Un film,
c'est dur,
dur à faire

mais ça dure



ÉTATS GÉNÉRAUX DU FILM DOCUMENTAIRE
LUSSAS, 19-25 AOÛT 2007

 

DE PASSAGE À LUSSAS



    À
    Lussas, la vitesse autorisée est de 30 kilomètres heure. C'est aussi la vitesse du documentaire. Une traversée lente et attentive de contrées et de vies inexplorées. Marche, pause, contemplation. À Lussas, sur les écrans, on prend le temps de regarder les autres, de s'arrêter, de vivre avec. On plante la tente, on s'attable dans le village, on y partage une crêpe au marron. Les Etats Généraux du Documentaire est un vivier de spectateurs professionnels; un rassemblement de jeunes femmes et hommes enceintes d'un projet de film. On ne vient pas seulement voir des oeuvres mais aussi échanger, débattre de questions de mise en scène, de place de la caméra, de rythme de montage et de films en gestation.

    Le travail n'est pas seulement l'un des sujets de prédilection de nombreux films, c'est aussi le cœur même de la pensée documentaire. "Il faut que les oeuvres travaillent le cinéma et nous travaillent", aime-t-on à dire. Depuis Serge Daney, on ne regarde plus les films, ce sont eux qui "nous regardent". Belle formulation, devenue le nouvel étendard des cinéphiles. Mais de ce fait, pour "mieux voir", la place du spectateur ne se trouve-t-elle pas excentrée, mise à distance, forçant à voir avec davantage de raison que de cœur ?





    R E T O U R   E N  N O R M A N D I E – nicolas philibert

    Le débat qui devait suivre la projection de Retour en Normandie - qui signe aussi le grand retour de Nicolas Philibert (6 ans après Être et avoir) - a été reporté au lendemain afin que les spectateurs puissent mieux "digérer" le film. Personnellement, ce temps de digestion n'a pas changé grand chose. La déception était là et sans doute que plusieurs années me seront nécessaires pour mieux apprécier cette nouvelle œuvre !?

    Petit homme trapu au corps de paysan, affichant de belles bacchantes à la Bové et un grand sourire chaleureux, Nicolas Philibert nous a présenté Retour en Normandie comme étant un film quasi-expérimental et "fragmentaire". C'est là une juste définition, mais quand à son sens, elle était le signe d'une qualité, elle devient pour nous le symptôme d'un film en mauvaise santé.
    Fin 2004, Philibert présente aux élèves de la Fémis, Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère….de René Allio, film sur lequel il avait été 1er assistant réalisateur en 1976. Stupéfait que la plupart des étudiants ne connaissaient même pas le nom du cinéaste, il décide de sauter dans le train qui mène à Caen et de revenir sur les traces du film. Retour en Normandie est évidemment bien davantage qu'un simple making-of car son documentaire prend rapidement les apparâts du journal intime et pour la première fois, Philibert tourne à la première personne.

    La particularité du film d'Allio est d'avoir employé des acteurs et actrices non professionnels de la région d'Aunay-sur-Odon où le fait divers s'est déroulé, pour interpréter les principaux rôles du film. Philibert retrouve donc ces hommes et ces femmes, pour la plupart agriculteurs et ouvriers qui se souviennent, encore très émus, de l'arrivée du cinéma dans leur village. L'expérience d'Allio s'inscrivait dans celle d'un Georges Rouquier lorsque celui-ci tournait Farrebique quinze ans auparavant, à savoir donner aux gens simples la possibilité de prendre en main leur propre histoire en incarnant les personnages d'une époque significative de leur passé. Sortir le cinéma de la bourgeoisie en quelque sorte. La démarche de Philibert est belle, de rendre hommage à "ceux qui ne laissent pas de traces" mais le sillon qu'il creuse manque de profondeur et très vite il passe à autre chose. Prétexte à filmer la ruralité, il s'attarde sur les gestes quotidiens des paysans: traite des vaches, puis naissance difficile, allaitement, transport et égorgement d'un porc, en raisonnance évidente avec l'animalité et la cruauté de Pierre Rivière. Puis, il aborde la question centrale de la folie dans Pierre Rivière, en accompagnant une femme employée dans un centre d'aide au travail pour handicapés mentaux et en recueillant le témoignage d'un couple dont la fille a sombré dans la psychose. Puis, il s'attarde sur les archives de Rivière, en lisant en voix-off les écrits de son mémoire de 80 pages rédigé en 10 jours dans sa cellule. Puis, il a une pensée pour la disparition annoncée du support pellicule auquel il rend hommage en filmant le travail de coupe des bandes annonces dans le laboratoire Eclair. Enfin, il part à la recherche de l'énigmatique Claude Hébert, cet enfant sauvage qui incarnait Pierre Rivière et qui devrait être aujourd'hui âgé de 48 ans.

    Retour en Normandie est certes un film papillon, libre comme l'air, butinant au gré de ses envies, cherchant à sonder les multiples facettes d'un tournage historique mais cette traversée horizontale - poétique diront les plus exaltés - ce survol du cinéma, de la paysannerie, de la folie, du militantisme, de l'héritage et de la filiation laisse un goût d'inachevé et finalement de superficialité. LD


    D É B A T  A V E C   N I C O L A S  P H I L I B E R T
    E T   S E R G E  L A L O U  (Producteur des Films d'Ici)
    Durée: 35'45



    nicolas philibert & serge lalou


    P A U L  M E Y E R  E T  L A  M É M O I R E  A U X  A L O U E T T E S
    – jean-claude riga

    Un autre travail d'exhumation nous donne à redécouvrir l'œuvre d'un cinéaste tombé aux oubliettes: Paul Meyer. Considéré comme un pionnier du cinéma moderne belge, auteur de Déjà s'envole la fleur maigre en 1959, Paul Meyer est un monsieur âgé de 84 ans dont 50 de cinéma et qui a accepté de prendre le train de Jean-Claude Riga pour revenir sur les traces de ses premiers films tournés dans les mines de charbon du Borinage en Belgique. De facture beaucoup plus classique, formaté télé, le film de Riga n'en est pas moins un portrait touchant et admiratif de Meyer. "Tu filmes au grand angle ? C'est dégueulasse !" lui envoie Meyer au cours d'une séquence en voiture. L'accompagner est une perpétuelle leçon de cinéma. Il est étonnant de voir la précision et la fraîcheur dont il fait preuve quand il règle la projection de l'un de ses films ("trop de modulation, il faut que le son soit un peu saturé", "pas besoin de sous-titres, il faut se mettre à la place de celui qui ne comprend pas l'italien", "pas d'estrade, je ne suis pas Dieu le père, je suis avec les gens"). Jean-Claude Riga savait qu'il faisait aussi un film sur la mort qui rôde autour d'un homme, et Meyer n'est pas dupe, il pense à sa disparition, à "l'après-Meyer" et fait ce beau geste de donner aux italiens les films qu'il a réalisé sur l'immigration italienne en Belgique pour qu'ils se souviennent de leur histoire. "Si tous les pauvres avaient leur mémoire et si ces mémoires étaient transmises à leurs enfants, il n'y aurait plus de pauvres". LD

    hervé nisic & jean-claude riga


    H O U L E  E T   V O L É E  D E  P L U M E S
    À Lussas, il y a le film et les débats, houleux de préférence. Malheureusement, ils sont souvent trop courts pour soulever de vraies questions de cinéma et aller au cœur des problématiques. Reprochant aux sélectionneurs de la catégorie Incertains regards, Pierre Oscar Levy et Hervé Nisic d'être d'un enthousiasme trop excessif face à des œuvres pour le coup "incertaines", les discussions avec le public furent exaltées, quoique modérées. Le court-métrage de la jeune Aurélie Ardouin, "C'était, dans la nuit brune, comme un point sur un i" fut notamment l'objet de débat sur la question de la forme et du creux. Sans aller jusqu'à la taxer de "preneuse d'otages" quand elle nous impose à entendre sur fond noir l'abrupt témoignage d'une infirmière bénévole au cours des évènements de Mai 68, narrant le tabassage des révoltés dans le centre de triage de Beaujon par les CRS, son attitude de cinéaste n'en est pas moins celui d'une poseuse, contemplant envolées d'oiseaux et marche flaneuse d'une jeune femme sur amas de cailloux. Le maniérisme reproché est tout à fait justifié.

    Autre volée de plumes pour le film Les murs ont des visages, du duo Bijan Anquetil-Paul Costes sur les célébrations des martyrs dans le Sud de Téhéran et les fêtes religieuses d'Ashoura. Ici, au problème de la forme s'ajoute celui de la responsabilité politique. Les deux jeunes réalisateurs ont voulu savoir ce qui se cachait derrière le cliché des grandes fresques murales des visages des martyrs représentés sur les façades de la ville. Pour leur défense, certains disent qu'il s'agit d' un très beau film sur la représentation et le théâtre. À mon sens, le film accumule des scènes identiques et déjà vues (peut-être à Envoyé Spécial !?): les hommes en prière à la mosquée, les femmes en recueillement chez elles, les coups de fouet métallique que s'infligent les jeunes lors des longues marches expiatoires; par moments, un père de famille dit son indignation et sa colère d'avoir perdu ses enfants pour rien, un chauffeur de taxi reconnaît qu'il n'y a pas beaucoup de martyrs parmi les riches, une vieille femme joue la comédie des larmes et n'est pas dupe des rituels, mais tout cela ne mène pas très loin. Le film vise l'esthétique (séquence sur la valse des coups de fouet) et montre son impuissance à aller au-delà des images de propagande.

    Sur un thème voisin (le système et l'individu), Rêves d'ouvrières, le moyen métrage de Thao Tran Phuong, issu des Ateliers Varan Vietnam, est autrement plus pertinent et touchant même s'il conserve quelques marques d'un travail trop appliqué et studieux. La jeune cinéaste choisit de montrer le contrechamp du travail, celui de l'attente de l'emploi. En suivant deux jeunes ouvrières, déracinées de leur Chine natale et paysanne, en quête d'entretiens d'embauche et de postes au sein des grandes firmes internationales, Thao Tran Phuong étale à nos yeux d'occidentaux aisés, la médiocrité et la tristesse de la condition ouvrière au Vietnam. Au-delà, elle montre à quel point l'idéologie du travail est enraciné dans leurs esprits (seule échappatoire à la pauvreté) et surtout combien leur solitude affective est grande. LD


    F I L S  D E   L I P – thomas faverjon
    Le sujet vous dira sans doute quelque chose, un film cousin est sorti il y a quelques mois sur les écrans, celui de Christian Rouaud, Les Lip, l'imagination au pouvoir. Il n'est pas farfelu de dire que les deux films se répondent et sont même complémentaires. Le premier s'attache davantage à montrer la face glorieuse et romantique de l'aventure des Lip quand celui de Thomas Faverjon en dévoile la dureté et les désillusions. Rapide rappel historique: Le mouvement des Lip s'étale sur 4 ans et se divise en 2 périodes. Nous sommes en 1973 et les ouvriers de l'usine de montre Lip de Besançon se mettent en grève suite à des décisions de licenciements. L'originalité de leur lutte est de continuer de fabriquer des montres, de les vendre et de se verser ainsi un 'salaire de survie". Ils tiennent bon et en 1974, l'usine réembauche la totalité des salariés et réouvre avec un nouveau patron. Deux ans plus tard, dépôt de bilan. Pour éviter la fermeture de leur usine qui est parfaitement viable, les ouvriers décident de nouveau de la reprendre à leur compte mais face à l’absence de repreneurs, Lip est définitivement liquidée en 1977. Après de longs débats, les Lip créent six coopératives dont Les Industries de Palente mais en laissant bon nombre d'ouvriers et ouvrières sur le carreau dont la maman de Thomas Faverjon...

    L'originalité du film de Thomas Faverjon est d'aborder cette page d'histoire des luttes sociales par le bais de la psychanalyse ! Les Lip, c'est son histoire, son enfance et c'est aussi ce qu'il y a entre ses parents et lui. Un genre de secret de famille. Et comme il n'y a rien de plus émouvant que ces cinéastes qui arrivent à mêler la petite et la grande histoire, le film à la première personne de Thomas Faverjon touche par sa sincérité, sa pugnacité et sa capacité d'auto-analyse. Avec un sens affirmé de l'auto dérision et un plaisir manifeste à jongler avec les images (dans l'esprit d'un Chris Marker dont il revendique la paternité), il met à jour non seulement les traumatismes familiaux mais aussi ceux d'une classe sociale mise au réduit. LD

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    Discussion avec Thomas Faverjon sur la pelouse du stade de Lussas ...

    À l’issue de la projection de Fils de Lip, tu as présenté ton film en disant qu’"il avait nécessité 7 ans de tournage ce qui équivaut à la durée moyenne d’une psychanalyse". L’avais-tu réellement envisagé ainsi au départ ?
    Je suis parti de mon enfance et quand on me demandait « où travaille ton papa et c’est quoi une usine ? », je répondais « c’est un endroit où il y a une garderie, une épicerie, une boucherie, on peut manger avec les ouvriers, il y a plein de monde qui vient et tu peux voir travailler ton père et mère, c’est très joyeux ! ». Il faut dire que j’étais dans une usine un peu particulière, qui n’était plus une usine mais des ouvriers en lutte qui gardaient leur usine qui s’appelait Lip à Besançon. Ensuite, le cinéma militant est réapparu avec le documentaire Reprise (1996, ndlr), de Hervé Le Roux, un film qui m’a permis de comprendre des choses de mon enfance et j'en suis sorti en me disant que moi aussi j’ai une histoire comme ça mais qui est douloureuse selon ma mère, alors que pour moi c’est hyper victorieux. Donc, c’est parti de cette envie de montrer à ma mère que de sa souffrance, il y a autre chose. Puis, ça a pris du temps. J’ai eu des aides à l’écriture et j’ai continué de creuser un peu cette souffrance de ma mère. Cela ne pouvait pas être seulement une rancune de sa part. Mon film se déroule au cours du deuxième conflit de l’histoire des Lip, celui de 1976 et c’est aussi là que se situe notre héritage. Qu’est-ce qui fait qu’on n’arrive pas à avoir d’héritage, que moi aujourd’hui, je ne crois plus à la gauche, parfois ?


    Pour rejoindre le côté psychanalyse du film, ce qui est intéressant, c’est la façon dont tu trouves petit à petit ta place dans le film, d’abord en voix-off puis carrément à l’image avec le plan final et la reconstitution du nucléon familial. Et ce qui est très touchant, c’est le mutisme de tes parents face à cette histoire des Lip, et la façon dont tu vas prendre en charge leur parole, allant jusqu’à trouver les mots qui leur manque.
    À un moment donné, je me suis dit que ce que je n’arrive pas à entendre de mes parents - qui est un truc fantasmé, utopique qui serait le côté glorieux, romantique du militantisme et de l’action - je vais le faire jouer par une comédienne qui interprétera le rôle de ma mère chez mes parents. J’ai laissé tombé cette idée mais en fait, ma voix-off, c’est ça. C’est ce que j’aurais aimé, en idéalisant, que mon père me dise.

    Le film commence par des scènes de refus de dialogue, de rejet de la caméra de la part de tes parents mais qui, en même temps, sont très drôles. Est-ce que ce sont aussi ces séquences qui ont enclenchées la suite ?
    Je ne savais pas si j’aurais assez d’argent pour faire le film alors j’ai décidé d’aller tourner. Ce seraient des repérages tournés. Donc, avec une petite équipe, je suis allé faire des interviews des gens, en 16mm et j’ai pensé à faire un truc formel. Et la première rencontre fut avec mes parents. J'ai installé ma mère dans le canapé – j’avais un cadreur car je ne voulais pas cadrer à ce moment-là – et je me suis dit que ce n’était pas sa place, elle n’avait pas à être là. Il faut qu’elle soit debout en train de marcher, ce qu’elle fait tout le temps. Ca a duré deux trois jours, jusqu’au moment où j’ai accepté de prendre la caméra. Je craignais le côté voyeur, envahisseur et en même temps, c’était l’intuition que j’avais dès le départ. Donc, ma place n’était pas celle d’un journaliste, je voulais parler avec eux. Avec les Lip, on se connaissait, on se tutoie. Donc, je voulais toujours être présent sans être à l’image. C’est moi qui regarde et qui parle avec eux.

    Comment leur as-tu présenté - ou même imposé ? - le projet au départ ? On a l’impression qu’ils ne comprennent pas ta démarche ?
    Tu parles des Lip ou de mes parents ?

    De tes parents.
    Quand je leur en ai parlé au début, ils étaient contents, après ils n’ont pas trop voulu. Ma mère ne voulait pas qu’on fasse le film, puis elle a accepté mais elle ne voulait plus être à l’image. Elle avait peur d’un procès. Chez les Lip, on a peur de ce qui va être dit. Il y a eu beaucoup de résistance. La première partie de tournage a été importante – elle n’est pas dans le film – car c’est la première fois que je parlais seul à seul avec ma mère de ce sujet. J’ai voulu creuser ce refus. On ne passe pas cinq ans de sa vie à lutter illégalement juste parce qu’on veut garder son travail – enfin si, ce n’est peut-être que ça !?

    Est-ce précisément par le biais de la souffrance de ta mère que tu t’es éloigné de cette image victorieuse des Lip pour aller vers une critique du syndicalisme qui finalement reproduit les mêmes mécanismes d’éviction que le patronat ?
    Tu est très violent, je ne dirais pas du tout ça. Ce n’est pas une critique du syndicalisme. Dans une lutte, il y a plein de gens. On parle souvent des meneurs, ce qui est bien mais ils ne sont pas tout seuls, ils ont besoin des autres. Ce sont les autres qui font la lutte et ces autres-là qu’on oublie, que deviennent-ils après ? La lutte est face au pouvoir mais elle est aussi dans la famille politique. Ce n’est pas une critique du syndicalisme, c’est plus théorique. Il y a une lutte et des victoires mais il y aussi un prix à payer derrière, qu’est-ce que c’est que cette souffrance, ces ressentis et ce sentiment de trahison ? Je ne veux pas trop m’avancer car chacun des Lip l’a vécu à sa façon. Ce que je critique, c’est plus une idée de la gauche qui dit « on croyait à l’humain dans l’économique et à partir d’un certain temps on n'est passé qu’à l’économique ». Moi, mon grand dilemme, c’est que quand je parle économique, je parle humain. J’aimerais bien concilier les deux, et je n’y arrive pas. Je suis peut-être trop utopiste mais ça vient de Lip aussi et je m’assume comme ça aujourd’hui.

    Propos recueillis par Laurent Devanne, le 22 Août 2007


    P O R T F O L I O
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