. Nous préférons y voir une simple fable moderne et initiatique. Dans Rosemary’s Baby, la secte sataniste donnait un visage humain à la paranoïa que Polanski avait su percevoir dans l’Amérique qu’il découvrait depuis son départ d’Europe, qui présageait notamment le Vietnam. Ici, tout repose sur une narration heurtée, qui ne présente que des à-coups inhabituels et le sujet secondaire. Ainsi on reproche souvent son intrigue confuse à La Septième victime, qui n’avait pas initialement été conçu par la RKO comme une série B de 70 minutes mais comme une série A de 90 minutes au budget cossu, avec des acteurs de premier plan et quatre longues scènes spectaculaires ; ces dernières ne furent pas tournées, suite à l’insistance de Val Lewton de confier ce film à Mark Robson - que les dirigeants de la RKO considéraient comme trop jeune et inexpérimenté. Détail intéressant, ces coupes budgétaires obligèrent à transformer ce film noir en œuvre fantastique, tant Lewton y a appris à remplir l’espace de vide, à faire peur en montrant l’obscurité – rien, en fait ! Cette oscillation d’un genre à l’autre, d’une histoire à l’autre est semble-t-il là pour créer une confusion que Mark Robson espère voir se communiquer intimement aux spectateurs. C’est sans doute vrai du spectateur de l’époque, habitué à une narration cinématographique plus encadrée, mais qu’en est-il aujourd’hui ? La complexité ressentie à l’époque peut apparaître de nos jours comme un simple désordre… Dans La Septième victime, le véritable noyau de sens réside dans le parcours physique du personnage de Mary, interprété par la jeune actrice débutante Kim Hunter, qui vient d’un pensionnat catholique où règnent l’ordre, la lumière et l’aseptie pour plonger littéralement dans le monde du Malin, une ville tentaculaire, ténébreuse et labyrinthique : New York. Mais aussitôt arrivée, son corps se métamorphose, elle devient un être sexué convoité par les hommes qui l’entourent et elle réalise que presque toutes les personnes qui l’entourent sont des adorateurs de Satan. Cependant, elle se fait enfin des amis et trouvera un mari. Ses quelques jours de quête donnent l’impression d’avoir été des années, durant lesquelles elle a enfin goûté à la vie… Paradoxalement, plus elle se confronte au Mal et plus elle prend vie : très prosaïquement, son visage prend un éclat qui n’existait pas au début et nous sommes en droit de relativiser les notions traditionnelles de Bien et de Mal. D’ailleurs, le lieu de rendez-vous des palladistes n’est-il pas un institut de beauté (sic) qui s’appelle « La Sagesse » (re-sic), et en français dans le film ! Comme tous les contes, La Septième victime tente de nous faire accepter l’imbrication du Bien et du Mal dans la vie, en mêlant les niveaux de narration dans un subtil jeu sur les gris qui naît d’un mélange constant des ombres et des lumières (une marque de fabrique des productions Val Lewton), … Artistiquement parlant, il en est de même dans ce film de Mark Robson : un panachage du bon et du mauvais du point de vue d’un spectateur qui, entre temps, a vu nombre de films qui reprenaient un discours identique. Aussi, tâchez de retrouver une virginité cinématographique avant de vous laisser engloutir et être la huitième victime de La Septième victime. Nachiketas Wignesan |
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| FICHE TECHNIQUE | |||||
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