))) COBRA WOMAN
      de Robert SIODMAK

 

  • Aventures - 1944 - États-Unis - 1h08 (+17' de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 4 avril 2007
    Éditions Carlotta
  • Prix de vente conseillé : 22€
SYNOPSIS

Tollea est enlevée le jour de son mariage avec Ramu. Bien décidé à partir à sa recherche, il débarque avec son ami Kado sur une île peu accueillante où des sacrifices ont lieu. Bientôt, Ramu tombe aux mains de la cruelle Naja, sosie de Tollea, qui règne sur l’île du Cobra...

POINT DE VUE
À l’occasion de la sortie des Tueurs de Robert Siodmak en DVD, Carlotta accompagne ce sommet du film noir d’une œuvre qui le précéda et donc le prépara – lointainement. Cette rareté (ne rime pas spécialement avec qualité…), Cobra Woman (1944) est un petit film d’aventures sans intérêt hormis son TechniColor aux couleurs d’un autre temps et d’une naïveté d’un autre monde. Robert Siodmak exécuta proprement mais sans génie aucun cette histoire improbable afin de gagner, plus tard, en liberté dans le studio –l’Universal- qui l’avait engagé pour sept ans. Il voulait retrouver la liberté dont il avait jouit en Allemagne ou en France avant d’immigrer aux USA.

Les spécialistes de l’œuvre de Robert Siodmak expliquent qu’après quelques films ratés et peu vus, il avait besoin de prouver aux studios qu’il pouvait être un bon ouvrier-soldat rapide et capable de se sortir du pire des scénarios tout en produisant une œuvre qui plairait… C’est un de ces « films de commande » qui ont ponctué les carrières de tant de « maîtres d’Hollywood » comme un John Ford ou un Howard Hawks, même s’il faut immédiatement préciser que Robert Siodmak est un «petit maître» qui installa son style en quelques films marquants mais ne nous a offert qu’un ou peut-être deux chefs-d’œuvre dans une masse de films oubliables.

Cobra Woman a dû échouer en première partie d’un double programme quelconque dans un drive-in américain de l’époque, mais il a plu aux producteurs… Le film n’est pas indigne mais n’a certainement aucune personnalité, ni aucune aspérité esthétique. Par son rythme empesé, son contexte « exotique » d’opérette, son kitsch (qui fera fureur chez les amateurs de Bollywood) et ses couleurs si artificielles qu’elles en deviennent parfois belles, Cobra Woman rappelle les films d’aventures allemands muets des années 20. C’est Joe May qui se fit une spécialité du genre avant de les exporter vers les USA et où ils se muèrent en serials –les feuilletons au cinéma qui inspireront beaucoup plus tard un George Lucas pour sa saga des Star Wars et des Indiana Jones.

Personne n’espère nous faire croire à l’histoire (et d’ailleurs on n’y arrive guère…) de deux sœurs jumelles identiques qui auraient été, à la naissance, consacrées au terrible Dieu Cobra. L’une restée dans son île natale est devenue une reine sanguinaire haïe et crainte par son peuple exsangue. L’autre a été confiée à un explorateur qui l’a élevée dans une île lointaine où elle est devenue un véritable ange qui s’apprête à convoler en justes noces quand elle est kidnappée par sa grand-mère qui veut qu’elle remplace, à l’insu de tous, sa sœur démoniaque.
Pour accéder au dénouement évidemment heureux, il faudra subir de longs discours explicatifs inutiles, des décors en carton-pâte tournés en studio, des cérémonies d’un faste de pacotille, des combats frôlant le ridicule, une complaisance colonialiste avec les indigènes simplets mais si heureux (des acteurs américains mal maquillés)…

Restent deux moments que l’on pourra décrire comme troublants ou tout simplement sensuels dans une œuvre bien infantile. Premièrement, une « danse de la mort » où la méchante reine ponctue les mouvements lascifs de son corps voluptueux en désignant du doigt les victimes qui seront aussitôt précipitées dans le volcan en éruption afin de calmer la faim du Dieu Cobra en colère. La reine cache difficilement la jouissance que leur mort lui procure tant son corps tressaillit suggestivement. Deuxièmement, une scène obligée mais plaisante où le fiancé aussitôt arrivé sur l’île, franchit les murs gardés de la forteresse de la méchante Reine et s’approche d’elle pensant que c’est sa fiancée qui vient de lui être enlevée… Longs baisers aquatiques et œillades complices qui au final exposent un homme qui vient de se faire violer à son insu par une femme dominante. Un instant trop vite effacé par la lourdeur générale de l’entreprise…

Nachiketas Wignesan

 

 

   
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Titre français: Le signe du cobra
    Sortie Usa: 1944
    Sortie France: 1947

    Réalisation :
    Robert Siodmak
    Scénario:
    Scott Darling, Gene Lewis
    Photo: W. Howard Greene , George Robinson
    Montage: Charles Maynard
    Musique: Edward Ward

    Avec:

    Maria Montez ... Tollea/Naja
    Jon Hall ... Ramu
    Sabu ... Kado
    Edgar Barrier ... Martok
    Mary Nash ... Queen
    Lois Collier ... Veeda
    Samuel S. Hinds ... Father Paul
    Moroni Olsen ... MacDonald
    Lon Chaney Jr. ... Hava (as Lon Chaney)

  •  LE DVD
    Nouveau Master Restauré
    PAL - Zone 2 - Couleurs
    Image & Son :
    Image: 1.33 respecté - Ecran: 4/3
    Son: Dolby Digital mono 1.0 Anglais.
    Sous-titres: Français





  • BONUS (17')

    * Entretien avec Hervé Dumont (17 mn)
    Un retour sur la genèse et les thèmes de Cobra woman par Hervé Dumont, Directeur de La Cinémathèque Suisse et auteur de l’essai Robert Siodmak, Le maître du film noir.

    Notre avis: Comme sur les autres disques un discours très informatif, plein de détails et anecdotes toujours intéressantes… Seul reproche : M.Dumont aime tant Siodmak qu’il lui semble difficile de critiquer ce film bien inférieur à ses autres oeuvres présentes dans le coffret. NW





    * Bande-annonce


A U T R E S   F I L M S  D E   S I O D M A K
          

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