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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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La
salamandre papillonne de petits boulots en sale travail. Elle passe
de Roger à Pierre à Paul. Elle a 23 ans et déjà
fatiguée de la vie, fanée et avide d'indépendance.
La salamandre est de la famille des lézards, noire et jaune,
venimeuse, elle peut traverser les flammes sans se brûler. La
salamandre, c'est Bulle Ogier. La vie de Rosemonde (Bulle Ogier) n'est d'abord qu'un fait divers. Une vie mince comme un entrefilet dans un journal. Elle est soupçonnée d'avoir tenté de tuer son oncle avec un fusil militaire. Deux amis de plume un peu marginaux, un duo à la Laurel et Hardy, Pierre (Jean-Luc Bideau) et Paul (Jacques Denis) vont être chargés d'en tirer un scénario de téléfilm. Pierre est un journaliste pigiste à la traîne et Paul, un écrivain en pleine crise de la page blanche ! Deux personnages qui vont incarner deux conceptions de l'écriture cinématographique: le premier va avoir une démarche objective en menant une enquête sur la vie de Rosemonde et en tâchant de la retrouver, quand l'autre déploie son imaginaire pour lui inventer un passé, une psychologie, une destinée romancée. Deux approches qui obsèdent le jeune cinéaste Alain Tanner, lui-même tiraillé entre une sensibilité au documentaire (il en avait signé plusieurs pour la télévision suisse entre 1965 et 68 avant de se lancer dans le cinéma avec Charles mort ou vif en 1969) et une attirance vers la fiction (La salamandre est son second long métrage). La suite de la filmographie de Tanner confirme ce que l'on pressent dans ce film (la plupart de ses personnages s'appellent Paul): c'est bien du côté de Paul qu'il penche, du côté du poète et romantique Jacques Denis qui va perdre pied et voir son récit se faire submerger puis engloutir au contact de son personnage principal, la salamandre. Tanner joue pendant tout le film avec ces glissements de réel, à la recherche d'une vérité cinématographique au-delà du vrai et du faux. En quelque sorte , il fait faire au cinéma suisse ses premiers pas vers le cinéma moderne. Dix ans après Truffaut, Tanner réalise son Jules et Jim (1961). Moins passionné et lyrique, plus posé et politique, plus consciencieux, voire complaisant, tourné avec peu de moyens , en "couleurs noires et blanches", La salamandre tente d'épouser l'esprit débridé et libéré d'une nouvelle vague française qui a déjà 12 ans. Bulle Ogier a tout de la petite cousine de Jeanne Moreau, et les caractères frivoles et désinvoltes de Jean-Luc Bideau et Jacques Denis pourraient s'entendre à merveille avec ceux d'Oscar Werner et Henri Serre. Mais à la différence du film de Truffaut, le trio amoureux de Tanner n'a rien de fusionnel et le personnage féminin de Rosemonde s'échoue dans les bras de l'un ou de l'autre plus par tristesse que par désir. Considéré comme le film augural de la nouvelle vague suisse (suivront les films de Claude Goretta, La dentellière, 1977 et Michel Soutter, L'escapade, 1975), La salamandre témoigne de l'amertume post-68. Magnifique portrait de Bulle Ogier, filmée sous tous les angles et dont la moue charmeuse et la douceur du regard rappellent Juliet Berto, chinoise de Jean-Luc Godard (1967) et annonce la Miou-Miou shampouineuse des Valseuses de Bertrand Blier (1972). Comme une icône endormie, une rebelle essouflée, Rosemonde porte en elle les stigmates d'une liberté sclérosée par le travail et d'un désenchantement lié à une société normalisatrice. "Ah, que le bonheur est proche ! Ah, que le bonheur est lointain !". Laurent Devanne |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| BIO-FILMO DE ALAIN TANNER | ||||
Né à Genève, Alain Tanner étudie les sciences économiques à l'Université de Genève et, point de départ de sa carrière cinématographique, anime en 1951 le ciné-club de l'Université, fondé par Claude Goretta, avec lequel il réalisera son premier court-métrage en 1957, "Picadilly la nuit" (Nice Time), primé au festival de Venise. En 1968, Alain Tanner réalise son premier long-métrage "Charles mort ou vif" présenté à la Semaine de la critique à Cannes en 1969, Grand Prix du festival de Locarno la même année, dont le succès fait de lui le représentant du "jeune cinéma suisse". En 1971, "La Salamandre", avec Bulle Ogier et Jean-Luc Bideau nominé aux Oscars, asseoit définitivement sa notoriété. Puis, "Jonas, qui aura vingt-cinq ans en l'an 2000" (1976), Prix de la Critique au festival de Locarno, "Les Années lumières" (1981), Grand Prix du Jury au festival de Cannes en 1980, "Dans la ville blanche" (1983) avec Bruno Ganz, César 1983 du meilleur film francophone, ou encore "Le Journal de Lady M." viennent s'inscrire dans un parcours brillant dont "Fourbi" est la quinzième étape. (source: Unifrance) 2004 Paul s'en va ![]() 2001 Fleurs de sang 1999 Jonas et Lila, à demain 1998 Requiem 1995 Fourbi 1993 Le Journal de Lady M. 1991 L' Homme qui a perdu son ombre 1989 La Femme de Rose Hill 1987 Une flamme dans mon coeur 1987 La Vallée fantôme 1985 No Man's Land 1983 Dans la ville blanche 1981 Les Années lumière 1979 Messidor 1976 Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 1974 Le Milieu du monde 1973 Retour d'Afrique 1971 La Salamandre 1969 Charles mort ou vif °°°°° |
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