)))  SHOWER
        
de Zhang YANG                    

 
 
  • 2000 - Chine - durée: 1h32
  • Sortie à la Vente en DVD le 15 Janvier 2003
  • Editions One plus One
  • Prix de vente conseillé : 25 €

SYNOPSIS

Le "Quingshui", l'un des derniers établissements de bains publics traditionnels de Pékin, est dirigé par le vieux Maître Liu et son fils cadet, Er Ming, simple d'esprit. La devise du "Quingshui" : aux bains, tout le monde doit se sentir bien. Pourtant Maître Liu est fatigué et son établissement vieillit. Un jour, son fils aîné, Da Ming, revient alerté par une étrange lettre...

POINT DE VUE

Des cinéastes indépendants chinois dont les (trop) rares films parviennent sur les écrans français, Zhang Yang est de ceux animés d'interrogations sur l'évolution de la société chinoise. Partagé entre une Chine empreinte de modernité et celle respectueuse des traditions, le cinéaste nous plonge dès les premières secondes de son troisième film, Shower, au coeur de cette dialectique. Prenant pour cadre un lieu caractéristique de la tradition chinoise: les bains publics, le film raconte le retour de Da Ming, trentenaire ayant brillamment réussi sa carrière dans la ville de Shenzen, auprès de son frère Er Ming, handicapé mental et son père Liu qu'il croit mourant. Les deux hommes tiennent "L'étang d'eau claire", un bain public d'une petite ville de la province chinoise où se retrouvent les amateurs venant non seulement pour se laver mais également pour se reposer, discuter et jouer. Dès son arrivée à "L'étang d'eau claire" Da Ming découvre son père bien vivant et la supercherie d'Er Ming pour provoquer sa venue. Jugeant initialement son déplacement inutile, Da Ming va peu à peu prendre conscience de l'importance de sa présence auprès de sa famille. Il va recréer le lien qu'il s'efforçait de détruire jusqu'à présent, celui le rapprochant de Liu et plus encore, de son frère Er Ming. Deux éléments forment le noyau de l'histoire qui apparaît de prime abord d'une grande simplicité: l'eau et l'acte de partager l'eau. Liu n'est pas seulement le vieux gérant d'un bain public mais avant tout celui d'un lieu d'échange, où la chaleur humaine et la fraternité marquent le déroulement de chaque journée depuis plusieurs générations. Le rapport qu'il entretient avec son fils Erming y est d'ailleurs très lié, une complicité se joue entre les deux hommes et est très mal cernée par Da Ming lors de son arrivée. Ce dernier change rapidement de comportement. D'abord d'une froideur caractéristique à son mode de vie et son quotidien d'employé de bureau à Shenzen, il ne laisse transparaître aucun sentiment envers Er Ming. La tournure des évènements va l'amener à découvrir cette complicité et cet amour pour son frère.

Le cinéaste prend le parti de nous montrer qu'il existe encore en Chine, des endroits où dans le respect de certaines coutumes, les valeurs humaines n'ont pas été effacées par le progrès économique et le modernisme. Ces lieux sont pourtant fragiles et tendent à disparaître tel "L'étang d'eau claire" dont le bâtiment doit être démoli pour laisser place à la construction de nouvelles structures immobilières. Même s'ils sont soumis aux évolutions de la société, ils ne doivent pas tomber hors des mémoires car un bien-être y a régné pendant parfois plusieurs générations.

Avec une mise en scène un peu académique mais en juste adéquation avec son propos, Zhang Yang nous invite au-delà du retour de Da Ming sur son appartenance familiale et sociale, à un véritable retour aux sources. Le réalisateur nous interroge sur la véritable nécessité de vivre aujourd'hui derrière quatre murs de béton dans une cité déshumanisée alors que le bonheur se trouve peut-être dans l'acte simple d'aller prendre un bain. La réponse se trouverait-elle dans l'eau, symbole de notre lien à autrui et dans son partage ?

On pourra ne pas être sensible à l'intégralité du message mais l'émotion et l'attachement pour les nombreux personnages du film sont bien présents. Le trio principal est d'ailleurs remarquablement interprété par Zhu Xu, Pu Cun Xin et Jiang Wu, une mention toute particulière à ce dernier qui campe le tendre Er Ming. On se laisse finalement vite porter par cette oeuvre délicate et pleine de charme qui sans nous apporter d'éléments véritablement d'actualité sur la société chinoise contemporaine (le film a été réalisé en 2000), ne nous est pas indifférente.


Camille Berthelin




















   
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Sortie en salles le 15 novembre 2000
    - Prix de la critique - Toronto 1999
    - Meilleur réalisateur- San Sebastian 1999
    - Meilleur Film et Prix du Public - Thessalonique 1999
    - Meilleur Film et Meilleur réalisateur - Seattle 2000
    - Prix du Public - Rotterdam 2000

    Réalisateur
    : Zhang Yang
    Avec: Zhu Xu, Pu Cun Xin, Jiang Wu, He Zheng, Zhang Jin Hao, Lao Lin, Lao Wu

    (Vol. 9 de la collection "Ciné Talents")
  •  LE DVD
    DVD 9 - Zone 2 - PAL - Tous publics - couleurs
    Image & Son :
    Ecran: 16/9 (anamorphique)
    Format : 1/66
    Son: Dolby Digital 2.0

    Langue:
    Mandarin
    Sous-titres:
    Français
    Durée du film:
    1h32

  • BONUS  
    * Filmographies
    * Comprendre le film
    par Sébastien Ors
    * Les bains chinois
    * Court-métrage :
    Karma de S. Etienne et M. Fabry
    * Bandes-annonces
    des films de la collection "Ciné Talents"


    À propos des bonus
    La rubrique bonus comprend les filmographies de Zhang Yang, Jiang Wu, Zhu Xu et Pu Cun Xin.
    Le journaliste Sébastien Ors revient sur certaines scènes du film et leur contexte dans la Chine contemporaine. Un texte déroulant sur les bains publics ainsi que les bandes annonces de l'éditeur viennent s'ajouter aux suppléments.
    Mais la véritable surprise est la présence dans l'interactivité du DVD du court-métrage Karma, réalisé par des étudiants de l'école Supinfocom de Valenciennes. Excellente idée donc, de la part de l'éditeur de nous proposer ce film qui par ailleurs est de bonne qualité.

NOTES SUR LE CINÉASTE


Zhang Yang (né en 1965) est un des pionniers de la scène vidéo-musicale underground chinoise. Shower est son second long métrage. Avant cela, Yang a réalisé Spicy love soup, récompensé de nombreuses fois en Chine et devenu le film chinois indépendant ayant eu le plus de succès. Shower semble encore dépasser ce succès comme tendent à le montrer les nombreux prix obtenus dans les festivals internationaux
(sources: Cinéasie)