)))  C.R.A.Z.Y.
        
 de Jean-Marc VALLÉE                      

 

  • Chronique familiale pop rock - 2006 - Québec - durée: 2h09 (+2h30 de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD le 9 novembre 2006
    Éditions Ocean Films
  • ÉDITION SPÉCIALE 2 DVD
  • Prix de vente conseillé : 24,90 € - (Edition simple - 14,99€)

SYNOPSIS

25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une mère aimante et un père un peu bourru mais fier de ses garçons.
De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu’il cherche désespérément à retrouver, Zac nous raconte son histoire...

 
EDITION SIMPLE
  POINT DE VUE
Derrière une affiche aux couleurs criardes, légèrement ringarde et un titre improbable, se cache une perle, un film comme on en voit peu. Une comédie dramatique fabuleusement nostalgique, drôle et émouvante.

C.R.A.Z.Y est un succès historique au Québec. Rappelons simplement que ce film a réalisé 1 million d’entrée au Québec pour 7,5 millions d’habitants et remporté, lors de la cérémonie des Jutras (l’équivalent des Césars) 13 récompenses sur 14 nominations.
Avec C.R.A.Z.Y, Jean-Marc Vallée (réalisateur du polar Black list en 1995), voulait raconter une histoire intense sur le bonheur. Recréer une ambiance collective, pour que chaque spectateur ressorte du film plus lucide, en voyant la vie telle qu’elle devrait toujours nous apparaître : belle ! Il nous plonge donc dans l’épopée d’une famille québécoise de la banlieue de Montréal de 1960 à 1980. Un père et une mère entourés de leurs cinq enfants : Christian, Raymond, Antoine, Zachary et Yvan. Le film nous est raconté à travers le regard de Zachary (magnifiquement interprété par Marc-André Grondin). Entouré de trois grands frères, un brin écervelés, d’une mère protectrice qui le croit investi de dons de guérisseur et d’un père macho et autoritaire, Zach va lors devoir faire face à sa sensibilité, jusqu’à renier sa propre «nature» pour se faire accepter par son père qui souhaite faire de lui un homme dur et viril.

Au-delà de cette histoire familiale presque ordinaire, la force de ce film, réside dans son sujet universel à savoir la complexité des relations entre un père et un fils, et plus généralement la difficulté d’être soi-même et d’être accepté par ses parents.
C’est ce qui permet cette incroyable identification aux membres de cette famille à la fois drôle et touchante. La dualité entre Zach et son père est au cœur de cette course à la tolérance. Un père admiré par son fils depuis sa plus tendre enfance (qui le voit tel un héros de western, exécutant des ronds avec la fumée de sa cigarette pour épater ses copains) mais qui pourtant refuse de devenir comme lui, l’archétype de l’homme macho et viril. Le père va-t-il être capable d’aimer son fils malgré ces «tendances», malgré son éducation, malgré le regard des autres … ?

On passe des rires aux larmes et la mise en scène de Jean-Marc Vallée est fluide et inventive. Son scénario lui permet d’explorer pleinement différentes techniques de montage, de jouer avec l’image, la musique et les sons… Tout ceci toujours dans le but de délivrer un véritable spectacle. Au début du film, il présente ses acteurs en plan large avec de légers travellings avant et une bande sonore qui colle parfaitement à l’univers (rappelant Scorsese et certains de ses films comme Les Affranchis). Jean-Marc Vallée aime ses acteurs et cela se voit. La performance de Michel Côté (l’un des acteurs les plus populaire du Québec) en père bourru et tendre est exceptionnelle, tout comme le jeune Marc-André Grondin qui devient avec le personnage de Zach tout simplement une star. Les autres personnages, bien que sympathiques semblent quelque peu anecdotiques et c’est là le seul reproche que l’on pourrait faire au réalisateur. Mention spéciale tout de même à Pierre-Luc Brillant qui interprète le rôle du grand frère de Zach, Raymond, sorte de Jim Morisson en fin de parcours. Un rôle important dans le film, puisqu’il symbolise à la fois le rival pour Zach et son propulseur (voir même son sauveur), celui qui par ses provocations emmène Zach à s’assumer pleinement et à accepter sa différence. À l’image du père, plus en retenu, mais qui au fond souffre du même enfermement social.

La présence de l’église est aussi très importante dans le film et montre à quel point elle régit la vie de cette famille et contribue elle aussi à renforcer l’aseptisation des règles de vie familiale. C’est aussi grâce à elle qu’arrive la rédemption de Zach lors d’un pèlerinage à Jérusalem, telle l’illustration de la perpétuelle contradiction que vie cette famille.

Jean-Marc Vallée, réussit également à recréer l’ambiance, le style et les sensations des différentes époques évoquées. Zach traverse son adolescence dans des années 70 où chaque détail a été soigneusement travaillé, des boucles de jeans patte d’eph’ à la Ford Mustang, le tout baigné par les nombreux standards musicaux de l’époque (de Pink Floyd aux Rolling Stones en passant par Jefferson Airplane, et bien sûr Patsy Cline, dont le titre C.R.A.Z.Y). Cette musique rebelle et aérienne qui permet à Zach, enfermé dans sa chambre, de rêver à une autre vie plus tolérante et plus débridée. La scène où Zach, peinturluré du double éclair, chante Space Oddity de David Bowie, vaut à elle seule le détour.

Ce qui fait la force et l’intérêt de ce film qui nous présente un univers qui pourrait nous sembler lointain et anecdotique est justement le message universel qu’il véhicule sur la famille, la tolérance et les difficultés de communiquer qui touche tout le monde. L’humour est délicieux, la reconstitution des années 70 est savoureuse et ultra crédible et l’émotion du film nous submerge à travers l’évolution du vrai héros du film : le père, qui arrive au-delà de ses préjugés et de son éducation, à accepter son fils Zach et à l’aimer profondément. Jean-Marc Vallée réussit donc la performance d’allier film populaire et message fort, message qui transparaît tout du long, jusque dans son titre : C.R.A.Z.Y. Un titre à double sens puisque les lettres du titre correspondent aux initiales des prénoms des enfants de la famille Beaulieu (Christian, Raymond, Antoine, Zachary et Yvan) et fait également référence à la chanson homonyme de la chanteuse country Patsy Cline. Chanson préférée du père qui au travers exprime sa sensibilité, finalement la même que celle de son fils Zach. Un grand, très grand film.


Julien Bourières

 

FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Sortie en salle : 3 Mai 2006
    Réalisation
    : Jean-Marc Vallée
    Scénario : Jean-Marc Vallée, François Boulay

    Avec:
    Michel Côté : Gervais Beaulieu
    Marc-andré Grondin : Zachary Beaulieu (20-40 ans)
    Danielle Proulx : Laurianne Beaulieu
    Emile Vallée : Zachary Beaulieu (enfant)
    Maxime Tremblay : Christian Beaulieu
    Pierre-luc Brillant : Raymond Beaulieu
    Alex Gravel : Antoine Beaulieu
    Félix-antoine Despatie : Yvan Beaulieu

    Production
    : Pierre Even
    Coproduction : Jean-Marc Vallée
    Producteurs exécutifs : Jacques Blain, Richard Speer
    Image : Pierre Mignot
    Montage : Paul Jutras
    Son : Martin Pinsonneault, Yvon Benoit
    Direction des effets spéciaux : Marc Côté
    Maquillage : Micheline Trépanier
    Coiffure : Réjean Goderre
    Conception des costumes : Ginette Magny
    Distributeur : Ocean films
    Editeur DVD : Ocean films

    Site officiel du film


  •  LES DVD
    Durée du film: 2h09
    Image
    : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 1.85
    Son : Dolby Digital 5.1
    Langue: Québécois
    Sous-titres : Français

  • BONUS  
    Édition simple / Édition Spéciale (DVD1)
    * Commentaire audio du film par le réalisateur

    * Quizz franco-québécois
    Pour mieux comprendre certaines expressions Québécoise. Une fois le Quizz fini, vous aurez le droit à un petit bonus caché : le casting d’Emile, fils du réalisateur qui interprète Zach enfant dans le film. JB

    * Chapitrage musical

    * Galerie de projets d'affiche

    * Bandes-annonces

    * Biofilmographies... et un bonus caché



    Édition spéciale - (DVD 2)
    * 3 making of avec le point de vue :
    . du réalisateur Jean-Marc Vallée (41 min)
    . du producteur Pierre Even (19 min)
    . des acteurs (41 min)

    Avec les points de vue des différents protagonistes du film permettant de mieux appréhender le travail de Jean-Marc Vallée (l’écriture du scénario, sa direction d’acteurs et son travail de mise en scène) et qui nous explique également la genèse du film, les difficultés de la production à trouver le financement nécessaire au film et la frustration du scénariste/réalisateur quant au choix des scènes finales. JB



    * Le tournage au Maroc (4 min)

    * Les effets spéciaux (25 min)
    Petit documentaire passionnant qui revient sur tout les plans ayant nécessités des retouches d’images soit pour éviter les anachronismes soit pour améliorer l’univers visuel du film. JB

    * Les scènes coupées (19 min)
NOTES DE PRODUCTION
C.r.a.z.y. c’est… une mise en scène étonnante
Elle est à l’image de la famille Beaulieu: parfois sobre, parfois éclatée. Mais il était important pour le réalisateur, alors que l’histoire de cette famille part parfois dans les extrêmes, de constamment rester pudique. Lorsque le drame survient, il n’est pas nécessaire de le souligner : «less is more». La difficulté était de trouver le juste équilibre entre ces moments de transparence de la mise en scène où l’histoire est, plus que tout, au premier plan, et les moments où la technique du cinéma peut accompagner l’imaginaire fertile de Zac.
Jean-marc Vallée dit avoir voulu tout essayer : images gelées, brisures de son, silences étranges, effets de ralenti, de « ramping », montages «hip hop», cadrages inusités, focales extrêmes, éclairages à hauts contrastes, mouvements de caméra dramatiques... Avec ce scénario, il y avait la possibilité d’explorer vraiment le cinéma. De jouer pleinement avec les images, la musique, les sons, le montage... De faire un spectacle.

C.r.a.z.y. c’est… une certaine nostalgie
C’est la nostalgie d’une Amérique ouvrière, de classe moyenne, que l’on ressent peut être à cause des décors ou des accessoires comme le sapin de Noël artificiel, les patins à roulettes à quatre roues, les sièges banane, les poignées mustang... Le film cherche à récréer le style de l’époque par les sensations, celles que procurent le tissu synthétique, le toucher désagréable d’un mur de stuco en petits pics, ou la texture d’un microsillon. Ce sont des détails inutiles à l’histoire mais essentiels à la façon de vivre des Beaulieu. Ils traversent les expériences et vieillissent, passent les modes, voient la société se transformer... alors que le seul grand changement notable de la famille tient sans doute à la priorité pour Gervais, le père, de changer d’auto tous les ans.

C.r.a.z.y. c’est… de la musique
La famille Beaulieu a réellement la musique dans la peau... La musique relie véritablement tous les membres de la famille, comme le révèle la dernière image du film. Leur lien secret est gravé sur un disque, c’est une chanson et c’est leur identité.
Comme pour nous tous, les personnages entendent des refrains qui colorent leur quotidien et les accompagnent à chaque moment.
De façon ironique, quand le père casse les oreilles de Zachary avec la chanson d’Aznavour, «Emmenez moi au bout de la terre...», il l’aide symboliquement à partir. Comme si Zachary suivait les préceptes de la chanson, il décide de son voyage, qui marque une rupture et un grand pas pour assumer sa différence. Et «Aller au bout de la terre», lui permet de revenir, plus fort.
Autre exemple avec Patsy Cline (qui chante Crazy). Elle est LA chanteuse sentimentale des cœurs brisés. Or, dans la famille Beaulieu, le père est un vrai macho et tous ses enfants sont des garçons. Son cœur tendre, très féminin et non assumé, ne s’extériorise que par cette passion pour Patsy Cline et sa chanson, Crazy. C’est grâce à cette «faiblesse» - sa sensibilité - qu’il finit par évoluer.
Enfin, grâce à Space Oddityde David Bowie, Zachary peut crier à Dieu «M’entends-tu ?» et s’adresser à lui en le défiant. Toutes ces chansons que l’on écoutait dans les années 70, ne sont pas un simple fond musical : les personnages du film ne se contentent pas de les entendre, ils vivent avec. Dans la famille Beaulieu, la musique a comme un pouvoir magique. A des milliers de kilomètres, l’osmose entre la mère et son fils peut encore s’exprimer à travers elle.
INTERVIEW DE JEAN-MARC VALLÉE (extrait du dossier de presse)

C.R.A.Z.Y. c’est l’histoire d’une famille un peu folle ?
Les Beaulieu forment une famille de gens ordinaires, à la recherche du bonheur. Le film les suit sur plusieurs décennies, avec trois grandes parties : 1967-68, 1974-75, 1980-81. C’est dans la mise en scène que j’ai voulu aller jusqu’au bout des folies et de la poésie des personnages ; ainsi leur histoire devient une fable sur l’âme humaine où se mêlent magie, spiritualité et fantaisie.

Et une certaine nostalgie ?
C’est la nostalgie d’une Amérique ouvrière, de classe moyenne, que l’on ressent peut être à cause des décors ou des accessoires comme le sapin de Noël artificiel, les patins à roulettes à quatre roues, les sièges banane, les poignées mustang... Le film cherche à récréer le style de l’époque par les sensations, celles que procurent le tissu synthétique, le toucher désagréable d’un mur de stuco en petits pics, ou la texture d’un microsillon. Ce sont des détails inutiles à l’histoire mais essentiels à la façon de vivre des Beaulieu. Ils traversent les expériences et vieillissent, passent les modes, voient la société se transformer... alors que le seul grand changement notable de la famille tient sans doute à la priorité pour Gervais, le père, de changer d’auto tous les ans.

Il y a cinq fils dans la famille Beaulieu mais Zachary se détache tout particulièrement...
Tous les cinq ont leur charme. Qu’ils soient grassouillets ou qu’ils portent des verres de fond de bouteille, les frères Beaulieu sont beaux, «sharp», «cool», «sexy». On aime les regarder. Mais celui dont la destinée est toute particulière, c’est Zachary, Zac, que sa mère voit comme possédant des dons particuliers de guérisseur.

Faut-il y croire ?
Je préfère entretenir le mystère. De même, on peut se demander si les événements qui bousculent la vie de Zac sont l’œuvre de Dieu. Les croyants pourront répondre oui. Les athées pourront répondre non, c’est le fruit du hasard. Mais le côté mystique et un peu fou du film ne tient pas seulement aux pouvoirs de Zac mais s’applique aussi et surtout au combat qu’il mène contre sa nature profonde, et contre Dieu. C’est une lutte qui, à travers chaque petit détail de la vie, le conduira à son ultime rendez-vous avec le destin. Et chaque événement nous rappelle que la vie de Zac a quelque chose de presque surnaturel, comme lorsque sa mère «communique» avec lui et semble ressentir la détresse de son fils alors même qu’il se trouve... à Jérusalem.

Nous sommes entre la foi et l’idéalisme ?
Je pense que l’idéalisme est une certaine forme de spiritualité. L’idéalisme de Zac, c’est qu’il veut plaire à son papa qui est son héros. Pour cela, il est prêt à se renier. Il est prêt à mettre la main sur un disque introuvable pour renouer, idéalement, la relation avec lui. Pour retrouver son amour. Il lui faut dix années pour mener à bien cette réconciliation, et pourtant, comme le dit le commentaire final, il y a encore entre eux des silences.

La musique prend le relais...
Comme pour nous tous, les personnages entendent des refrains qui colorent leur quotidien et les accompagnent à chaque moment. De façon ironique, quand le père casse les oreilles de Zachary avec la chanson d’Aznavour, «Emmenez moi au bout de la terre...», il l’aide symboliquement à partir. Comme si Zachary suivait les préceptes de la chanson, il décide de son voyage, qui marque une rupture et un grand pas pour assumer sa différence. Et «Aller au bout de la terre», lui permet de revenir, plus fort.

C’est par le rock que Zachary trouve la force de s’accepter...
Le rock, c’est la seule soupape dans l’adolescence de Zachary. Comme il lui est impossible d’ être homosexuel, il devient rocker. C’est sa façon d’exprimer sa différence en affirmant que désormais il va «faire du bruit». Sa présence va s’entendre ! Lorsque Zac donne un spectacle imaginaire, maquillé comme Bowie sur la pochette de l’album Aladdin Sane, la musique est pour lui une porte de secours. Il a besoin de ces fantasmes, de cet imaginaire et de ces audaces musicales pour survivre et pour permettre à sanature profonde de respirer, l’instant d’un rêve.

Les chansons deviennent ses prières...
Grâce à Space Oddityde David Bowie, il peut crier à Dieu «M’entends-tu ?», et s’adresser à lui en le défiant. Toutes ces chansons que l’on écoutait dans les années 70, ne sont pas un simple fond musical : les personnages du film ne se contentent pas de les entendre, ils vivent avec. Dans la famille Beaulieu, la musique a comme un pouvoir magique. A des milliers de kilomètres, l’osmose entre la mère et son fils peut encore s’exprimer à travers elle.

La famille Beaulieu a réellement la musique dans la peau...

Les chansons expriment le plus profond de nous mêmes, de façon directe et simple, et la musique, c’est une des façons de signer mon film. J’avais prévu un budget spécial et en salle de montage j’ai amené près de 200 CD. Mon père était programmateur musical à la radio. Quand j’étais jeune, je faisais des compilations sur des cassettes audio et c’est pour moi un grand bonheur de pouvoir réunir mes morceaux préférés pour les faire entendre au spectateur. C’est une joie qui est aussi celle que vivent les personnages et que l’on partage avec eux. Car la musique relie véritablement tous les membres de la famille, comme le révèle la dernière image du film. Leur lien secret est gravé sur un disque, c’est une chanson et c’est leur identité.

Pourquoi avoir choisi C.R.A.Z.Y. par Patsy Cline ?
Patsy Cline, c’est vraiment, par excellence, la chanteuse sentimentale des cœurs brisés. Or, dans la famille Beaulieu, le père est un vrai macho, et tous ses enfants sont des garçons. Son cœur tendre, très féminin, et non assumé, ne s’extériorise que par cette passion pour Patsy Cline et sa chanson, Crazy ! C’est grâce à cette «faiblesse» - sa sensibilité - qu’il finit par évoluer et accepte son fils, alors même qu’il en a déjà perdu un.

La mise en scène de C.R.A.Z.Y. est étonnante...
Elle est à l’image de la famille Beaulieu: parfois sobre, parfois éclatée. Mais ce qui était le plus important pour moi, alors que l’histoire de cette famille part parfois dans les extrêmes, c’était de constamment rester pudique. Et quand le drame survient, je ne veux pas le souligner. Dans ce registre, je suis plutôt adepte du «less is more». Alors je cherche à trouver le juste équilibre entre ces moments de transparence de la mise en scène où l’histoire est, plus que tout, au premier plan, et les moments où la technique du cinéma peutaccompagner l’imaginaire fertile de Zac.

Là, vous vous permettez tous les effets...
Je veux tout essayer, si cela enrichit l’histoire. Je n’hésite pas alors à utiliser des images gelées, des brisures de son, des silences étranges, des effets de ralentis, de «ramping», des montages «hip hop», des cadrages inusités, des focales extrêmes, des éclairages à hauts contrastes, des mouvements de caméra dramatiques... Avec ce scénario, il y avait pour moi la possibilité d’explorer vraiment le cinéma. De jouer pleinement avec les images, la musique, les sons, le montage... De faire un spectacle. Parce qu’au cinéma j’aime être captivé, surpris, bousculé, provoqué; j’aime rêver, rire, pleurer, les deux à la fois; j’aime quand on casse le rythme, le reprend, l’accélère.

Comment qualifier ces mélanges ?
Comment je vois mon film ? Comme un film «funky», sexy, pudique, drôle, touchant, magique, fou. Voilà comment j’aime qualifier C.R.A.Z.Y.

C’est un film autobiographique ?
Le film s’inspire de la vie de François Boulay, mon collaborateur au scénario, qui m’a confié ses souvenirs et avec qui j’ai écrit le scénario. D’un autre côté,


Filmographie Jean-Marc VALLÉE

2006 C.R.A.Z.Y.
1998 Les Mots Magiques (CM)
1997 LOS LOCOS
1996 Strangers (TV)
1995 LISTE NOIRE
Les Fleurs Magiques (CM)
1992 Stéréotypes (CM)


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