Né
le 8 Mai 1938 à Nogent-sur-Marne (Haute-Marne).
Il débute en 1956 par des bandes dessinées sans lendemain,
publiées dans diverses revues de l'époque (Âmes
Vaillantes, Far West, Sitting Bull, etc.) et
rencontre en 1957, son véritable maître : Jijé
dont il deviendra l'assistant. En 1963, dans Pilote, naît le
mythique Blueberry, scénarisé par Jean-Michel Charlier,
qui lui vaut une gloire sous le pseudonyme de Gir. En parallèle,
il commence une carrière sous la signature de Moebius. Cela
commence avec quelques récits dans Hara-Kiri, puis
des pages d'actualité de Pilote. Cette double personnalité
éclate véritablement au grand jour avec la parution,
en 1973 d'un album signé Gir mais marqué par le style
Moebiusien: La Déviation. Il mène désormais
deux carrières de front, avec des styles radicalement opposés:
celui de Blueberry, chargé en détails et celui de Moebius,
d'une sobriété et d'une luminosité qui feront
école. Parallèlement, il fonde le magazine Métal
Hurlant avec ses amis Dionnet, Druillet et Farkas. C'est là
qu'il crée Arzach, puis Le Garage Hermétique.
En 1976, en désaccord avec son éditeur, Gir interrompt
Blueberry et crée Jim Cutlass, toujours sur scénario
de Charlier. Il ne reprend Blueberry qu'en 1979 pour un autre éditeur.
Le cinéma s'intéresse à lui. Ridley Scott lui
demande de travailler sur les costumes d'Alien, René
Laloux de dessiner le story-board des Maîtres du Temps,
et les studios Disney, celui de Tron. Plus tard, il réalisera
les recherches graphiques pour une adaptation de Little Nemo,
un dessin animé inspiré du chef-d'oeuvre de Winsor Mc
Cay, et Starwatcher, en images de synthèse. En 1980,
avec Jodorowsky, il crée John Difool. L'oeuvre maîtresse
de Moebius est là : ce sera L'Incal, l'un des monuments
de la bande dessinée contemporaine. Il part ensuite aux États-Unis
et crée, avec son épouse, les éditions Aedena.
Il est l'un des rares auteurs européens à réussir
à s'imposer sur le difficile marché américain.
Son oeuvre, magistrale, est l'une des plus personnelles et a inspiré
de nombreuses études qui y cherchent - sans doute à
tort - des symboles ésotériques et des réflexions
profondes sur l'existence. On a déifié Moebius et Jean
Giraud est resté de marbre devant ce phénomène
de starification extrême. Tant mieux...
(sources: momes.net)