| |
Werner
Herzog, de son vrai nom, Werner H. Stipetic, est né le 5 septembre
1942 à Munich.
Il est issu d'un milieu bourgeois, mais peu conformiste. Sa mère
d'origine yougoslave, était biologiste. Son père, un homme
fort intelligent et doué, n'a jamais vraiment exercé de
métier et, à en croire ses proches, était une sorte
de vagabond génial. Après son baccalauréat, passé
en 1961, il poursuit des études d'histoire et de littérature
à Munich, puis à Pittsburgh, aux États-Unis.
Il est autodidacte en matière de cinéma et se félicite
de cette carence. De retour en Allemagne, il travaille la nuit, deux
ans durant, à la chaîne dans une aciérie. Son salaire,
scrupuleusement économisé, lui permet en 1962 de réaliser
son 1er court métrage en 35mm, Héraklès. À
partir de ce moment, il produit lui-même ses films. Durant les
6 années très dures qui séparent le projet Signes
de vie de sa réalisation effective, Herzog voyage, notamment
en Grèce, et tourne 4 courts métrages. En 1968, il tourne
son 1er long métrage, Signes de vie qui obtient un Prix spécial
au Festival de Berlin. Mais c'est en 1972 que son travail sera internationalement
reconnu avec Aguirre, la colère de Dieu qui recevra
le Prix du syndicat de la critique française. La consécration
viendra avec L'Énigme de Kaspar Hauser, qui obtient
en 1975 le prix spécial du Jury au festival de Cannes. Dès
lors, il devient l'un des chefs de file du renouveau du cinéma
allemand avec Volker Schlöndorff, Rainer Werner Fassbinder ou encore
Wim Wenders.
Ses
excentricités mêmes (il dirige ses comédiens sous
hypnose dans Coeur de verre; il descend les rapides du fleuve
Amazone sur un radeau dans Aguirre, il fait construire un bateau
au sommet d'un arbre en pleine jungle pour Fitzcarraldo...)
concourent à donner de lui une image du génie spécificiquement
romantique, que son association, tour à tour orageuse et idyllique,
avec Klaus Kinski ne fera qu'entretenir.
La meilleure introduction - si l'on excepte ses films, évidemment
- à l'oeuvre de Herzog est le petit carnet, publié en
1978 sosu le titre Sur le chemin des glaces, où le cinéaste
a consigné les impressions d'un voyage à pied, de Munich
à Paris, effectué entre le 23 novembre et le 14 décembre
1974. Ces trois semaines de marche nous donnent quelques clés
de son univers. L'exploit sportif et la quête poétique
sont en effet indissociables chez lui.
(sources:
Werner Herzog par Emmanuel Carrère- Editions Edilio
1982)
|