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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Un
mur à Jérusalem (1968) de Frédéric
Rossif, tout comme Mourir
à Madrid (1962) tourné quelques années
auparavant par le même cinéaste (Prix Jean Vigo 1963),
sont représentatifs du film de montage d'archives sonores d'après-guerre.
Ils sont tous les deux supportés par un commentaire qui donne
leur sens aux images. Dans le film qui nous intéresse ici, le commentaire est d'autant mis en valeur qu'il a été écrit par Joseph Kessel. Le choix de l'écrivain-journaliste n'est pas anodin. Considéré comme l'un des premiers grands reporters, il est l'auteur d'une oeuvre de référence sur la Résistance (L'Armée des ombres), qui sera magnifiquement portée à l'écran par Jean-Pierre Melville en 1969, ainsi que des paroles du Chant des partisans (1943), avec son neveu Maurice Druon. Il s'agit donc d'un personnage engagé, tout comme l'était Frédéric Rossif en tant que documentariste. Le texte de Kessel, dit par Bérangère Dautin et Georges Descrière est contrebalancé par les citations bibliques de Michel Bouquet. Aux citations d'hommes politiques, Kessel privilégie des citations d'hommes de science : Sigmund Freud et Albert Einstein. Frédéric Rossif, soutient d'ailleurs ce choix et appuyant le texte par l'image du portrait des deux hommes qu'il anime par un léger zoom sur leur regard afin de mieux "pénétrer" leur pensée. Une manière de prendre le contre-pied des discours politiques "officiels". Cette force du commentaire s'inscrit dans un type d'histoire-récit qui dominera la production pendant des décennies. Montage d'archives et commentaires seront également de mises dans les films suivants de Rossif, Pourquoi l'Amérique ? (1970) ou De Nuremberg à Nuremberg (1989), l'oeuvre de sa vie. Dans Mourir à Madrid, Rossif a apporté une véritable "information visuelle" sur la Guerre d'Espagne. Le film restitue l'esprit et la chaleur du camp républicain face au franquisme. Il récidive avec Un mur à Jérusalem. Ce film, qui peut paraître aujourd'hui relativement banal face au flot d'images télévisuelles que l'on reçoit quotidiennement sur le conflit israélo-palestinien (depuis, les témoins ont été ajoutés et constituent eux-mêmes une nouvelle forme d'archive), était en 1968 une oeuvre novatrice et instructive dans la recherche des racines du mal. En Israël, l'exposition massive à la culture des images n'a commencée qu'en 1967, avec l'introduction de la télévision dans les familles. Il s'inscrit dans une volonté de compréhension et de mise à plat des événements en ne gommant aucune responsabilité en n'hésitant pas à s'attaquer à l'histoire récente (nous sommes au lendemain de la guerre des 6 jours). Il accomplit ici un véritable travail d'archéologue de l'image en construisant son film par strates d'archives. Cinq parties chronologiques sont identifiées (voir Chapitres, 1- La Palestine, terre rêvée, 2- Un pays en construction, 3- La montée de l'antisémitisme, 4- Une violence pour deux états, 5- Le début de la reconnaissance) et détaillent les étapes de la naissance d'un Etat juif (le sionisme politique de Theodor Herzl, la déclaration Balfour en 1917, les premiers kibboutz, naissance de l'Université hébraïque de Jérusalem avec l'enseignement de l'hébreu, la langue commune étant une condition nécessaire à la mise en place d'une Nation), les effets de l'antisémitisme (de l'affaire Dreyfus à l'Allemagne nazie) et de la seconde guerre mondiale, la naissance d'Israël (les émigrations clandestines de 1947-1948, proclamation de l'Etat d'Israël par Ben Gourion en 1948) et les premières guerres israélo-arabes (1956 et 1967 - la guerre des 6 jours - contre l'Egypte de Nasser). Le procès Eichmann à Jérusalem en 1961 est également abordé comme événement constitutif de l'affirmation d'Israël en tant que Nation (l'ouvrage d'Hannah Arendt sur ce procès, Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal, a inspiré le documentaire d'Eyal Sivan, Un spécialiste, réalisé en 1999). L'ensemble est assez didactique, dans un souci permanent de scientificité, l'utilisation régulière des cartes de la région étant là pour en témoigner. Les archives choisies sont dotées, dans le même temps, d'un esthétisme certains et parfois même d'une véritable force cinématographique (voir les explosions des bâtiments urbains, les gros plans de visages). Ces constations faites, nous pouvons relever, avec Marc Ferro, deux paramètres qui rendent ce type de film de montage fragile, et qui en quelque sorte, en perturbent justement la scientificité qu'il semble rechercher (outre le fait que Rossif ait plutôt travaillé à distance de toute présence historienne) : d'une part, "tout le monde ignore le stock d'images dont on dispose, à partir desquelles se fait le montage. Il en reste. Pourquoi ne les a-t-on pas prises ?" ; d'autre part, comme nous l'avons déjà fait remarquer, "le montage se veut relativement esthétique, pour que le film soit visible, agréable, perceptible (...). Et c'est quelquefois l'attrait de la beauté, du rythme des images qui prédétermine le montage. Autant que les idées politiques, qui se révèlent plutôt par le commentaire, ou par la musique." (citations tirées d'un entretien entre Marc Ferro et Michel Serceau, "Le film d'archives en perspective", CinémAction n° 97). Frédéric Rossif revendiquait d'ailleurs cette subjectivité du montage. Il considérait celui-ci comme "le battement de coeur du réalisateur". Malgré la fragilité de ce type d'entreprise, Un mur à Jérusalem n'en reste pas moins une oeuvre de référence et plus que jamais d'actualité. Le film se clôt sur un questionnement autour de la paix et de l'incertitude de l'avenir. Frédéric Rossif et Joseph Kessel ne se doutaient sûrement pas en 1968 que 40 ans plus tard, leurs interrogations resteraient toujours en suspend... Stéphane Bedin |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| BREF HISTORIQUE DE LA CONSTITUTION DE L'ÉTAT D'ISRAËL | ||||
| L’Etat
d’Israël
Les Juifs sont dispersés dans le monde depuis
la destruction du deuxième temple, il y a 2000 ans, mais le mur
à Jérusalem symbolise l'espoir du retour et l'attente
du Messie. Jusqu'en 1917, les essais de réunion échouent.
C'est lord Balfour qui donne une base légale à l'installation
d'un foyer national juif dont la nécessité aurait été
proclamée par Théodore Herzl. Mais les Britanniques jouent
le double jeu à l'égard des Arabes et des Juifs auxquels
ils font, de part et d'autre, les mêmes promesses. Les colons
continuent de s'installer venant de Russie, d'Europe centrale, d'Allemagne
où Hitler a décidé de les anéantir scientifiquement.
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| EXTRAITS DE PRESSE DE 1968 | ||||
| ««
C’est l’histoire de l’Etat d’Israël (...).
Nullement romancée. Rien que des bandes d’actualité
retrouvées un peu partout par ce chercheur de génie qu’est
Frédéric Rossif, aidé par Albert Knobler. Raconter
en 1 h 40 cette aventure douloureuse et exaltante n’était
pas facile et ils y sont arrivés. Chapeau. Et aussi pour le sobre
commentaire de Joseph Kessel ». Le Canard Enchaîné, 1968 « Les auteurs de cette magistrale leçon d’histoire ont su retenir, montrer et faire comprendre l’essentiel...Il est évident qu’on ne pourra plus évoquer Israël sans se référer à ce film ». Le Journal du dimanche, 1965 |
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| BIO-FILMO DE FRÉDÉRIC ROSSIF (1922 - 1990) | ||||
| Originaire de Yougoslavie, la famille Rossif est assassinée durant la seconde guerre mondiale pendant que Frédéric Rossif étudie à Rome. Après ses études à Rome, le jeune Frédéric Rossif s'installe à Paris en 1945, où il devient tout d'abord employé à la Cinémathèque Française, avant d'entrer à l'ORTF en 1952. En sa qualité de producteur/réalisateur de télévision, il donne naissance à de nombreuses émissions, parmi lesquelles Cinq colonnes à la Une, ou La vie des Animaux. Son goût pour la vie sauvage ne se démentira pas, lorsqu'il passera au long-métrage, puisqu'il réalisera plusieurs documentaires animaliers, parmi lesquels La Fête Sauvage (1976), ou Sauvage et Beau (1984). Grand spécialiste du film de montage, se servant d'images d'archives, il choisit, après quelques courts, de relater pour son premier long-métrage l'histoire du ghetto de Varsovie, dans Le Temps du guetto (1961). Si ce documentariste s'intéresse particulièrement à l'Histoire contemporaine (Mourir a Madrid, 1963, Un mur à Jerusalem, 1968), on en recense pas moins dans son oeuvre des portraits d'artistes (Pablo Picasso, peintre, 1980, George Braque ou le Temps différent, 1974), et même une fiction (Aussi loin que l'amour, 1971). La carrière de Frédéric Rossif est en outre marquée par sa collaboration récurrente avec des compositeurs de renom, Maurice Jarre tout d'abord, puis Vangelis, notamment pour De Nuremberg à Nuremberg (1989). Réalisé un an avant la mort du réalisateur, le film retrace l'histoire de l'Allemagne nazie (et par là celle de l'Europe et du monde) depuis 1935, date des grands rassemblements de fanatiques hitlériens à Nuremberg jusqu'à la capitulation et au procès historique qui eut lieu dans cette même ville. Frédéric Rossif meurt en 1990 à Paris, où il est enterré. (extrait du dossier de presse) ![]() °°°°° |
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