|
|||||
|
|||||
![]() |
|||||
| SYNOPSIS |
|||||
|
|||||
| POINT DE VUE | |||||
Robert Wise est le prototype du cinéaste talentueux mais qui resta attaché à des studios auxquels il rapporta toujours de l’argent et qui en échange lui facilitèrent une carrière tranquille. Aussi, comme de nombreux réalisateurs hollywoodiens de l’Âge d’Or, il dû accepter des commandes sans jamais pour autant perdre son style –ou son âme. Ainsi, Wise signa des films aussi différents que Star Trek-le film (1979), Audrey Rose (1977), La Mélodie du bonheur (1965), La Maison du Diable (1963), West Side Story (1961), Hélène de Troie (1957), Le Jour où la Terre s’arrêta (1951), Nous avons gagné ce soir (1949) qui dépassent chacun la notion de produit bien manufacturé… De ses premiers films noirs réalisés pour la R.K.O., Né pour Tuer est certainement le plus impressionnant de tous. Comme beaucoup de séries B dont les scénarios furent massacrés face aux contraintes financières, Né pour Tuer est surtout intéressant pour son jeu avec les conventions, le cache-cache avec la censure qui accouche de situations troublantes, des personnages à la marge, son rythme cinglant et une esthétique qui se permet d’aller à l’encontre des habitudes, voire être à la limite de l’expérimental parfois. Des libertés que s’approprieront d’ailleurs les films de série A, plus tard lorsqu’elles seront acceptées par le public populaire. Ce qui distingue Né pour tuer de la masse de films noirs de l’époque, c’est avant tout son renversement de la situation initiale où normalement la femme fatale vampe l’homme droit mais naïf en l’entraînant vers une perte irrémédiable comme dans Le Facteur sonne toujours deux fois, par exemple. Ce destin funeste demeure car il fait partie consubstantielle du genre noir mais ici l’homme joue le rôle de la femme. Sam Wild (Lawrence Tierney ) –au nom explicite !- est un ancien boxeur à la virilité exacerbée et au tempérament de feu. Tuer par jalousie n’est pas juste une figure de rhétorique pour lui… Justement il fuit la justice pour avoir poignardé sa fiancée et son amant dans un accès de rage criminelle. Dans sa fuite, il croise le destin d’Helen (Claire Trevor) qui était venue chercher un divorce rapide à Reno avant de pouvoir épouser son fiancé à San Francisco. Elle sera subjuguée par le magnétisme sexuel de Wild et sa force brute au point de devenir sa chose et d’accepter de passer la frontière entre le Bien et le Mal sans même jamais rêver de rédemption. Né pour tuer est encore délectable, un demi-siècle plus tard, parce qu’il offre un spectacle d’un manichéisme de façade pour la censure tatillonne de l’époque, qui cache mal la fascination que nous avons toujours eu pour notre part obscure. Voilà ce territoire interdit que le film se propose d’explorer dans une suite d’ignominies morales ou physiques qu’une photographie "clairvoyante" ne manque jamais de magnifier. Plus nous accompagnons les protagonistes dans leurs chutes dans les ténèbres, plus - paradoxalement - l’image se glamorise… et plus nous goûtons à la beauté du Mal ! Nous sommes tous nés pour tuer et pour être tués… Né pour Tuer nous interroge simplement sur les limites morales que nous sommes prêts à poser pour éviter ce passage à l’acte. Nachiketas Wignesan |
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
||||
| FICHE TECHNIQUE | |||||
|
|||||
|
|||||
|
|||||