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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Pénélope
Cruz raconte(1) que le jour où elle a
débarquée pour la première fois aux États-Unis,
elle ne s’est pas retrouvée seule dans un hotel comme c’est
le cas pour la plupart des primo arrivants mais a été
accueillie par Salma Hayek. Les deux jeunes femmes se connaissent aujourd’hui
depuis 8 ans(2) et ont de toute évidence
de nombreuses parentés. En dehors d’être toutes deux
des agitatrices de testostérone masculine, elles ont en commun
une même énergie hispanique, l’une étant originaire
du Mexique et l’autre d’Espagne. Curieusement, ces deux bombas latino ne s’étaient encore jamais croisées sur un écran et à l’évidence c’est cette rencontre inédite et la force de leur complicité qui apportent à Bandidas toute sa fraîcheur. Car l'intrigue n'est pas des plus palpitantes: une succession de braquages féminins toujours plus rocambolesques sur fond de vengeance et de jeu de séduction. Le film est traité sur le ton du comique et mêle inspiration BD façon Lucky Luke (l'original de Morris bien sûr !) et son malicieux cheval, Jolly Jumper et imagerie clinquante et séduisante à la Wild Wide West (de Barry Sonnenfeld -1999). Bandidas a tout du scénario classique de "buddy movie", ce genre très prolifique qui met face à face deux personnages très différents; ici le film joue sur le contraste social qui oppose les deux brunettes, Sara Sandoval, l'aristocrate et Maria Alvarez, la paysanne. L'une hautaine et précieuse, l'autre rustre et revêche mais toutes deux formant les deux faces d'une même pièce mexicaine, celle qui va tomber dans la poche de Tyler Jackson, le représentant de la New York Bank and Trust chargé d'imposer le passage du chemin de fer américain en annexant au passage les terres des paysans et aux dépens des pouvoirs en place. Formées par le seul vrai cow-boy de ce film - le majestueux Sam Shepard - les deux novices du braquage de banque vont rapidement devenir les nouvelles Calamity Jane du pays. Habiles du revolver autant que du couteau, l'arme dont elles ont la préférence reste leur charme frippon et ses atours avantageux. Elles aiment à jouer de leur regard de velours et de leur cambrure polissonne. Et c'est même pour une torride leçon de baiser que ce film restera sans doute dans les annales de ce qu'on pourrait appeler le "western sexy". Laurent Devanne (1) Ce que raconte Pénélope Cruz dans les bonus du DVD. (2) Ci-dessous, Salma Hayek raconte comment elles se sont rencontrées. |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| QUAND PÉNÉLOPE INTERVIEWE SALMA | ||||
| Quel
souvenir gardes-tu de notre première rencontre ? |
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| QUAND SALMA INTERVIEWE PÉNÉLOPE | ||||
| Te
rappelles-tu la première fois que nous avons parlé de ce
film ? Je m’en souviens très bien : cela faisait tellement longtemps que nous voulions tourner ensemble... J’avais profité d’un petit-déjeuner avec Luc Besson pendant le tournage de Fanfan pour lui proposer de produire un film dans lequel nous jouerions toutes les deux. Il avait adoré l’idée et m’avait dit qu’il nous enverrait un scénario dans les trois mois suivants ... et c’est exactement ce qu’il a fait ! Je me rappelle que tu étais très excitée par le projet quand je t’ai appelée pour t’annoncer la nouvelle et que nous étions encore plus excitées quand nous avons lu le scénario: dès la première ébauche, nous avons tout de suite vu qu’il y avait un film très drôle à faire ensemble! Il faut dire que cela faisait un moment que l’on attendait ça... Oui, je me rappelle encore le jour où tu es venue me chercher à l’aéroport de Los Angeles il y a huit ans... Tu as été adorable avec moi : je ne connaissais pas grand monde à L.A. à l’époque et c’était formidable de t’avoir comme amie alors que ma famille et mes proches étaient si loin. Tu avais déjà travaillé avec Luc Besson : qu’a-t-il mis de toi dans le personnage de Maria ? Je dirais la fougue du personnage, son fort caractère, ce qui ne veut pas dire qu’il m’ait déjà vue en colère! Je crois que Luc me connaît bien, il y a forcément des points communs entre Maria et moi, mais je ne me pose jamais la question en ces termes au moment de jouer un personnage : je crois qu’il s’agit plutôt de comprendre ses motivations. Quels étaient tes westerns préférés avant de faire le film? Tous ceux réalisés par Sergio Leone, et une partie des Clint Eastwood. En tant que femme, je suis particulièrement attachée à Viva Maria: c’est l’un des rares westerns tournés pour des femmes et Jeanne Moreau et Brigitte Bardot y sont incroyables ! Quel est ton pire souvenir de notre entraînement? Je dirais certaines scènes tournées avec les chevaux même si je sais bien monter et que j’avais déjà fait des films d’époque. Mais il est arrivé qu’on nous demande de galoper à une allure très rapide, pour ne pas dire terrifiante. Je me rappelle notamment une grosse frayeur le dernier jour de tournage : nous avons pris de vrais risques sur ce tournage, nous avons fait la plupart de nos cascades nous-mêmes et c’est bien nous que les gens voient à l’écran! En parlant de risques, tu t’es bien défendue dans l’église ... C’était assez drôle de me battre avec toi pour le film mais dans la vie, je ne pense pas avoir un jour à en arriver aux mains. Je n’ai pas l’habitude de me battre, ce n’est pas ma façon de régler mes problèmes... Quelle est la scène que tu as pris le plus de plaisir à tourner? Toutes les scènes d’entraînement avec Sam (Shepard) : c’est un vrai lion ! Comme j’adore son travail en tant qu’acteur et scénariste, c’était génial de pouvoir passer du temps avec lui au beau milieu du désert, à lui demander de nous raconter sa vie. C’est quelqu’un d’une grande douceur et d’une intelligence particulièrement stimulante! Tu ne cites pas notre grande scène de baiser dans le saloon ? Evidemment, c’était une telle journée de fous rires! D’autant qu’à force de passer l’année à tourner avec Steve (Zahn), d’abord pour Sahara et ensuite Bandidas, j’ai fini par bien le connaître. C’est l’une des personnes les plus drôles que j’aie rencontrées, et un acteur doté d’une qualité comique incroyable, ce qui est vraiment difficile à trouver. En tant qu’ami, c’est quelqu’un de très intègre, de très fiable: il a de vraies valeurs. Tu viens de finir le nouveau film de Pedro Almodovar : c’est important pour toi de continuer à tourner en Espagne ? Très important, et pas seulement en Espagne mais dans toute l’Europe. Je veux pouvoir continuer à combiner ces tournages avec mon travail aux Etats-Unis, même si je ne crois pas qu’il y ait une vraie différence dans mon approche d’un rôle selon que je tourne un film à gros budget ou un film d’auteur. Par contre, je tiens à travailler avec des réalisateurs talentueux et l’Europe en est pleine ! Je ne vois pas pourquoi je devrais fermer la porte à certains films pour des questions de nationalité, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’apprends autant de langues. Cela me demande beaucoup d’efforts supplémentaires mais c’est ce que j’adore dans ce métier. |
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| INTERVIEW DES RÉALISATEURS | ||||
Comment avez-vous été amenés à réaliser ce premier film? Nous tournons des publicités en Europe et aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années. En France, nous sommes représentés par Dog Production, qui est une branche d’EuropaCorp, la société de Luc Besson. Il y a quatre ans, nous avons écrit avec Andreas Roenning un scénario intitulé The Lake(Le Lac), qui a atterri sur le bureau d’EuropaCorp. Nous étions sur le point d’en lancer la production quand Luc nous a appelés pour nous annoncer une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise était que The Lakene se ferait finalement pas ; la bonne, qu’il avait un autre projet pour nous : Bandidas, avec Salma Hayek et Penélope Cruz. Seul problème: il nous fallait convaincre les filles en tournant une vidéo de présentation dans laquelle nous devions nous mettre en scène. C’est probablement la pire chose que Luc ait pu nous demander ! Nous ne nous étions plus retrouvés devant la caméra depuis que nous avions 14 ans... Heureusement, au même moment, nous réalisions une publicité près de San Francisco et nous avons pu réunir une petite équipe pour tourner cette vidéo pendant la pause déjeuner. Nous avons choisi un passage du script de Bandidas– le moment où les filles prennent des cours pour devenir braqueuses – et nous l’avons détourné, en mimant une série d’exercices destinés à devenir réalisateurs de Bandidas. Par chance, Salma et Penélope ont trouvé cela drôle, et nous avons eu le boulot ! Etiez-vous particulièrement excités à l’idée de réaliser un film de genre pour vos débuts ? Trois fois oui ! La seule chose qui nous rendait nerveux était le mélange du genre avec la comédie. Nous n’étions pas sûrs d’avoir vu un seul bon western dans ce style, en dehors de quelques vieux Bud Spencer & Terrence Hill quand nous étions enfants. Mais le scénario était sensass et en apprenant à connaître Salma et Penélope, nous avons découvert qu’elles avaient un vrai sens de l’humour. Nous espérons d’ailleurs avoir réussi à le restituer à l’écran. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans la réalisation d’un long métrage ? La complexité du processus de montage. Dans la pub, 45 secondes, c’est déjà long. Alors tirer un film de 90 minutes à partir de 120 heures de pellicules, cela faisait une vraie différence! Heureusement, Luc Besson était là pour nous guider. Travailler dans la publicité a dû beaucoup vous apprendre par ailleurs ? Enormément, c’est même la meilleure école de réalisation que l’on puisse imaginer. On y apprend comment raconter une histoire de manière efficace, puisqu’on a peu de temps et peu de plans pour le faire. On y apprend à gérer de gros décors et des scènes d’action complexes. On a constamment à notre disposition le meilleur et le plus récent des matériels, ce qui oblige à être en phase avec les progrès techniques. Et l’on y travaille avec les meilleures équipes du monde. Avez-vous toujours travaillé ensemble ? Comment vous partagez-vous les tâches ? Nous avons grandi dans une petite ville au sud d’Oslo, en Norvège, à Sandefjord. Dès l’âge de 12 ans, nous avons commencé à tourner des petits films avec le caméscope du père de Joachim: réaliser en duo est donc une chose très naturelle pour nous. Espen s’occupe de la direction d’acteurs et Joachim de tout ce qui est visuel, mais nous discutons ensemble de chaque plan avant de le tourner. Vous avez dû faire des jaloux en dirigeant un duo d’actrices aussi sexy ? C’est vrai, on a eu beaucoup de chance: Salma et Penélope sont d’excellentes actrices et deux femmes particulièrement drôles et agréables... sans parler de leur allure sexy! Nous leur serons toujours très reconnaissants de nous avoir permis de travailler sur un tel projet. L’équipe technique était constituée de fidèles de Luc Besson, habitués à travailler ensemble : cela vous a-t-il particulièrement aidés ? Oui beaucoup. C’était une vraie chance pour nous que Luc ait réuni une telle équipe et qu’il nous ait fait entrer dans la famille. Chaque jour, Olivier Beriot nous émerveillait avec ses costumes, et chaque jour, les décors d’Hugues Tissandier nous plongeaient dans le Mexique de 1888. Et puis il y avait le génial Thierry Arbogast. C’est extraordinaire de le voir travailler la lumière avec autant d’instinct, c’est vraiment le meilleur directeur photo avec lequel nous ayons collaboré. Ce n’est pas une offense pour tous les autres: simplement, Thierry n’est pas de ce monde! Pourquoi avez-vous choisi de filmer la scène de fusillade finale au ralenti ? Bien que le film se passe en 1888, nous voulions qu’une scène au moins bénéficie d’un montage moderne, pour montrer que nous étions capables de maîtriser les effets spéciaux et de réaliser quelque chose d’inédit. Nous avons donc essayé de filmer la fusillade finale en lui donnant l’apparence d’une prise unique. L’idée était de réaliser un mouvement circulaire, caméra à l’épaule, dans un environnement extrêmement ralenti, qui permet de voir voler les couteaux et les balles filer. C’est la petite touche moderne que nous avons apportée aux fusillades telles qu’elles sont habituellement filmées dans les westerns classiques. Nous avons réalisé cet effet en filmant d’abord les acteurs en 300 images par seconde, avec une conséquence directe : pas question de faire appel aux cascadeurs malgré les chutes et les explosions, puisqu’à cette vitesse, on distingue très clairement les visages. Les acteurs ont donc tous relevé le défi et ils s’en sont tirés comme des chefs ! Nous avons ensuite tourné “à vide” et caméra à l’épaule, en calculant où et quand l’action prendrait place, avant d’assembler le tout chez MacGuff à Paris, qui a fait un boulot incroyable. Quels sont vos projets ? Nous vivons notre “lune de miel” du long métrage: tout est possible ! |
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| FEMMES ET HORS-LA-LOI | ||||
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BELLE
STARR - LA “Jesse James AU FEMININ” (1848 – 1889) Plusieurs fois arrêtée et condamnée pour attaque de diligence et vol de chevaux, Belle Starr est surtout connue pour s’être associée à quelques-uns des hors-la-loi les plus dangereux du Far West : Jesse James, Cole Younger, Jim Reed ou Sam Starr, qu’elle épousa. Après avoir fait l’objet de plusieurs avis de recherches, elle fut abattue, probablement par son fils, dure loi du Far West oblige... Son destin inspira un film (La Reine des rebelles, avec Gene Tierney) puis un manga signé Akihiro Itou: Belle Starr Bandits. ? MA BARKERLA - “MERE DU CRIME” (1871 – 1935) Pourquoi la “mère” du crime? Parce que ses quatre fils formaient l’un des gangs les plus redoutables des années 20, et que le tout nouveau FBI la soupçonnait d’être le “cerveau”de la bande ! A leur actif : attaques de banques, enlèvement de millionnaires et assassinat du paternel. Malgré les doutes pesant sur sa responsabilité réelle, Kate “Ma” fut tuée au cours d’une fusillade qui opposa sa famille à la police pendant plus de quatre heures ... On la retrouve sous les traits de Ma Dalton dans Lucky Luke, le groupe Boney M. lui a dédié une chanson (Ma Baker) et Roger Corman a tiré un film de son histoire: Bloody Mama, avec Shelley Winters et le tout jeune Robert De Niro! ? BONNIE PARKER - LA MYTHIQUE (1910-1934) Inoubliable compagne de Clyde Barrow, Bonnie Parker s’occupait tout particulièrement de la logistique des “coups” montés par son amant. Spécialisé dans l’attaque des banques à mains armés, le couple a fasciné la presse de l’époque, sillonnant les Etats-Unis avant d’être victime d’une embuscade meurtrière. Outre le film culte d’Arthur Penn (avec Warren Beatty et Faye Dunaway), l’histoire de Bonnie and Clyde a inspiré une dizaine d’autres longs métrages sans oublier la sublime chanson de Serge Gainsbourg. L’Histoire ne manque pas de hors-la-loi de légende : Jessie James, Billy the Kid, Al Capone... ils ont tous fait les riches heures du banditisme américain avant d’inspirer westerns et films noirs. Mais les femmes n’ont jamais été en reste question justice personnelle ou sens de la gâchette, et nos deux «bandidas », Sara et Maria, ont de qui tenir ! |
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