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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Œuvre
emblèmatique de l’expressionnisme allemand, au même
titre que Das Cabinet des Dr. Caligari (Robert Wiene, 1920)
et Nosferatu (Murnau, 1922), le Golem de Paul Wegener
est présenté par Mk2 dans une version restaurée
(colorisation et intertitres, notamment), qui restitue toute sa force
à ce récit fantastique. Précurseur de Frankenstein
(James Whale, 1931), Der Golem aborde le mythe de la création
avec une efficacité visuelle encore déconcertante. Popularisé en Allemagne par une nouvelle de Gustav Meyrink publiée en 1915, le thème du golem fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques. Déjà intitulée Der Golem, la première voit le jour la même année que le roman. On en attribue la paternité à Henrik Galeen, futur collaborateur de Murnau sur Nosferatu et réalisateur du deuxième Student von Prag (1926), et à Paul Wegener, qui interprète lui-même la créature d’argile. Malheureusement, cette version de 1915 a disparu. Mais Paul Wegener ne tarde pas à s’atteler à un deuxième film sur le sujet, et met en scène, avec Rochus Gliese, Der Golem und die Tänzerin (Le Golem et la Danseuse, 1917). Il ne s’agit plus vraiment d’un film d’horreur, mais plutôt d’une comédie. Paul Wegener endosse à nouveau le costume du golem, alors que Lyda Salmonova, déjà présente dans le premier opus, joue la danseuse en question – en fait, une prostituée. Le Golem tel qu’on peut le découvrir dans cette édition représente le troisième effort de Paul Wegener, datant de 1920. Le titre complet, d’ailleurs, le différencie bien des précédents épisodes : Der Golem, wie er in die Welt Kam (Le Golem : comment il vint au monde). Plus sombre et plus sérieuse que le film de 1917, cette version s’attache à revenir aux origines du mythe. Dans le ghetto de Prague au XVIe siècle, le rabbin Loew (Albert Steinrück) n’a plus qu’un recours pour sauver le peuple juif : animer un golem, c’est-à-dire une statue d’argile dans laquelle il place le précieux « mot de vie ». Mais la créature (Paul Wegener), après avoir servi un temps sa cause, lui échappe et engendre le malheur dans la cité. Seule l’innocence enfantine permet de stopper le monstre dans sa marche destructrice : une petite fille arrache l’étoile contenant le « mot de vie » du corps du golem. À travers ce monstre, ce sont les puissances maléfiques qui opèrent. Dans la séquence essentielle de l’invocation, déjà, le rabbin fait appel à Astaroth pour obtenir la formule secrète. Un cercle de flammes (repris plus tard dans Faust et Metropolis, par exemple) se dessine autour de lui, et la tête du démon surgit, donnant le mot magique en lettres de fumée. L’éclairage et les effets spéciaux (on note des surimpressions héritées de Georges Méliès) rendent cette scène particulièrement angoissante. Les décors du ghetto, également, font peser sur la population juive un funeste présage. En effet, dessinés par Hanz Poelzig et construits sous la direction de Kurt Richter, ils ressemblent à un labyrinthe de ruelles étroites et d’escaliers, circulant autour de hautes maisons biscornues aux toits pointus. Mais le jeu de Paul Wegener, enfin, accentue encore la tension des images. Sa démarche surnaturelle inquiète comme celle de Conrad Veidt dans Das Cabinet des Dr. Caligari, de Max Schrek dans Nosferatu ou encore de Brigitte Helm dans Metropolis. Quant à son visage, ses lèvres se tordent dans un terrible rictus et ses yeux clairs percent ainsi que des aiguilles ; le Malin l’habite comme il habite Tartuffe (Emil Jannings dans Her Tartüff, Murnau, 1926). Aussi, l’inquitétant Golem est à redécouvrir dans cette belle version colorisée, qui ne peut qu’inciter (si l’on excepte le manque de suppléments) à se replonger dans les merveilles de l’expressionnisme. Stéphane Tralongo |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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