)))  LE BONHEUR     
        
de Agnès VARDA   

 
 

  • DOUBLE DVD
  • 1964 - France
    durée: 1h25 & 1h15 (+ 48' de Bonus)
  • Sortie à la Vente en DVD en avril 2006
    Editions Ciné Tamaris
  • Prix de vente conseillé : 25€

SYNOPSIS

Un menuisier aime sa femme, ses enfants et la nature. Puis, il rencontre une autre femme, Emilie, une postière. Toujours très amoureux de sa femme, il ne veut pas se priver, ni se cacher, ni mentir. …

POINT DE VUE

Ode au pique-nique en famille, au verre de vin entre copains à la Saint-Jean, au bisou donné à ses enfants avant le coucher, au café en terrasse partagé avec une inconnue aux abords du Château de Vincennes…

Le Bonheur est une ode aux plaisirs simples de la vie de tous les jours. François mène ce qu’on appelle une « vie sans histoires » entouré de sa femme Thérèse et de ses deux enfants, Gisou et Pierrot dans la petite banlieue parisienne de Fontenay-aux-roses. Un film sans histoire. Presque un anti-film, sans nœud dramatique. Filmer le bonheur est quasi anti-cinématographique car insipide et ennuyeux mais avec Agnès Varda, c'est l'inverse. Elle aime poser sur la banalité, le quotidien, l'anodin, son regard attentif et pictural. Comme un tableau de Monet, elle filme par petites touches impressionnistes, des petits coups de pinceau serrés et rapides. C'est aussi de la photo. Elle parsème son film de plans fixes, très courts, comme des clichés: une devanture de magasin, un pot de fleurs sur une table, puis une magnifique série de poses d'un couple nu après l'amour et surtout ce petit plaisir spirituel qu'elle a pris, à filmer sur un écriteau de restaurant (le nom des glaces: la tentation, le mystère) ou sur une affiche publicitaire (J'aime, azur) les mots de l'intérieur, ceux qui disent le ressenti du personnage de François. Varda joue avec les couleurs primaires (rouge, vert, bleu) comme avec des gammes, les mélange et compose un petite musique visuelle qui s'enchevêtre avec celle de Mozart qui, d'un quintette à la clarinette gai comme un passereau à un adagio et une fugue en c mineur plus sombres et mélancoliques, orchestre une variation sur le bonheur et sa fragilité ou peut-être même son impossibilité.

Le bonheur est aussi le positif de Cléo de 5 à 7, le précédent film d'Agnès Varda (1962). L’un en noir et blanc, l’autre en couleurs. L’un féminin, l’autre masculin. L’un hanté par l’angoisse de la mort, l’autre débordant de vie. L’une chante (Cléo), l’autre danse. Jean-Claude Drouot (héros du feuilleton populaire Thierry la fronde et choisi parce qu’il « semblait heureux de poser avec sa femme et ses deux enfants sur une couverture de Marie-Claire » (1)) gracile tel Noureev, papillonne, charme, passe d’une femme à l’autre, goûte aux multiples saveurs de la vie et croit que "le bonheur s’additionne". Qu’il est possible d’aimer, de vivre avec deux femmes sans en blesser aucune. Naturellement. « Je ne sais pas ce que je préfère dit François, l’odeur des bois, de l’herbe ou de la rivière ». Il ne sait pas, ne veut pas trancher. Il a simplement choisit le bonheur. François passera pour un égoïste au regard des femmes et sans doute pour un être libre, épanoui et sincère à celui des hommes. C'est là tout le paradoxe et la richesse de ce film interdit aux moins de 18 ans à sa sortie (en 1965) pour son discours parfaitement immoral (2) ou plutôt dirions-nous aujourd'hui, amoral.


Laurent Devanne


(1) extrait de Varda par Agnès, éditions Cahiers du cinéma
(2) Jacques Demy, éternel compagnon de Varda trouva la fin du film "monstrueuse"...


DU MÊME AUTEUR
 
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Ours d'Argent au Festival de Berlin 1965
    Prix Louis Delluc 1965
    David O' Selznick Award 1966
    Interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en 1964 (!) mais il est à présent tous publics.

    Sortie en salles en France: 12 février 1965
    Réalisation, Scénario : Agnès Varda
    Image: Claude Beausoleil, Jean Rabier
    Son: Louis Hochet et Antoine Bonfanti
    Décors: Hubert Monloup
    Montage: Janine Verneau
    Avec: Jean-Claude Drouot (François), Claire Drouot (Thérèse), leurs enfants (Sandrine et Olivier), Marie-France Boyer (Emilie).
    Production: Parc Films

 
  •  LES DVD (2 disques)
    DVD 9 - PAL - Zone 2 - Tous publics - couleurs
    Image & Son :
    Ecran: 16/9
    Format : 1/66 respecté
    Son: PCM 2.0 / Boni en Dolby Digital

    Langue:
    français
    Sous-titres
    : anglais, allemand

LES BONI  (48')

Après la qualité des boni du coffret Cléo de 5 à 7 & Daguerréotypes, nous étions en mesure d'en attendre sinon autant, voire mieux avec ce nouveau double DVD consacré au Bonheur, film rare et méconnu d'Agnès Varda. Mais l’on reste sur sa faim. Avant d’aborder le fond des différents documents proposés, souligons avec étonnement la très médiocre qualité d’enregistrement (sonore et filmique) et de montage (totalement amateur pour ce qui est de la discussion à 4 autour du Bonheur) de certains des boni de cette édition.

Cela dit, la discussion autour du Bonheur est relativement pertinente et propose une lecture du film à regards multiples (homme, femme, féministe, critique de cinéma, exploitant).
Varda propose également quelques variations sur le thème du bonheur : de sa définition par les habitants de Fontenay-aux-roses à ceux qui le portent comme nom de famille (Yannick et Karène Bonheur). Puis, elle filme le come-back triomphal, 40 ans après, de Jean-Claude Drouot dans dans la petite ville de Fontenay, entouré d’anciens membres de l‘équipe de tournage et toujours fier de chantonner les paroles de la chanson de Thierry la fronde.
Quant aux deux héroïnes, Claire Drouot et Marie-France Boyer-Zorbibe, celles-ci font l’objet d’une interview-souvenir par la fille d’Agnès Varda, Rosalie.
Enfin, un très court reportage de l'ORTF, datant de 1964, nous montre un petit bout de femme directif et autoritaire sur un plateau de tournage… madame Agnès. LD


*Agnès Varda parle du Bonheur (en 1998) : 3'





*Jean Claude Drouot revient à Fontenay aux Roses : 10'23



*Le bonheur ? réponses des fontenaisiens : 5'50



*Propos sur le bonheur (à quatre voix) : 15'
avec Michèle Manceaux (écrivain-journaliste), Fadela Amara, présidente du Mouvement Ni Putes, Ni soumises, Gérard Vaugeois (producteur et exploitant) et Frédéric Bonnaud (journaliste).




*Les deux femmes du Bonheur : 6'08
Claire Drouot et Marie-France Boyer-Zorbibe, interrogées par Rosalie Varda-Demy.



*Bonheur : nom propre ou concept : 1'20



*Fragments d'un documentaire de 1964 : 4'08



*Le film annonce de 1965

*Les affiches du Bonheur

 

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